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1er au 15 octobre 2003

 

 

Mercredi 1er octobre 

 

Ce matin je me suis réveillée après dix heures de sommeil, avec mon petit déjeuner servi.  Nous voulons se rendre à  Nyack.  Notre parcours aujourd’hui est bordé de hautes montagnes où de riches demeures sont construites.  Nous passons devant l’Académie de Westport dont une partie de l’architecture ressemble à un château médiéval.  La journée est plutôt nuageuse et ce n’est pas très chaud.  Je décide donc de faire mes premières armes de cuisine au four en navigation.  Je prépare une croustade aux pommes qui en cuisant dégage un arôme alléchant et surtout réchauffe mon carré  tout en chassant l’humidité.  C’est bon pour le moral !  Durant l’avant-midi, avec la marée descendante, la vitesse du bateau monte à 8.5 nœuds et en après-midi avec la marée montante, la vitesse baisse jusqu’à 5.5 nœuds.  Il y a très peu de vent, l’ancrage est confortable.  Nous finissons cette journée avec un délicieux coq au vin; nous ouvrons notre premier pot Masson fait maison, hum!

 

 

 

 

Jeudi, 2 octobre        

 

Aujourd’hui nous entrons dans New-York.  À 13 heures, nous passons sous le pont George Washington, assez impressionnant ce pont à deux étages.  De plus, la circulation aérienne se fait plus sentir dont beaucoup d’hélico, les new-yorkais doivent être des gens très pressés.  Il vente très fort et nous avons pris un point GPS sur la marina de la 79e avenue.  Nous allons nous attacher à un mooring pour la nuit.  Nous avons même le temps d’aller se promener dans cette grande ville.  Dix minutes de marche et nous arrivons à Central Park après avoir croisé Broadway Street.

 

 

On reconnaît bien New-York avec ses taxis très jaunes et très nombreux, ses piétons qui déambulent le cellulaire à l’oreille, ses promeneurs de chiens, ses nounous qui veillent sur des enfants en landaus dans les parcs… et ses grands et magnifiques hôtels, ses tours à condo et ses lumières éblouissantes quand arrivent le soir.

 

 

 

 

Vendredi, 3 octobre   

 

Installez-vous bien dans vos fauteuils.  Vous avez droit à une description de la ville de New-York car aujourd’hui c’est jour de visite, on ne navigue pas.  Nous partons donc, par cette journée plein soleil, à pied, vers l’intersection de la 79e avenue et Broadway où nous prenons le métro ( 2$ par passage ) vers Ground Zéro.  Nous nous rendons sur ces lieux encore très impressionnants.  Beaucoup de touristes y passent et sont très respectueux face à cet endroit.  Il y a la construction sur place d’un monument commémoratif; tout autour une clôture est érigée avec des panneaux imagés de l’événement, les noms des victimes… On voit encore des édifices endommagés et protégés.

 

Nous sommes au cœur de N.Y. et c’est une ville qui bouge beaucoup.  Il est étonnant de voir ces grands édifices côtoyés de magnifiques parcs.  L’hôtel de ville n’est pas en reste;  elle a aussi son parc attenant ouvert au public.  Nous avons même vu une série de petites tables en fer forgé avec chacune deux chaises sur des allées de parc pour permettre à des gens de siroter un café de Starbuck.

D’un côté c’est une parade avec fanfare, un peu plus loin des joueurs de Backgammon et d’échecs.  Il y a des policiers à pieds à toutes les deux intersections, la sécurité est très présente. 

 

 

Nous reprenons le métro pour se rendre à Times Square.  C’est gigantesque !  Les panneaux publicitaires sont immenses, illuminés et fort nombreux à annoncer les différents spectacles présentés.  C’est un bain de foule surtout en fin d’après-midi.  Se frayer un passage sur les trottoirs pourtant très larges, n’est pas facile.  Il y a cette foule de gens mêlés aux marchands ambulants, aux vendeurs de hot-dogs et ces kiosques à journaux un peu partout.   Se promener dans la cohue de la circulation, les klaxons, les autobus, voilà une journée bien remplie.  Le retour au bateau où nous retrouvons le calme qui nous permet de  relaxer. 

 

Samedi, 4 octobre  

 

Je viens de connaître ma première nuit de « swell », maintenant je sais comme dit la chanson.  C’est difficile à expliquer : nous sommes au mooring, donc accrochés à des amarres qui sont retenues par une grosse boule flottante qui est attachée par une chaîne elle-même attachée à un gros bloc de ciment.  Donc pas de problème jusque là, nous sommes en sécurité.  Mais voilà que pendant la nuit, le voilier qui devrait faire face au vent lui tourne le dos car la marée se dispute notre étrave.  Le vent et la marée tirent chacun de leur côté; notre pauvre Aquarel ne sait plus où donner de la tête.  S’il pointe vers la marée, il présente son flan au vent et on se balance de gauche à droite et s’il pointe le vent, la marée le pousse sur la boule qui rebondit sur la coque dans un mouvement de va et vient.  Quel plaisir pour l’équipage qui essait de dormir!  Tout compte fait je crois pouvoir parler d’une nuit mouvementée. 

 

Au matin, il n’y avait pas de doute qu’on allait partir de là pour se rendre à Sandy Hook.

 

 

Par contre l’histoire n’est pas finie.  On annonce pour la journée des vents de 20 à 25 nœuds du sud.  Ce qui représentait pour nous des vagues qui allait contrarier notre marée descendante une bonne partie de la journée.  Devinez ce qui arriva?  On s’est fait brasser quatre heures sur les cinq de notre route.  Mais avec la pratique de la nuit, nous étions prêts à y faire face.  Pour nous distraire, il fallait surveiller les cartes, les bouées, les voiliers, les bateaux de pêche, les barges, les paquebots et la statue de la Liberté. 

 

 

 

Dimanche, 5 octobre     

 

Quelle nuit calme !  Sandy Hook est un ancrage intéressant et bien protégé.  Nous profitons de la journée pour préparer notre sortie en mer.  Mais d’abord nous allons à terre faire un peu de lessive; ce qui veut dire, apporter les poches de linge, le savon, l’eau de javel, les 25 sous, le livre pour passer le temps. De plus si c’était possible de prendre une douche à la marina au lieu de la prendre au bateau, nous apportons les nécessaires de toilette et les serviettes.  Et pour sauver du temps, nous apportons l’ordinateur car nous voulons envoyer et prendre des messages en allant à la bibliothèque du même pas.  Vous voyez le décor, nous partons en dinghy et nous nous rendons au quai.  De là nos quatre bras bien chargés, nous prenons la route; dix minutes à peine sont passées qu’une voiture s’arrête et un gentil couple nous offre de nous amener à la buanderie et de nous expliquer où sont les différents services.  J’arbore mon plus charmant sourire en acceptant leur offre. 

De retour au bateau, on doit s’activer car il faut préparer les points GPS qui nous permettront de suivre notre route avec des points de repère.  Il faut préparer les vêtements chauds, ce qui veut dire aller les récupérer dans le fond de l’équipet sous une douzaine d’autres sacs.  Mais c’est cela la vie de bateau.  Il faut préparer le repas et on tente à nouveau un contact par radio-amateur avec le réseau du capitaine car ce matin, nous avons enfin réussi un premier contact.

Il reste à monter le moteur du dinghy sur son support et le dinghy lui-même sur son bossoir.  S’assurer que tout est bien arrimé.

Nous nous couchons tôt car le lever est prévu pour 1 :30h.

 

Lundi, 6 octobre    

 

2 :00 h.  C’est le départ pour une première nuit en mer.  Nous avons une très bonne fenêtre météo pour partir.  La mer est calme et il y a des vents de 8 à 10 nœuds.  La nuit est étoilée et la lune salue notre départ.  Tout est silencieux et nous sillonnons entre les autres voiliers pour rejoindre l’extrémité de la jetée.  Au loin nous voyons nos bouées lumineuses qui marquent un couloir afin de contourner une pointe de terre.  Une à une nous les passons, très attentifs à notre cap pour bien suivre ce chenal.  Le numéro de chaque bouée est vérifié, au passage, à l’aide de notre projecteur.  Nous apercevons encore la brillance de New-York dans le ciel.  Peu à peu, nous suivons notre route tracée sur la carte, confirmée par nos cartes électroniques lues sur ordinateur. 

 

 

À mesure que je constate notre progression je me sens mieux.  Je me détends et comme nous naviguons à 2 milles du rivage, je peux observer les lumières sur terre.

  

Vers cinq heures je vais dormir juste une heure car je ne veux pas manquer l’aurore et le lever du soleil.  Le spectacle en vaut la peine.  Par la suite, la journée est ensoleillée et sans nuage;  voilà qui adoucit les 85 milles nautiques prévus.  Finalement c’est une journée splendide et plus chaude qui nous accueille à Atlantic City.  Nous allons souper au buffet du casino Trump 18$ chacun et nous ne pouvons s’empêcher de tenter notre chance, juste un 10$ en 25 sous et nous gagnons 30$; nous repartons aussitôt car nous tombons de sommeil.  Vous vous rappelez, nous sommes debout depuis deux heures du matin.  De retour à notre ancrage près du pont fixe, nous pouvons voir les casinos illuminés de tout Atlantic City.  Et ce sont les bras de Morphée qui nous accueillent.

 

Mardi, 7 octobre    

 

Au réveil, le soleil est déjà là.  Nous partons vers Cape May.  Nous avons eu un petit contact avec la radio du capitaine mais le signal était faible.  Nous allons naviguer à trois milles de la côte aujourd’hui; il n’y a pas de vent et c’est la journée la plus chaude depuis notre départ.   D’ici à Cape May, nous devrons surveiller les bouées de pêche même si nous sommes en dehors des zones indiquées sur les cartes.  On ne voudrait surtout pas briser des filets avec notre coupe-orin ( couteau rond fixé à notre hélice ). 

Chemin faisant, nous avons des passagers ailés clandestins qui se reposent sur l’Aquarel quelques minutes.

 

 

 

Robert a découvert que nous avions des cannettes dans la cale qui coulaient; nous en concluons que notre brassage dans le port de New-York de dimanche dernier en est la cause.  Il a passé une bonne heure à tout nettoyé. 

Arrivés à Cape May à trois heures, cela nous donne le temps de se reposer et peut-être de trouver un endroit pour envoyer notre journal de bord et nos courriels.  Journée plutôt tranquille, je la prends avec bonheur.  À quatre heures dans le bateau, il fait 22 degrés, je n’ai pas vu cela depuis le départ.  C’est très agréable !

Demain, nous prendrons le canal de Cape May qui nous mènera à la baie de Delaware.

 

Mercredi, 8 octobre       

 

Ce matin, nous avons une décision à prendre.  À l’entrée du canal de Cape May , il y a un pont qui donne, au passage, 55 pieds de tirant d’air à marée haute.  Nous avons besoin de 54 pieds et demi.  La marée haute est à 6:49h.  Idéalement nous devons partir deux heures avant, donc à 4 :49h. pour espérer passer sous le pont avec 56 pieds de tirant d’air et profiter ainsi du courant qui nous pousserait dans le canal.  Mais la nuit… non.  Alors un autre choix s’offre à nous; nous allons passer 1: 30h après la marée la plus haute; elle aura commencer à descendre et nous pourrons passer juste.  Donc nous quittons notre ancrage à 8: 15h. Depuis une demi-heure plusieurs bateaux sont passés.  À l’approche du pont, Robert baisse sa vitesse au maximum, c’est un moment crucial.  Allons-nous accrocher?  Hé bien, non!  Tout s’est bien passé mais je dois dire que c’était de justesse puisque notre antenne flexible en haut du mât a touché sous le pont.  Nous reprenons notre route dans le canal et trois milles plus loin nous arrivons dans la baie de Delaware.  C’est une longue route aujourd’hui qui se fera en suivant un chenal bordé de bouées.  Nous serons accompagnés par d’autres voiliers et bateaux à moteur toute la journée.

 

Deux heures après le départ, alors que tout allait bien, on maintenait une bonne vitesse avec moteur et voiles.  La brume s’abat sur nous.  C’est ce qu’on appelle de la purée de pois.  Nous rentrons les voiles, on abaisse la vitesse et là, le radar prend toute son importance.  Il nous indique où et à quelle distance sont les autres bateaux.  C’est très rassurant ! Et pendant plusieurs heures, la brume joue au chat et à la souris avec les bateaux.  

 

 

 

Vu le calme de l’eau, nous avons poussé jusqu’à Chasepeake City.  J’ai porté des shorts en après-midi car le soleil était chaud.  Nous avons profité de cette longue journée pour faire notre première fournée de pain.  C’était pas mal pour une première fois.  Ce soir on se régalera. 

 

Jeudi, 9 octobre 

 

Levés à six heures, nous partons à sept heures pour Annapolis.  Nous avons la chance de pointer notre étrave dans les eaux calmes de la baie de Chasepeake à peu près une heure plus tard.  Mais la brume est encore au rendez-vous et elle sera présente jusqu’à 11 heures.  Sans G.P.S. et radar, nous n’aurions pu faire cette route avec autant de sécurité.   Marco, notre pilote automatique suit bien les caps demandés, ce qui nous donne le temps de mieux observer les alentours car il y a des endroits où on a l’impression d’être dans un champ de mines tellement il y a des morceaux de bois de toutes grandeurs à la surface de l’eau.  Nous prenons la roue et contournons chacun d’eux lentement;  ce manège a duré pendant deux heures et c’était concentré sur l’embouchure du CD Canal.  La plupart du temps, nous suivons un chenal.  Comme prévu, la navigation hors du chenal doit se faire avec une grande observation car on se retrouve souvent dans des zones où les bouées de pêche sont nombreuses.

À l’approche d’Annapolis, l’activité sur l’eau s’intensifie.  On peut remarquer de petits voiliers naviguant tout près des marinas, une course officielle entre deux immenses voiliers et l’arrivée de nombreux voiliers voyageurs qui arrivent à l’ancrage.  Le site de l’exposition est déjà en action et nous devons pour aujourd’hui s’ancrer à l’entrée de Spa Creek pas très loin de l’Académie car il y a beaucoup de monde.  Le fond est rocailleux, nous devons nous reprendre par trois fois avant d’être bien ancré.  Tout autour de nous, on dénombre facilement une centaine de bateaux.  Nous allons acheter nos billets pour le Boat Show chez Fawcett et nous économisons 3$ par jour par billet.  Un petit tour de dinghy nous permet de repérer le bateau Charade, Imagine, Safina et le Merlou.  À la tombée du jour, le site de l’exposition demeure tout éclairé et avec tous les voiliers ici présents et le calme de l’eau, l’image fait rêver. 

 

Vendredi, 10 octobre                     

 

Avant de se rendre à l’exposition, nous avons décidé de changer d’ancrage pour se rendre dans le fond de Spa Creek où ce sera beaucoup plus calme.  Nous devons avancer dans un passage étroit et autour de nous il y a une multitude de bateaux.   Nous passons un pont qui ouvre aux demi-heures et lentement on se repère un point d’ancrage entre les bateaux.  L’espace entre chacun est au minimum.  Ce creek, tout en méandres,  est large de 150 mètres et bordé de résidences luxueuses ayant leur propre bateau à leur quai privé.  Tout est très joli.

 

L’exposition est gigantesque.  Il y a près de deux cents bateaux neufs à visiter; ils sont tous à l’eau, regroupés par compagnies et des quais flottants sont installés pour permettre l’accès facile aux visiteurs.  Tout autour d’immenses tentes abritent les exposants.  L’atmosphère est très agréable malgré la foule. 

 

La tentation est forte à faire des achats et,  nous en avons faits puisque j’avais une petite liste en réserve pour Annapolis.   Il faut dire qu’ici, à la suite de l’ouragan Isabel, le lieu de l’exposition était inondé, boutiques, hôtel et restos.  Nous avons vu dans le magasin Fawcett, situé au bord de l’eau,  des photos du désastre.  Trois pieds d’eau dans ce très grand magasin d’accessoires pour bateau; les employés avaient relevé tout le matériel le plus haut possible.  Et pourtant toutes traces étaient aujourd’hui disparues et l’accès était normal.  L’efficacité américaine !

 

Belle journée pour nous !

 

 

Samedi, 11 octobre    

 

Aujourd’hui nous profitons de notre journée pour se rendre à terre régler des tas de choses.  D’abord, nous voulons envoyer notre journal de bord au webmestre et  nos messages, échanger un coussin chez Westmarine, faire une commande d’épicerie et acheter une nouvelle bombonne de gaz propane avec certification OPD, essentielle aux USA sinon ils ne remplissent pas la bombonne.

 

Mais d’abord, Claude de Merlou vient aider Robert à ajuster notre radio-amateur .  Quel travail ! Cela semble aller mieux et demain nous essaierons à nouveau .  Et pour la portion des courriels, c’est Jean-Pierre de Safina qui nous aidera demain.  Espérons que tout rentrera dans l’ordre.  Et c’est avec Claude, qui a la chance d’avoir une voiture, que nous partons pour la journée.  Quelle patience !  Comme il connaît bien Annapolis, il nous conduit et nous attend à chaque endroit. 

Finalement la journée a passé très vite. 

 

Je sens les énergies revenir.  Le temps ne nous presse plus. 

 

 

Dimanche, 12 octobre                                  

 

C’est une journée resplendissante de soleil qui s’annonce.  Il fait très chaud et c’est notre deuxième journée à l’exposition.  Nous devons finir nos achats.  Alors carte en main, nous arpentons les quais à la recherche des kiosques qui nous intéressent. Cueillant des informations, au passage, sur les Iles Vierges et un peu plus loin, des renseignements sur l’électronique, nous réussissons à terminer nos achats.  On retourne au bateau car on est attendu sur Safina pour le 5 à 7.  Nous devons les rejoindre dans Back Creek, ce qui implique une quinzaine de minutes en dinghy.  À notre retour, c’est le crépuscule;  nous allons préparer notre souper.  Demain nous expérimentons l’envoi de courriels du bateau.

 

 

Lundi, 13 octobre                   

 

Journée de repos !  Je peux prendre mon temps.  Il fait chaud.  Je peux lire et regarder les gens vivre autour de moi.  Je peux voir des kayacks, des bateaux à moteur, des dinghys, des bateaux-taxi, des voiliers, des chaloupes et des pêcheurs sur la berge.  Juste à côté de nous, il y a un bateau français et j’entends la maman qui fait l’école à sa petite fille.  Les gens sur les bateaux s’occupent à diverses tâches; tout semble au ralenti.  Cela fait du bien de s’arrêter un peu. À partir de maintenant, en cinq jours, nous pourrions être à Norfolk et c’est la ligne à ne pas dépasser avant le 1er novembre car s’il nous arrivait une avarie causée par un ouragan, notre déductible pour les assurances augmenterait de façon substantielle.  Nous avons donc du temps pour se promener dans Chasepeake Bay.  Vers quatre heures nous décidons d’aller s’installer dans Back Creek à trente minutes d’ici. 

Nous serons plus près de la buanderie et de l’endroit pour le plein de propane.  Surprise!  Une fois ancré, nous avons droit à la parade de tous les bateaux de l’exposition qui entrent à leur port d’attache.  C’était fantastique !  En soirée nous allons faire de la lessive et j’ai du même coup accès à internet.

 

 

Mardi, 14 octobre           

 

Nuit très tranquille à Back Creek ! Une deuxième journée de repos, c’est le grand

luxe.  Je reste au bateau et Robert part en dinghy compléter les achats.  Il prévoyait marcher une bonne heure pour se rendre à la quincaillerie et chez West Marine mais au quai, il a rencontré Téta, qui travaille pour Bénéteau et qui nous avait trouvé notre voilier.  Ne pouvant résister au sourire légendaire de mon capitaine, elle lui offre de prendre sa voiture pour faire ses emplettes.  Voilà un exemple d’imprévu fort agréable. 

 

De retour, c’est l’heure du dîner.  Je prépare des  «  smoke meat »  nouvelle version.  Je cuis dans un poêlon la viande fumée que je glisse dans des rôtis de pain maison avec moutarde et laitue, agrémentés de « Bread and Butter » faits maison par ma petite sœur de Laval.  Plusieurs savent de qui je parle.  C’était délicieux !

 

Le reste de la journée passe très vite.   En soirée la pluie se met de la partie.  Tant mieux, Aquarel avait bien besoin d’un bain d’eau douce pour enlever le sel sur le pont et sur les coussins du cockpit.

 

Mercredi, 15 octobre          

 

Cette nuit, les vents ont soufflé très fort avec des pointes de 25 nœuds.  Vers 5 : 30 h. mon capitaine s’est levé pour vérifier la situation.  On avait peut-être reculé d’une dizaine pieds.  Ne prenant pas de chance, Robert décide de lever son ancre et de se replacer.  Donc nous levons l’ancre et nous nous ancrons plus en avant et du même élan Robert décide de rajouter une deuxième ancre.  Notre voisin de mouillage fait de même et place lui aussi une deuxième ancre.  6 : 30 h, je retourne me coucher mais Robert décide de rester debout.   Je dors jusqu’au matin en toute confiance.  Je trouvais justement que cette journée manquait d’action…

 

Ce matin, un bon déjeuner remet les idées en place.  Nous pouvons maintenant entrer en communication avec le réseau du capitaine et obtenir notre météo du même coup.  C’est vraiment génial ! De surplus, le pactor est bien ajusté et nous pouvons maintenant envoyer des courriels directement du bateau.  On n’arrête pas le progrès. 

Compte tenu qu’ici, c’est très facile d’accès, aujourd’hui Robert me reconduit à la marina pour faire une lessive,  prendre une douche et me brancher sur internet et lui il retourne sur Aquarel.  Il fait beau soleil mais le vent est toujours bien présent.  Des gens des marinas s’affairent à déplacer deux bateaux qui ont chassé ces dernières heures.  Il vaut mieux rester à bord et surveiller les effets du vent.