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C’était peut-être cela… notre destinée. Toucher à la voile et déjà rêver.
Nous partagerons avec vous nos aventures, nos découvertes et nos émotions.C’est un voyage qui se prépare depuis fort longtemps et voilà que le départ est tout près. Nous espérons vous faire vivre de bons moments tout en s’imaginant être près de vous.
Il est grand temps de vous présenter l’équipage de ce voilier.
Il est grand temps de vous présenter l’équipage de ce voilier.
Jocelyne et Robert
1990. Tout commence par l’émerveillement lors d’un voyage aux Grenadines. Embarqués comme équipiers à bord d’un voilier avec un groupe, c’est la découverte d’un horizon nouveau d’où l’on revient avec des images plein la tête. L’intérêt est piqué.
Livres, revues, visites au salon nautique de Montréal nourrissent nos souvenirs. Puis on décide de prendre des cours à l’Institut Maritime du Québec; s’enchaînent les premières locations de voiliers au lac Champlain, la rencontre de nouveaux amis et une invitation à la Conam. Nous sommes conquis; nous voilà plongés dans le monde de la navigation.
Quelques années ont passé.
Nos souvenirs se sont transformés en rêves…. Tiens, tiens…
Avoir notre voilier et partir un jour…
Un voyage à Annapolis s’organise. La rencontre avec un courtier maritime nous permet de placer un nouveau jalon à notre rêve. Et si c’était possible…
Mais voilà, cela n’est pas si facile; le choix est vaste et comment s’y retrouver. On doit tenir compte de nombreux facteurs tels que budget, confort, but de l’achat, équipements désirés etc…
Janvier 2000. C’est là que le rêve prend forme. Un voilier que nous visitons répond tout à fait à nos attentes. Au printemps, il arrive au lac Champlain; l’équipage qui le ramène du Rhode-Island est très fier et à son bord mon capitaine sourit. Sur le quai en les attendant, je ne pouvais imaginer cette nouvelle vie et pourtant…
Nous avons le bateau, quand partons-nous? Bonne question… !!!
On dit qu’il faut décider d’une date et s’y tenir sinon on ne partirait jamais; quand on pense à tout l’équipement qu’il faut ajouter, aux bricolages du capitaine et à tous ces besoins que l’on se crée au fil du temps. Ce n’est pas évident. Et pourtant, nous avons suivi ce conseil. La date de départ est donc fixée pour septembre 2003. En attendant, on expérimente la navigation et on apprend à connaître notre voilier. On comprend vite tout le respect que l’on doit aux éléments de la nature : vent, eau et soleil.
Comme cela paraissait loin mais trente mois pour tout organiser semblent parfois trop courts. Nous décidons d’établir un échéancier et tout sera consigné dans un livre consacré à l’Aquarel. On y retrouve les achats d’équipements à prévoir, les informations glanées sur différents sujets, les cartes d’affaires des fournisseurs, un budget annuel, des listes préliminaires de provisions en vue de l’embarquement. Il est noté les questionnements sur les différentes facettes du voyage : vaccins, pharmacie de bord, radio téléphonie, les différentes météos, drapeaux, canot de survie, assurances, les destinations et les Cruising Guides, la bibliothèque de bord, les provisions d’eau, de nourriture, les visas et j’en passe… Évidemment le côté technique et navigation sont de première importance.
Va-t-on y arriver?
Certains jours sont l’expression de la hâte de naviguer dans ces mers, de l’excitation d’un départ vers de nouveaux horizons, de rêves d’aventures, de rencontres au gré des baies et des ports mais d’autres jours nous ramènent aux émotions de quitter famille, amis et pays. J’en suis venu à me dire que cela fait partie du voyage; il faut gérer ses émotions et les vivre pleinement pour mieux avancer vers son but.
Tout Taureau que je suis, je me consacre à bien planifier et organiser la vie future à bord.
Deux ans pour la première destination vers les Bahamas avec l’intention de poursuivre dans les Iles Vierges, les Antilles, les Grenadines et rejoindre Trinidad. Après on verra…
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2003. Six mois et l’Aquarel prendra le large avec à son bord son équipage tout fin prêt.
Enfin revenons sur terre, il n’y a jamais bateau vraiment prêt mais on se lancera et on apportera les « listes ». Hé oui! La cloche sonne le départ mais les « listes » ne resteront pas à terre. Et fort heureusement à ma décharge, d’autres capitaines d’expérience m’ont rassurée à ce sujet; les « listes » ne sont pas mon caprice mais au contraire elles sont précieuses dans un tel périple et vous comprendrez vite pourquoi. Quand le petit pot de beurre est oublié et que le constat se fait, rendus au bateau, après quelques heures de marche, chargés comme des mulets. Voilà vous avez tout compris. Comment se sent-on six mois avant le départ ?
Il y a quelque temps, un ami qui partage notre passion m’a dit avec regret, moi, je ne suis pas rendu là. Et cela m’a fait penser à nous il y a quelques années. Nous n’avions pas de voilier et nous côtoyions des gens de voile très souvent. Nous les avons vus partir, avec nostalgie, chacun leur tour quand ils étaient prêts. En les écoutant, nous avons beaucoup appris et nous savions qu’un jour nous pourrions, nous aussi, nous échapper et vivre cette aventure extraordinaire. Patience mon ami le jour viendra pour toi aussi.
C’est très excitant!! On n’y croit pas encore … mais les préparatifs suivent leur cours. Les échéanciers se font plus pressants mais on a encore du temps… aux dires de mon capitaine. On se nourrit de lectures, on navigue sur le net et on cuisine tout en pensant à chaque petit détail qui rendra la vie plus facile à bord. Nous finalisons les plans d’installation, nous organisons notre système bancaire, nous préparons nos moyens de communication, nous réfléchissons à nos provisions et nous faisons les derniers achats de cartes, de drapeaux, de livres de navigation, de guides et plus. Passant par les recherches d’assurances bateau et les assurances personnelles sans compter toute l’installation de l’équipement électronique de navigation qui doit être en place pour le départ. Voilà à quoi nous passons notre temps.
Mais je dois dire qu’après tous ces cours suivis avec assiduité, on ne saurait partir sans ces derniers, et non les moindres, ceux de premiers soins avancés pour navigateurs. Précieuse aide au cas ou …
Les rappels sont passés du stade de mois au stade de semaine, bien affichés sur le réfrigérateur ( pendant qu’on en a encore un … :) , question d’être plus efficaces. Mais il faut dire qu’à ce stade, nous avons complété les achats d’équipements et nous pourrons commencer l’installation; les connaisseurs ( je les vois sourire ) peuvent en parler longtemps des merveilleuses facilités quand vient le temps d’installer la moindre petite chose sur un bateau. Et comme nous avons décidé, en plus, de liquider les meubles pour ne plus avoir la responsabilité d’un logement, il faudra y consacrer une somme importante d’énergie à partir de maintenant.
Voilà qu’avril pointe son nez, avec les premiers jours du printemps, c’est le signal du travail saisonnier sur le voilier avant la mise à l’eau. Comme l’Aquarel s’en va en mer, des soins particuliers lui seront prodigués. Ici commence la valse des week-end de travail au bateau et… boulot en semaine avec en prime l’échéance fin juin pour libérer l’appartement.
Juin . Nous voici à trois mois du départ.
Comment exprimer les tiraillements intérieurs de l’Amiral ( c’est moi, Jocelyne ) particulièrement ? Tout se met en place et les jours passent trop vite. Il est vrai que le départ de l’appartement à la fin du mois amplifie la nervosité. La fatigue se fait sentir de plus en plus. Ce dernier mois est témoin de l’exode ou de l’entreposage de nos meubles et de l’embarquement sur Aquarel de tout ce qui est nécessaire au voyage. Le capitaine travaille toujours. Vivement l’été!
1 mois avant le départ
Les travaux se complètent, jour après jour, et nous aimerions bien étirer les semaines de l’été, car nous n’avons pas fait beaucoup de voile depuis la mise à l’eau. Voilà venue l’heure de la rentrée des provisions sur le bateau; il faut étiqueter, inventorier et décider de l’emplacement le plus fonctionnel possible.
En utilisant notre imagination et en connaissant bien notre bateau, nous découvrons parfois, derrière une paroi, un espace inattendu qui nous sert grandement. En enlevant les emballages, il est surprenant de constater que le volume peut diminuer au moins du tiers pour de nombreux produits. Pour garder des vêtements ou de la literie à l’abri de l’humidité, nous utilisons des sacs d’emballage sous vide achetés dans les magasins de plein air; c’est également idéal pour les oreillers supplémentaires.
Il faut composer également avec les imprévues; et c’est comme cela que mon capitaine a subi une opération au genou, ce qui l’a contraint à prendre le temps de récupérer, faire de la physiothérapie et se plier à quelques rendez-vous médicaux. Mais rien pour perturber notre départ heureusement.
Le temps passe et les petits papillons apparaissent avec septembre à l’horizon. Il faudra bien en finir avec les travaux mais on tente de s’assurer que l’Aquarel soit en parfaite condition pour le grand voyage. Après vérifications, Robert, mon capitaine a décidé de renouveler la banque de batteries, de faire recoudre le dodger dont les coutures s’affaiblissaient par le soleil après cinq ans et de changer des diodes chancelantes du chargeur de batteries. Pourtant ces travaux étaient hors liste. Et moi qui croyais que les listes existantes lui suffisaient !!
Dans le tumulte des préparatifs, j’ai acheté un sur-matelas de plumes pour rendre notre lit plus douillet. Évidemment l’ajustement sur notre couchette n’a pas été chose facile; on devait recoudre sur deux côtés pour donner les angles réels. Ma sœur Lise est venue une fois de plus à mon secours; elle s’est attaquée bravement à ce travail à l’aide de sa machine à coudre. Ah! Ah! La surprise l’attendait quand elle a coupé le surplus, elle s’est retrouvée dans un nuage de plumes qui s’obstinaient à se coller sur ses vêtements, son tapis, son moustiquaire; voyant cela elle est sortie à l’extérieur pour la secouer et ses bosquets de fleurs et d’arbustes se sont coiffés de flocons veloutés. Assez original!! Mais elle s’en est très bien sortie; merci petite sœur!!
L’installation de la radio-amateur est à venir; ce complément pour fin de communication sera la dernière installation. Cela nous permettra d’être en contact avec la radio du capitaine au Québec et avec des amis radio-amateur. De plus nous pourrons recevoir des e-mail et en envoyer du bateau; quel plaisir de garder des contacts facilement avec famille et amis !
C’est ici que s’écrivent les dernières lignes de l’introduction, nous nous retrouverons en septembre par la voie du journal de bord.
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