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1er au 15 novembre 2003

 

Samedi, 1er novembre                                                                                                                            

 

C’est une journée sans navigation.  Nous aurons le temps d’aller nous promener à terre.  C’est une petite ville pittoresque avec de jolies boutiques sur la rue principale qui borde la promenade du bord de l’eau.  Plusieurs restaurants accueillent les gens sur leur terrasse aux parasols de diverses couleurs. 

Nous sommes à l’heure au musée pour prendre la voiture réservée.  Nous avons droit à deux heures.  C’est le temps d’une bonne commande d’épicerie, surtout du frais.   Bien sûr, mon capitaine arrêtera chez West  Marine.  C’est fou comme il aime ce magasin !

 

Robert fait des réparations de gelcoat, la température est parfaite pour cela.  Nous dégusterons du chèvre chaud sur baguette française à l’apéro sur Soliton.  Nous avons un merveilleux coucher de soleil.  

 

Dimanche, 2 novembre                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      

 

Nous sommes gâtés par la température.  Il fait chaud et nous partons aujourd’hui de Beaufort.  Dès sept heures, nous levons l’ancre.  Nous reprenons l’Intracoastal;  il faut s’imaginer que c’est une autoroute dans l’eau dont on ne voit pas les contours et on doit la suivre peut importe si elle se retrouve dans une très grande étendue d’eau, un canal ou un sound.  Justement aujourd’hui nous traversons le Bogue Sound;  sans jeu de mots, tout s’est bien passé.  Ce sont toujours les bouées qui nous guident.  Donc cela demande une attention constante et nous avançons notre pointe sèche sur la carte à chaque passage de bouées.  Nous pouvons ouvrir le genois car les vents sont au portant;  notre moteur se sent moins seul à travailler. 

Le paysage que nous voyons actuellement est fabuleux.  Nous suivons le littoral à tribord et à bâbord, une série de petites îles sablonneuses avec quelques buissons et des oiseaux.   Puis peu à peu, les dunes à notre bâbord s’élèvent et me font penser à Cape Cod.  Nous voyons également de grandes maisons et à chacune son quai et son  bateau.   Première journée de crème solaire;  c’est essentiel à 28 degrés au soleil.

Quand nous passons vis-à-vis les inlets, ouvertures sur la mer,  nous devons surveiller plus encore notre sondeur car la mer capricieuse s’amuse à faire des châteaux de sable dans ces entrées.  

 

À une heure, nous ancrons.  Six heures de route suffisent à remplir une journée. Nous sommes dans Hammock Bay qui est un bassin entretenu par les militaires et utilisé par le Camp Lejeune.  C’est un ancrage populaire.  Nous n’avons pas le droit de descendre à terre mais de toutes façons, il n’y a rien à voir.  C’est une nuit très calme et c’est un rendez-vous avec la lune.

 

Lundi, 3 novembre                                                                                                                                                                                                            

 

Sept heures, c’est un départ.  La majorité des bateaux lèvent l’ancre de très bonne heure car on préfère profiter de ces heures matinales et arrêter plus tôt.  La navigation est plus facile aujourd’hui car la route est plus large et la profondeur est bonne.  Mais entendons-nous, capitaines, ici, il faut lire 10 pieds sous la quille.  Quand ça remonte, ça remonte vite !

 

Nous ne naviguons pas très loin de la mer, ce sont toujours des dunes de sable qui nous en séparent.  Le long du parcours, nous pouvons voir encore de très jolies maisons qui ne demandent pas mieux que d’être admirées.  En voici de beaux exemples.

 

   

 

Depuis quelques jours, de grands oiseaux échassiers font partie du décor.  Dommage que je n’aie pas de guide sur les oiseaux de la côte Est américaine.

 

Une autre leçon aujourd’hui, il faudra mieux évaluer la distance des ponts.  C’est assez frustrant d’arriver 5 minutes trop tard à un pont qui ouvre aux heures.  On apprend à tous les jours.  Puis un autre pont à faire ouvrir; cette fois on évalue mieux notre approche mais quand le courant s’en mêle et que les vents de 20 nœuds nous poussent dans le même sens vers le pont, même au neutre, on avance.  Les capitaines font des ronds dans l’eau; alors commence la valse des bateaux, avance, recule, tourne, revient sur tes pas, salue ton voisin et repart dans l’autre sens.

 

L’arrivée à Wrigthsville est magnifique.  Le grand port de plaisance est l’hôte de superbes bateaux à moteur et de beaux voiliers.  Les quais offrent des terrasses de restaurants que l’on voit bondées de monde.  Des maisons superbes sont en bordure de l’eau.  Une petite visite à terre s’impose.  Un pâté de maisons et voilà la mer avec sa plage de sable à perte de vue, ses vagues qui déferlent et ses surfeurs.  C’est un décor qui ressemble à ce qu’on cherche.  Une longue marche de plusieurs kilomètres sur le sable nous remet en contact avec cette nature.  Nous marchons cinq kilomètres et nous ne trouvons pas d’endroit pour envoyer les textes pour le site à notre webmestre.  Nous revenons au bateau très fatigués mais comme mon capitaine voit toujours le côté positif, il me souligne que marcher, c’est bon pour la santé.

Nous avons rejoint le voilier Image avec grand plaisir.  Et ce soir nous nous endormirons au  bruit des vagues.

 

Mardi, 4 novembre                                                                                

 

Humide et chaud ce matin ! Dès neuf heures, il fait 24°C dans le bateau.   Comme la remontée de l’ancre est souvent boueuse dans l’intracoastal, plusieurs bateaux sont équipés d’un système d’arrosage pour nettoyer.  Depuis le départ, Robert cherchait une pompe à eau Honda pour nettoyer l’ancre et le pont.  Il avait fait de nombreux appels téléphoniques.  Aucun magasin n’avait cette pompe en inventaire.  Mais voilà que ce matin son appel est fructueux et le magasin accepte de venir livrer cette fameuse pompe au dinghy dock… pour 10$.  Voilà une bonne chose de réglée.

 

 

Nous retournons à la plage pour cette fois une vraie baignade, la première dans la mer.  La température de l’eau est tout à fait acceptable et de retour au dinghy dock, il y a même une douche d’eau douche pour enlever le sel sur notre peau.  Une nouvelle rencontre, des gens de Nicolet qui voyagent sur un catamaran.  Décidément nous sommes nombreux à avoir eu la même idée.

 

11 :30.  Il est temps de partir.  Une route de 25 milles.  Tout se passe à merveille.

Notre ancrage est un petit bassin entouré de grands arbres dans une nature tranquille. 

 

Notre apéro sur Image ce soir est une détente complète; nous avons un visiteur, le capitaine Ernest, de Féline Fine, qui vient nous parler de ses nombreux voyages.  Il faut souligner que celui-ci est capitaine de profession sur gros cargos  à travers le monde et pilote sur notre fleuve Saint-Laurent.  Très belle soirée !

 

Mercredi, 5 novembre                                                                                                                                                                                                                                            

 

C’est une navigation dans un canal toute la journée.  Nous sommes en route pour  Barefoot Landing.  Le temps est nuageux mais il fait chaud.  Plusieurs maisons sont construites sur trois ou quatre étages et les balcons sont toujours au deuxième car l’étage du bas semble pour rangement seulement.  Sur les toits, il y a souvent une petite pièce de construite avec de grandes fenêtres, « Widow-Walk » ( la marche de la veuve ).   Ici, un exemple non-fermé.

 

 

On nous a expliqué qu’avant, les femmes de pêcheurs grimpaient sur les toits pour voir si leur homme revenait de la mer.  Avec le temps les gens trouvaient cela très dangereux, alors ils ont commencé à construire des petites pièces sur les toits, à même la maison et la tradition se perpétue.   Les maisons ont également de grands trottoirs de bois qui les conduisent à des quais très avancés dans l’eau où ils accostent leur bateau.  Nous en avons vu tout le long des canaux.   

 

 

Nous entrons en Caroline du SUD.  Nous sommes à la hauteur de Myrtle Beach.  C’est toujours un canal que nous suivons et là nous avons vraiment un défilé de propriétés luxueuses.  D’ailleurs je viens de communiquer avec le bateau Image qui est à quelques milles derrière nous;  j’ai demandé à Guy s’il avait vu les maisons dans ce coin et il m’a répondu qu’il n’avait pas vu de maisons mais par contre, qu’il avait vu des châteaux.  

 

L’arrivée à Barefoot Landing se fait sous un soleil de plomb.  Nous devons nous mettre à l’épaule les uns aux autres.  Nous passons d’un bateau à l’autre pour se rendre à terre.  Nous sommes dans un endroit accessible par une autoroute et c’est une série de boutiques et de restaurants, genre « outlet » qui se présentent à nous.   Un cachet un peu spécial : à la porte de chaque boutique, il y a deux ou trois chaises berçantes pour permettre aux gens de se reposer.  Il y a aussi trois ponts piétonniers qui traversent un bassin et qui nous mènent à une autre section.  Il semble y avoir des alligators dans le coin car on nous avertit de ne pas les nourrir. 

Un bon souper au resto terminera cette journée en beauté.

 

Jeudi, 6 novembre                                                                                

 

Ce matin, nous sommes dépendants les uns des autres.  L’Aquarel était dans sa lignée, le troisième bateau à l’épaule sur quatre et chaque bateau accosté au quai a aussi soit deux ou trois bateaux à son épaule.  Voilà que nous avons des bateaux à quelques pieds de nous sur les quatre points cardinaux de l’Aquarel.  Ce qui fait que si celui à côté de toi, plus près du quai, décide de partir, tu dois te détacher toi aussi et si tu veux te rattacher, tu dois giguer en crabe ( expression inventée pour la circonstance ) pour te rapprocher de celui qui est encore au quai et qui tenait celui qui vient de partir.

Pour faire une histoire courte, nous sommes partis en même temps que notre voisin Féline Fine. 

 

On reprend le canal.  On aurait aimé aller à la plage de Myrtle Beach mais ce matin c’est une alternance de nuages, de soleil et de pluie, alors nous décidons de faire de la route.  Nous sommes dans le paradis des golfeurs.  Plusieurs terrains de golf sont en bordure du canal et nous voyons un téléphérique au-dessus de nous qui transporte les golfeurs d’un côté à l’autre.   La végétation est un mélange de conifères, de feuillus et de palmiers. 

 

 

Une vingtaine de milles plus loin, nous arrêtons à la marina Bucksport Plantation pour faire le plein de diésel et d’eau.  Je souligne, en passant, que si nous sommes membres de Boat US nous avons des réductions sur le diésel.  Cela dit, on nous offre de prendre une douche gratuitement car  les installations sont toutes neuves et modernes.  C’est incroyable comment se faire  offrir une douche est devenu un grand cadeau !  Il faut dire qu’il fait 30 degrés et que le taux d’humidité est assez élevé.  Bien sûr, nous pouvons prendre la douche à bord mais c’est moins confortable, il y a moins de pression, on prend de l’eau potable, on utilise notre énergie pour les pompes, il faut essuyer toute la salle de bain.  Alors nous avons profité de cette offre avec grand plaisir.

La rencontre avec un petit lézard sur le plancher de la salle de bain m’a fait hésiter.  Ou je me passe de ma douche ou je fais fi de cette présence inattendue;  j’ai choisi la douche, après tout ce n’est pas un alligator.

On passe le reste de la journée à mettre et enlever l’imperméable, à enlever des micas qui servent de fenêtres et à les remettre car le ciel devient menaçant.  On a eu droit à des averses style tropicales à quelques reprises; ce qui nous a décidé à aller plus loin pour s’en dégager.  51 milles nautiques, c’est une bonne journée qui se termine dans le calme d’un creek.  

 

Avec l’apéro sur Féline Fine, nous avons droit à notre premier rendez-vous sérieux avec les moustiques.  Je reviens sur Aquarel avec de jolies piqûres. Je crois que j’ai servi d’apéro aux moustiques.   Je me promets bien d’essayer mon huile de bain Skin-So-Soft de Avon la prochaine fois.  Ce produit a la réputation de nous protéger des moustiques. 

 

Vendredi. 8 novembre                                                                         

 

Ce matin, le radar reprend du service.  C’est dans la brume que le départ se fait.  Nous en aurons pour un bon deux heures.  Nous avons passé une très bonne nuit.  Charleston est notre objectif aujourd’hui.  54 milles, c’est encore une grosse journée mais nous resterons quelques jours à cet endroit.

Nous suivons un canal bordé, cette fois, de champs d’herbes hautes parsemés de bosquets d’arbres.  Nous avons l’impression d’être nul part et de ne pas avancer mais heureusement nous sommes six voiliers qui vont et viennent dans les trous de cette brume. 

 

Le canal est peu large et quand il faut laisser le passage à un bateau de croisière même petit, on se méfie des profondeurs sur les côtés et on baisse notre vitesse. 

 

 

Pendant cinq heures, nous suivons un canal à l’embouchure duquel se croisent deux rivières.  C’est une vaste étendue d’eau avec plusieurs chenaux et des bouées dans tous les sens.  Sous un ciel gris foncé et une brume hésitante, la référence des cartes électroniques est précieuse tout autant que les points GPS.  Arrivés à bon port, nous ancrons dans un décor tout autre;  nous venons de passer d’un creek sauvage d’une tranquillité absolue à un port de plaisance achalandé au courant rapide.

 

Un souper avec nos amis du bateau Image termine cette soirée.  

Le rire est au rendez-vous…

 

Samedi,  8 novembre et dimanche, 9 novembre                                          

 

Journées sans navigation.  Nous sommes à Charleston.  Nous allons à terre faire la lessive.  Puis après un petit lunch au resto, nous partons à la découverte de cette ville très sophistiquée.  Nous pouvons admirer de très beaux édifices dont le Charleston Collège, l’Université avec de très beaux jardins, une librairie et de jolies maisons aux couleurs pastel,  construites surtout en hauteur avec très peu de façade sur la rue.  Les trottoirs sont faits de dalles de pierre irrégulières ou de briques et des rues entières sont bordées de palmiers là où chez nous sont les érables.  Ils ont le souci de la conservation des constructions anciennes de style victorien.  Pas de

gratte-ciel ici, les plus hauts édifices sont les églises et par hasard nous approchons d’une église où un mariage est célébré.  À l’extérieur attendent trois limousines allongées blanches et un carrosse de Cendrillon pour les mariés.  Assez original ! Mais à chacun ses goûts ! Un policier est présent pour s’occuper de la circulation quand les mariés se présenteront.

 

 

Il est possible de voir de vieux chênes aux branches robustes touchant le sol, des hibiscus en fleurs dans les parterres et des pélicans faire la pêche patiemment; de plus, les dauphins nous font des clins d’œil tôt le matin.

 

Puis notre escapade nous conduit sur la rue principale qui est en fait une longue rue de magasins et de jolies boutiques, ma foi assez huppées, de restaurants, de cafés et de bars. 

Nous sommes de retour au bateau après deux heures trente de marche. 

 

Lundi, 10 novembre                                                                       

 

Lundi est surtout consacré à l’approvisionnement du bateau.  Nous partons donc  quatre amirales à pied vers l’épicerie à 45 minutes de marche, avec au bras, chacune nos petits paniers pliables sur roulettes.  Nous avons la chance de trouver une épicerie genre Loblaw’s avec une quantité de beaux et bons produits très diversifiés.   Elles sont plutôt rares sur notre parcours et nous en avons bien profitée.  Cette épicerie s’appelle Harris Teeter et comme dans chaque chaîne, nous nous présentons au comptoir de la clientèle pour demander une carte d’escomptes qu’on nous remet gratuitement avec une simple inscription.   Cette carte est de la grandeur d’une carte de crédit et elles sont bonnes dans tous leurs magasins.  Nous en ferons une collection à mesure que nous découvrons de nouveaux magasins.  Nous sommes ressorties avec de pleins paniers;  un taxi a facilité notre retour au quai.

 

Pendant ce temps, nos quatre capitaines sont allés où ?  La réponse est assez facile, chez West Marine.  Ils sont revenus tous les quatre avec de l’équipement de haute technologie.   Ils se sont équipés pour être capable de vidanger le réservoir septique en haute mer. 

 

Nous avons un 5 à 7 assez animé avec Image, Soliton et Thalia.  Ce dernier prendra la mer de Charleston directement vers Fernandina Beach afin d’éviter de traverser la Georgie.  Comme c’est la deuxième fois que cet équipage descend dans le sud, il préfère ce passage par la mer.  Ce qui leur prendra 28 heures.  Leur départ est prévu vers 4 heures du matin.  Nous en profitons pour leur souhaiter bonne chance et surtout beau temps.

 

Mardi, 11 novembre                                                                                

 

C’est un départ vers Ashepoo River après trois jours de relâche.  Mais finalement, le départ est retardé de 90 minutes car une brume très dense s’est levée.  On ne se bat pas avec la nature, on s’adapte.  Mais les dieux ont été cléments avec nous malgré tout.  Nous devons traverser Elliot Cut qui en marée descendante peut atteindre 7 nœuds de courant.   Mais voilà qu’on se présente à l’étale ( qui est la fin d’une marée et le moment d’attente avant le début d’une autre )  et le passage se fait très facilement et par la suite le courant de la marée nous porte et augmente notre vitesse.  C’est assez impressionnant en voilier d’aller à plus de 8 nœuds.  Le soleil nous accompagne tout le reste de la journée. 

 

Aquarel a pris le devant mais quelques heures plus tard, un passage délicat nous retient car la profondeur diminue beaucoup;  nous sommes à deux heures de la marée basse.  Soliton propose de prendre la tête du peloton et nous demande de rester sur le canal 69 de la VHF; ils nous tiendront au courant de ce que leur sondeur marque au fur et à mesure dans ce passage. 

Finalement tout se passe très bien et nous arrivons à notre ancrage;  nous prenons un petit bras de la rivière qui nous permet de sortir de l’Intracoastal et ainsi d’éviter son courant.  C’est un souper communautaire qui s’organise sur Image.  Nous apprécions se retrouver ensemble à la fin de la journée

Le soleil se couche pour nous laisser jouir d’un clair de lune incroyable.  Nous sommes dans de basses terres; il y a des bosquets d’arbres ici et là mais  aucune habitation à vue.  Il n’y a pas de vague, pas de vent.  Nous pouvons entendre un silence impressionnant brisé uniquement par le clapotis d’un poisson qui saute à l’occasion.  

 

Mercredi, 12 novembre                                                                                                                                                                              

Un nouveau départ, cette fois pour Beaufort, Caroline du Sud.  La température est très agréable ; le soleil est au rendez-vous.  Notre route se fait bien et à midi trente nous ancrons dans 24 pieds au sud de la marina.  Ce qui nous donne le temps de parcourir la ville à notre aise.

Il ne faut surtout pas la manquer car elle est tout à fait charmante.  On y retrouve une marina et une promenade sur le bord de l’eau où de jolies balançoires s’offrent à nous pour un moment de repos.    Nous pouvons admirer les  petites rues ombragées grâce à des arbres immenses aux branches robustes et interminables et des maisons du 18e et 19e siècle toutes coquettes,  de style victorien.  La particularité de ces maisons est leur balcon très large.  En parlant de ces arbres aux branches basses, nous en avons même vu un dont les branches traversaient la rue et une pancarte indiquait « Clearance 10 feet ».  Assez original !

 

 

 Il y a également des boutiques élégantes et une bibliothèque pour nous permettre l’accès à internet.  Des guides touristiques offrent des tours de ville en carriole tirée par des chevaux.

Les gens sont sympathiques et le rythme de vie est apaisant.  Personne ne semble pressé ici.  De retour au dinghy dock, une surprise nous attendait;  la marée, ayant baissée, a coincé notre câble d’acier, qui sert de barrure, entre le ciment et les piliers du quai.  Cela demande réflexion; finalement nous avons laissé notre câblot d’acier sur le quai et nous sommes venus le récupérer à la marée montante plus tard en soirée.  Un chaleureux souper communautaire sur Image est venu clore cette journée.

 

Jeudi, 13 novembre                                                                       

 

5 : 30 h.  Le réveil a sonné car ce matin, nous partons à 6 heures trente.  L’aurore pointe son nez et voilà nos capitaines en poste pour lever l’ancre.  Heureusement, nous avons des petits radios émetteurs mains libres qui nous permettent de se parler pendant tout le processus d’ancrage ou de désancrage alors que Robert est à la proue et moi à la barre.  Ainsi nous n’avons pas à crier les instructions car autrement il est difficile de s’entendre.  C’est donc un départ vers une destination inconnue mais chose certaine, vers le sud.  Nous voulons faire une bonne route et ce soir nous devrions être aux portes de La Georgie.  Nous sommes une douzaine de voiliers déjà à glisser sur l’eau alors que le soleil ouvre à peine les yeux.

 

De bons vents sont annoncés aujourd’hui; ce qui nous permet dans les espaces plus larges de sortir le genois.  Nous avalons des milles nautiques en observant tantôt des pélicans prenant un bain de soleil sur le sable, tantôt des champs, tantôt des dauphins prenant leur bain du matin, tantôt de jolies maisons assez grandes pour qu’on se questionne toujours à savoir si elles couvent une seule famille ou plusieurs.   Aujourd’hui nous avons droit aux embruns à répétitions c’est-à-dire à toute cette eau qui est soulevée par les vagues au passage des bateaux et qui retombe en bruine sur le bateau.  À la fin de la journée, on retrouve des traces de sel sur les plastiques du dodger, l’arche, les hublots, les filières, les chandeliers et le pont.  C’est comme si l’Aquarel avait pris une douche d’eau saturée de sel.   Le problème c’est que l’eau qui nous entoure est toujours salée et je ne peux me permettre d’utiliser notre eau potable pour rincer;  il faudra attendre un arrêt dans une marina non achalandée. 

Le mieux qu’on peut faire c’est de passer un linge humide là où c’est vraiment essentiel.  

 

Vers trois heures, nous décidons de quitter l’intracoastal pour se mettre à l’abri dans Herb River, petite rivière sinueuse qui nous protégera du courant et des vents pour la nuit.  À la fin de cette journée, le vent, fatigué lui aussi,  baisse et après quelques soubresauts apporte le confort profitable aux équipages repus après leur journée.  Nous avons fait 48 milles nautiques.  Grosse journée !

 

Vendredi, 14 novembre                                                                                  

 

Ce matin, mon beau capitaine doit chauffer le bateau avant le déjeuner;  12 degrés C. ce n’est pas chaud.  Il faut se rappeler que l’amirale ne se lève pas avant 17 degrés C.  Hier, au moment de l’ancrage, nous avons pris cette petite rivière en sortant de l’intracoastal pour environ un mille.  C’est comme suivre une route principale et prendre une  route secondaire et stationner à l’abri des regards, vous connaissez, pour nous c’est à l’abri des vents.  Le livre « Anchorages » de Skipper Bob est indispensable;  ce sont des indications pour les meilleurs ancrages, les marinas, les quais gratuits, le prix du diesel avec des précisions sur les fonds, la protection des vents, des courants et des vagues, le paysage et le shopping.  C’est une référence quotidienne. 

 

Nous voilà de nouveau en route donc dès 7 heures.

Les paysages sont magnifiques.  Nous passons des petits boisés, des coins habités où les maisons sur le bord de l’eau sont toujours luxueuses et à proximité de jolies marinas ainsi que des champs d’herbages marins.  Nous côtoyons parfois de grandes routes « terrestres » .  Nous avons à faire ouvrir un pont, assez facile car c’est sur demande.

 

 

Aujourd’hui, c’est très froid;  assez étonnant, nous sommes habillés en pelure d’oignons alors qu’il y a 10 jours, nous nous sommes baignés dans la mer à Wrightsville.  Allez comprendre dame nature !

Nous avons navigué au moins huit heures et je me suis permise d’aller m’asseoir à la proue pour observer les pélicans et profiter du soleil.

 

 

Puisque c’est froid aujourd’hui, à l’heure du dîner, je choisis d’accompagner nos croissants à la salade de dinde d’une soupe aux asperges et je prévois réchauffer le cœur de l’Aquarel ce soir, en cuisinant au four une lasagne et des carrés au chocolat. 

L’apéro se prendra sur Soliton avec Image, Aquarel et Charade.  Nous avons droit à un coucher de soleil animant un ciel aux couleurs pastels se finalisant sur des tons de lilas délicats.

 

Voici un exemple des différents cours d’eau empruntés durant notre journée Point de départ : Herb River

*Wilmington River

*Skidaway River

*Skidaway Narrows

*Burnside River

*Vernon River

*Ogeechee River

*Florida Passage

*Bear River

*St-Catherines Sound

*North Newport River

*Johnson Creek

*Sapelo Sound

*Front River

*Creighton Narrow

*Old Teakettle Creek

*New Teakettle creek, où nous ancrons ce soir

 

Tout ceci bien balisé par les bouées rouges et vertes qui depuis le début de l’intracoastal sont timbrées de carrés jaunes sur les bouées vertes et de triangles jaunes sur les bouées rouges.  Ce qui signifie que nous suivons bien la bonne route de l’intracoastal.

 

Samedi, 15 novembre                                                                                                                                                             

 

 

Le départ se fait dans un matin des plus cléments.  7:00h  Une belle journée s’annonce.  Après avoir lever l’ancre, Robert doit brosser le pont car pendant l’apéro d’hier, nous avons eu la visite de dizaines d’oiseaux et comme nous n’étions pas là,  ils ont laissé leur carte de visite.  Louise de Imagine me fait le message que son  papillon a dormi sur le bateau.  Hé oui!  Depuis un certain temps un monarque suit leur bateau et s’y dépose fréquemment comme un passager clandestin.  

 

Nous sommes donc en route toujours en Georgie.  Sur le parcours, nous avons des aides à la navigation qui sont inscrits sur nos cartes.  J’ai déjà parlé amplement des bouées mais il y a aussi des alignements.  Ce sont deux panneaux rayés rouges installés un derrière l’autre habituellement un sur l’eau et l’autre sur terre, un plus haut que l’autre et si du bateau, on les enligne visuellement un sur l’autre, voilà le bon cap à suivre dans un endroit dont le passage est difficile.

Une photo vaut mille mots.

 

 

C’est la portion de l’intracoastal dont le paysage est le plus sauvage.  Cela fait trois jours que nous ancrons dans des endroits où nous ne pouvons pas aller à terre.  Notre apéro sur Image avec Soliton est comment dire assez gourmand et nous nous passons de souper.  Nous profitons de ces ancrages pour observer les étoiles car nous avons un ciel clair, sans aucune lumière de ville.  Du même coup, notre attention est portée aux bruits de la nature.  Les oiseaux nocturnes nous gratifient de leur concert de nuit.  C’est vertigineux de se sentir nulle part.  19 :30h. : dodo.