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1 au 28 février 2005

 

La baie de Scotland, dernière escale avant le départ de Trinidad.

 

Située au nord-ouest de Trinidad, la baie de Scotland est d’une grande beauté s’ouvrant à peine sur le golfe de Paria.  Complètement encerclée de montagnes à la végétation luxuriante,  elle offre un décor sauvage sans l’ombre d’une habitation.  Des odeurs de fleurs et de plantes suivent la brise et chatouillent notre odorat.   À l’aube, dans la lumière blafarde du petit matin, une chorale d’oiseaux salue notre réveil et en fond sonore, le bavardage des singes hurleurs.   Ils vivent dans cette zone boisée mais ils sont difficiles à entrevoir.  Leur cri ressemble à un rugissement sourd assez impressionnant.   Le passage dans cette baie nous rappelle tout le charme exotique des îles.  Après les longues semaines de fébrilité du carnaval, il fait bon de se retrouver dans ce calme absolu.

De plus cette baie fourmille de poissons attirés par le foisonnement de planctons.  C’est à voir, à la nuit tombée, la phosphorescence que ce plancton provoque.   Un petit tour de dinghy nous a fourni tout un spectacle.  Revenant d’un souper sur Soliton, dans une nuit criblée d’étoiles avec à peine un croissant de lune,  il fallait voir le feu d’artifices sous-marin provoqué par les poissons fuyant tout autour de nous en laissant dans leur sillage une traînée de phosphorescence.  Moment magique, moment fugace!

 

Départ de Trinidad.  

 

Retour à nos habitudes de navigation et branle-bas de combat pour l’approvisionnement en eau, diesel, essence, nourriture et breuvage.  La météo nous offre des conditions excellentes pour notre traversée sur Grenade; donc nous devons être prêts en deux jours.  Le jour du départ nous faisons notre sortie aux douanes et à seize heures nous levons l’ancre.   Nous prévoyons 16 heures de route à une vitesse de croisière de 5 nœuds.  Comme à cette époque les vents sont constants du NNE, la traversée se fera à voile et moteur.  C’est avec une pointe de nostalgie que nous nous éloignons des côtes de Trinidad.  Après un long séjour, c’est difficile de repartir.  Mais nous emportons de merveilleux souvenirs en mémoire.

 

 

Retour à Grenade

 

Cette île demeure une île magnifique.  Notre point de chute, Prickly Bay, est un rendez-vous pour de nombreux voiliers.  Il y a bien une centaine de bateaux dans l’ancrage.  Plusieurs sont à l’eau en attente de leur mât.  D’autres sont de passage comme nous.  Nous apprenons que tous les mâts viennent de France.  Constatant ici le nombre de bateaux sans mât, à l’eau et sur terre, et en se souvenant de ceux de Trinidad, de longs mois d’attente sont à prévoir.  Les navigateurs sont confiants;  la patience est leur meilleur atout.  Nous avons la surprise de voir plusieurs gros paquebots s’arrêter à la Grenade.  C’est de bonne augure pour l’économie de l’île.  Plusieurs toits sont refaits mais c’est loin d’être terminé.  Nous sentons tout de même leur détermination à refaire de cette île un endroit où il fait bon vivre.

 

La remontée dans les Antilles se poursuit avec un départ vers Carriacou. 

La traversée sur Carriacou s’est faite sous un soleil radieux et par bonheur, nous avons fait les 15 derniers milles à voile seulement, dans un près serré qui nous a permis de renouer avec les plaisirs de la voile.  L’arrivée à Carriacou nous replonge dans l’engouement de l’eau turquoise et le calme de ces ancrages divins.  La saison des langoustes bat son plein.  Des locaux viennent nous en offrir au bateau.  On ne peut résister et un soir deux superbes langoustes de deux livres chacune deviennent un festin partagé avec Soliton. 

 

 

Des invités sont prévus sur l’Aquarel pour le 22 mars en Martinique, donc nous remonterons tranquillement en passant par les Grenadines dans les prochains jours.

 

Union, prochaine escale, nous accueille dans son mouillage de Clifton derrière sa barrière de corail.  Il est possible d’acheter des baguettes françaises dans ce coin et nous en profitons allègrement.  Je revois avec plaisir le marché de fruits et de légumes, les boutiques, les restaurants de la place.  Puis c’est la découverte de Happy Island, minuscule île construite de mains d’hommes, sur la barrière de corail, à partir de lambis et de ciment.  Finalement son toit de chaume, quelques bannières colorées, des minis palmiers, une terrasse sablonneuse avec quelques tables et chaises de jardin sont une invitation de Janti, le propriétaire, pour un apéro de sa spécialité.  C’est un endroit unique et le seul moyen d’y accéder est en dinghy avec la surprise de descendre dans un pied d’eau à son approche.  Au coucher du soleil, quelques équipages se retrouvent dans ce décor enchanteur avec la mer en fond de toile.  

 

 

Puis nous décidons de se rendre à Chatham Bay du côté nord-ouest d’Union.  Nous y passons quelques jours merveilleux de repos et de détente.  C’est une baie sauvage aux eaux cristallines, bordée de montagnes délimitées par une plage de sable blond.  Ce sont des jours de baignade, de plongée, de promenades sur le sable, de farniente et de vibrantes parties de cartes avec l’équipage de Soliton.  Le jour nous apporte une part de soleil éblouissant alors que la nuit nous plonge dans un noir profond sous des nuées d’étoiles inimaginables.  Les crépuscules  et les aurores nous enchantent par leur magie de couleurs.

Puis c’est le retour du Clifton Bay car Soliton attend des invités qui ont pour mission de nous rapporter une hélice pour le dinghy que nous avons perdue à Scotland Bay.  Ce pont d’entre aide, entre nous et le Québec, est très important pour chacun des navigateurs.  C’est le seul moyen parfois que nous ayons de récupérer des choses personnelles ou d’obtenir de petites pièces de bateaux introuvables dans les îles. C’est aussi le chemin des petites douceurs du Québec comme le sirop d’érable. 

Nous laissons Soliton et ses invités dans les merveilleuses Grenadines et nous commençons à remonter dès demain sur la Martinique où nous aurons à notre tour des invités.

 

La Traversée sur Béquia.

 

C’est dommage de côtoyer Mustique, Mayreau, Tobago Cays, Petit Saint-Vincent sans s’y arrêter mais nous y reviendrons.  Aujourd’hui, notre but est Béquia.  Trente milles nautiques à faire, toutes voiles gonflées, nous filons au près sur une mer de cinq à six pieds.  C’est de la voile sportive mais quel bonheur de naviguer à voile!  Nous plaçons nos ailes blanches, le cap est donné et sans un virement de bord nous arrivons à bon port après six heures de route.  Toujours aussi jolie cette île, nous ancrons devant une plage bordée de palmiers un peu à l’écart du village.  C’est un rendez-vous très couru des navigateurs.   L’accès aux restaurants est facile, les services sont nombreux et ce mouillage est bien protégé.  Il faut prévoir maintenant la traversée soit à St-Vincent soit à Ste-Lucie.  Le choix se fait en étudiant la route à parcourir, la vélocité et la direction des vents, l’état de la mer pour les prochains jours.  En partant de Béquia, nous serons vite soumis aux conditions de pleine mer du passage vers St-Vincent, puis il y aura la protection de l’île de St-Vincent, le temps d’un lunch,  puis un autre passage pleine mer vers Ste-Lucie.  Il faut évaluer le temps que nous prendrons pour cette route en vue d’un ancrage de clarté. 

 

La traversée de Béquia aux Deux Pitons à Ste-Lucie.

 

Départ à 6:30 h, à l’aurore.  Heure prévue d’arrivée, 4:30h.  Nous avons 51 milles nautiques à faire.  Nous prévoyons après le premier passage, suivre la côte de St-Vincent et continuer notre route sur Ste-Lucie.  Les vents sont de l’Est presque toute la journée.  Nous faisons de la voile, encore, mais cette fois, nous garderons une partie du génois enroulé car les vents sont forts et ainsi nous éviterons une gîte trop grande.  Nous barrons chacun notre tour et l’Aquarel se fait saler à profusion.  Quelques embruns réussissent à venir mourir dans le cockpit.  Mais le bateau file bien et nous gardons une bonne vitesse, ce qui nous fait gagner une heure sur notre temps estimé.  Les poissons volants nous ont tenu compagnie et deux bancs de dauphins ont croisé notre route trop préoccupés à jouer dans les vagues pour prendre garde à nous.  La vue des Deux Pitons est toujours un moment saisissant car plus on s’en approche, plus ils sont imposants.  

À trois heures trente nous nous accrochons à une boule de mooring Aux Deux Pitons.  Les Boat’s Boys viennent aussitôt nous saluer en nous offrant des bijoux, des chandails, des sculptures sur bois, des fruits, des excursions dans l’île.   Peu après les Rangers du parc naturel viennent demander leur dû, 40 EC pour deux nuits, impossible de payer juste pour une nuit et ils savent très bien que nous ne pouvons pas se mettre à l’ancre, la profondeur étant trop grande.   Belle façon de ramasser des sous à mon avis! 

 

 

Le lendemain matin, après une nuit rouleuse où toute la nuit nous avons essayé de dormir sur la largeur du lit afin d’éviter de se sentir comme une crêpe, le réveil est plus timide.  Toute l’avant-midi nous subissons des rafales de vents bien canalisées par les merveilleux Pitons.  À midi, nous décidons de changer d’ancrage et de se rendre à Rodney Bay, au Nord de Ste-Lucie.  Je soupçonne ces deux Pitons d’être de connivence avec les Rangers.

 

Une petite randonnée de voile nous mène à Rodney Bay dans le Nord de Ste-Lucie.  Nous ancrons dans les eaux de Pigeon Island devant le merveilleux Club Sandals.  Cette fois nous y dormons confortablement;  nous sommes à un jour de la Martinique.  C’est notre but donc dès le lendemain nous levons les voiles vers Le Marin.  Cet autre passage pleine mer se fait avec un vent d’Est qui nous conduit allégrement vers notre destination. 

 

Grand centre pour les navigateurs, nous restons  quelques jours dans cet ancrage qui accueille des centaines de bateaux.  Comme c’est aussi une base pour une dizaine de compagnies de location de voiliers et catamarans, nous y retrouvons de nombreux pontons et les services sont diversifiés.  Nous préparons le bateau car nous attendons des invités à bord pendant un mois.  Ce mouillage est vraiment calme et notre sommeil est réparateur.  Finalement nous aurons besoin d’une semaine pour réaliser nos petits projets à bord.  Et nous voilà enfin prêts à les accueillir.

 

 

La magnifique Martinique est surnommée l’île aux fleurs.  À terre, nous parlons français, nous utilisons les euros, nous humons le pain chaud des baguettes et nos papilles n’ont de cesse de s’exciter à la vue des foies gras, des fromages, des pâtisseries et des vins.  Aucun frais de douanes ici, ils se reprennent amplement dans le coût de la vie.  La Martinique vit de la culture des bananes, de la canne à sucre, de l’ananas, du rhum, de la pêche et du tourisme. 

 

Des vacances en Martinique

 

L’arrivée de Tania, la sœur de Robert, nous fait découvrir que le prix des taxis est exorbitant et que finalement il vaut mieux louer une voiture pour le transport de l’aéroport et profiter en même temps d’une balade dans l’île.  C’est à Marin que nous avons pu trouver les voitures les moins dispendieuses mais elles sont très en demande, vaut mieux la réserver plusieurs jours d’avance. 

Partir à la découverte de la Martinique en voiture est fort agréable.  Des routes modernes relient les différents bourgs qui apparaissent dans les vallons principalement en bord de mer.  Les mornes, très présents nous offrent des décors spectaculaires d’immenses bananeraies et de plantations de canne à sucre qui font place au tournant à des plages qui s’étirent sous le soleil torride.   Les routes, souvent bordées de bosquets gorgés de fleurs, deviennent tout à coup étroites et sinueuses et nous voilà  dans un bourg à l’architecture rappelant les siècles derniers.  Dans ces bourgs, une petite France aux allures vieillottes nous renvoie l’image d’une communauté dont la vie est simple et tranquille.

De nombreux restaurants offrent la cuisine créole et française au goût raffiné.  La carte des mets déborde de surprises telles que mon demi camembert frit servi sur un lit de verdure.

 

 

Les escales découvertes sont fort nombreuses.  Elles nous mènent inévitablement dans une de leurs nombreuses distilleries de rhum.  La visite guidée nous transporte dans le cœur de leur industrie.  La dégustation des différents rhums, blanc, ambré, vieux, aromatisé, rend difficile notre choix.  Leur boutique offre également de jolis paquets cadeaux décorés de tissu madras, avec épices ou mini bouteilles de rhum.  Les distilleries Mauny, près des Trois-Ilets et celle de Depaz, située près de St-Pierre,  avec le Mont Pelée en toile de fond,  nous ont offert un panorama extraordinaire. 

 

 

Nous avons également passé un bon moment Au Domaine du Château Gaillard, où sont exposés les produits d’artisans talentueux; nous y retrouvons des poteries, des bijoux,  des créations en tissu madras, des bouquets floraux;  on y découvre également le musée du café et du cacao.  Ces visites très intéressantes nous font connaître les couleurs et les saveurs de la Martinique.    

Notre route nous conduit dans les forêts tropicales et nous décidons d’arrêter au Jardin de Balata.  On se retrouve dans un jardin botanique en pleine nature.  Des sentiers pédestres nous guident dans un monde de beauté naturelle où toutes les espèces végétales de la Martinique sont représentées harmonieusement.  En pleine montagne, arbres et fleurs se côtoient dans un majestueux arrangement voisinant les bassins d’eau et les bosquets les plus raffinés. «Le jardinier est ici peintre et poète. »

 

 

 

 

Le mont Pelée est aussi un attrait touristique.  En 1902 ce volcan a détruit la ville de St-Pierre, alors capitale de la Martinique.  Un seul survivant, protégé par les murs de sa prison, a repris l’exploitation de la canne à sucre dans ce coin de pays et fait revivre St-Pierre.  Aujourd’hui, le Mont Pelée, point culminant de l’île, dévoile un visage impressionnant de montagne dénudée offrant des sentiers pédestres pour les plus hardis d’entre nous et des sources chaudes à qui sait les trouver.   Quelqu’un a dit en parlant de cette montagne où les nuages restent accrochés: « Cette dame est très coquette, elle ne se décoiffe jamais »

L’accueil de la Martinique est très chaleureux;  les gens que nous rencontrons dans la rue, au marché ou dans les boutiques nous saluent toujours d’un bonjour sympathique ou d’un bonsoir dès quinze heures en après-midi.  Les restaurants servent le dîner à partir de dix-neuf heures et leur rythme nous force à relaxer, à prendre notre temps.  Parfois au marché ou dans les boutiques, les martiniquaises portent le costume traditionnel avec le petit chapeau à pointes à l’arrière.

Le nombre de pointes porte une signification :  le chapeau avec une pointe, c’est une dame célibataire, à deux pointes, c’est qu’elle est engagée mais pourrait être séduite encore, à trois pointes, elle est mariée et à quatre pointes, elle est mariée depuis plusieurs années et ouverte à des rencontres.  C’est très amusant de connaître ces traditions. 

Les marchés  extérieurs regorgent de fleurs, de fruits et de légumes;  c’est un spectacle pour les yeux où toutes ces couleurs se côtoient sans parler des arômes. 

 

 

Ils  insistent pour nous faire goûter également leurs punchs maison au rhum, embouteillés souvent avec des fruits, joliment présentés dont certains sont porteurs de noms coquins style, Redresse-Zizi ou Pette-Braquette.

Nos escales nous font connaître des mouillages soit très paisibles comme celui Des Trois Ilets, soit très agités comme celui de Fort-de-France.  Chacun a son charme, c’est l’opposition de la capitale au petit bourg.

Ce qui rend souvent les mouillages agités, ce sont les nombreuses navettes  qui relient Fort-de-France aux villages environnants.  Elles sont en service dès six heures trente du matin jusqu’à dix-neuf heures.  Très utilisées par les résidents, les voyageurs et les touristes en profitent grandement. 

 Notre escale à Anse Mitan nous enchante.  Le village créole, tout en couleurs, offre un ensemble de boutiques diverses,  autour de la place de la fontaine, à des prix assez coûteux toutefois.  Mais la promenade en vaut la peine; les maisonnettes arborent des couleurs pastel aux toits festonnées et tout est présenté avec goût et soin, de l’artisanat local aux collections de vêtements  d’été de la métropole ( Paris ) comme ils disent.  Le tissu madras est en vedette;  il est utilisé pour le costume d’apparat et avec beaucoup d’imagination, il sert à confectionner une multitude d’objets dont des nappes, des vêtements pour les enfants dont la collection Bisous Sucrés est un exemple de coquetterie.  Des terrasses offrent le plaisir des glaces ou d’une crêpe mais le déjeuner le plus populaire est la baguette française toute chaude garnie soit de fromage ou de salades variées.  Une plage magnifique s’étire devant le mouillage.  Anse Mitan est unique et mérite une escale de quelques jours.<

 

 

 

Le mouillage de Fort-de-France est insoutenable avec le passage des nombreuses navettes;  donc nous avons choisi de prendre une navette de l’Anse Mitan qui nous y conduit en vingt minutes. 

Située dans la Baie des Flamands, Fort-de-France grouille de monde en semaine mais est désertique le dimanche.  Fort-de-France, c’est le marché couvert, c’est le parc de la Savanne, ce sont de pleines rues de boutiques diverses, ville de débarquement des paquebots de passage.  Les rues étroites réverbèrent une chaleur torride et forcent les piétons à rechercher la fraîcheur d’une boutique climatisée.  C’est aussi un haut lieu de gastronomie, il faut savoir choisir.

Les Trois-Ilets est un autre mouillage tranquille avec vue sur un golf parsemé de palmiers.  Plusieurs villages en bordure de mer ont aménagé des promenades pour enjoliver les lieux  et les rendre plus accueillants.  Notre exploration à terre nous les fait découvrir avec beaucoup de plaisir.  Ici nous visitons l’église où Joséphine, future impératrice de France a été baptisée.  La pâtisserie face à l’église nous incite à la gourmandise et la tentation est trop forte, nous avons succombé.  Le petit marché offre quelques fruits et légumes pour combler nos provisions.  La vie semble rythmée sur la chaleur du soleil;  les boutiques ferment à midi et n’ouvrent qu’à quinze heures pour se prolonger jusqu’à dix-neuf heures, heure à laquelle les restaurants ouvrent leurs portes pour le dîner, impossible de prendre le repas du soir avant cette heure. 

 

 

 

Ce qui donne amplement le temps pour les apéros.  Le Ti-Punch est la boisson locale incontournable :  dans un petit verre, à du sucre de canne, on ajoute un zeste de citron vert, bien titiller avec une cuillère pour faire fondre le sucre, puis ajouter deux doigts de rhum blanc.  Le Ti-Punch changera d’appellation selon l’heure à laquelle il sera dégusté.  Si c’est le premier rhum de la journée, il sera appelé « décollage », s’il est pris plus léger en cours de journée, on l’appellera « ti-bête » ou « punch fillette ».

 

 

 

L’arrêt à Grande Anse d’Arlet nous a enchantés.  À ce mouillage, l’eau est cristalline et la plage qui suit tout le demi-cercle de l’anse déroule un tapis de sable blond et chaud sur le rivage tout aussi pur et parfait qu’au fond de l’eau.  C’est une piscine d’eau turquoise agréable à l’oeil et merveilleuse pour le corps.  Galarneau nous accompagne fidèlement dans chacune de nos escapades.   Nous resterons deux jours dans ce coin de paradis. 

 

 

 

Ste-Anne, la plus populaire des escales est un village pittoresque offrant tout l’attrait des boutiques, des restaurants et la plage toujours convoitée.  Nous avons ajouté à nos découvertes la plage du club med accessible en dinghy;  ce club est en rénovation pour l’instant, donc la plage offrait tous ses charmes aux navigateurs.  C’est un secret, nous ne l’avons pas répandu mais nous en avons bien profité. 

 

 

 

De Ste-Anne il est possible de suivre un sentier pédestre pour se rendre Aux Salines, cette fameuse plage qui marie les eaux de l’Atlantique à celle de la mer des Caraïbes.  Là, les vagues permettent aux baigneurs de s’amuser tout en admirant des kilomètres de plage bordée de palmiers, lieu privilégié des amateurs de photographie.  Des kiosques étalent leurs paréos, des martiniquaises vendent leurs glaces maison au coco et de petits restaurants sur la plage offrent les accras de morue ( spécialités de la Martinique ) au menu de leurs repas légers.  La camionnette avec sa musique d’orgue de Barbarie annonce sa crème glacée, la foule de baigneurs dore au soleil, l’atmosphère est créée, on se croirait en vacances.  Je laisse le tout à l’imagination car le monokini est de mise.

 

 

 

Le Marin, à vingt minutes de Ste-Anne est le rendez-vous des navigateurs pour l’avitaillement, les boutiques d’accastillage et les services de toutes sortes.  Ici, de nombreux voiliers et catamarans dorment au quai;  plusieurs compagnies de location gardent leur flottille de bateaux au port de plaisance du Marin en attendant les touristes navigateurs.  Le nombre de bateaux en place est impressionnant.  

 

Nos dernières promenades nous ont conduit sur la côte Atlantique et la Presqu’île de la Caravelle.  Le Château Dubuc, en restauration,  nous raconte l’organisation de la vie du dix-septième siècle sur les terres de la canne à sucre avec les esclaves.   Nous avons la chance d’admirer la mer en suivant la côte tout en passant à Trinité, Le Robert, Le François, Le Vauclin, puis c’est le retour sur Le Marin. 

Plusieurs soirs nous assistons au coucher du soleil près du Rocher du Diamant.  C’est sur cette image que la Martinique s’imprègne dans notre mémoire.  

 

 

 

19 avril,  nous avons assisté aujourd’hui à un phénomène céleste.  Durant quelques heures, le soleil s’est paré d’un halo aux couleurs de l’arc-en-ciel.  Ce halo, causé par des cristaux de glace contenus dans des nuages à très haute altitude n’a rien à voir avec du beau ou du mauvais temps.  Ce phénomène est visible en Martinique aux trois à cinq ans.  L’effet  était spectaculaire.