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1 au 31 décembre 2003

Dimanche, 30 novembre et lundi, 1er décembre                                        

 Nous avons loué une voiture pour trois jours afin de nous rendre sur le site de Disney World.  De Titusville, il faut calculé 75 minutes de route pour s’y rendre.  Nous achetons une passe de trois jours qui nous permet de visiter Magic Kingdom, Epcot et les studios de MGM.  Le dimanche à notre arrivée, on nous explique que le site de Magic Kingdom ferme à six heures à cause d’un événement spécial du Noël de Mickey mais si on désire y assister, ils vendent des billets.   Sinon on nous conseille d’aller passer la journée à Epcot et de revenir demain puisque nous avons accès aux deux sites.  Comme nous ne voulions pas passer toute une journée à Magic Kingdom, on s’est dit que le lendemain après quelques heures, nous pourrions aller souper à Epcot.    Errrrrrreur  ! Nous l’apprendrons le lendemain, nous ne pouvons changer de site dans la même journée, c’est une entrée par jour.  Fort heureusement ils nous ont émis un autre billet d’un jour pour régler le tout.  

 

De ce pas nous prenons le minirail pour se rendre à Epcot. 

Les sites ont mis leur parure de Noël.  Absolument fabuleux !

 

La musique de Noël s'entend partout.  Ils ont de gigantesques arbres de Noël et à Epcot, ils ont monté une série d'arches immenses; ces arches ont l'air d'être faites en dentelle car il y a des motifs ajourés dans la construction.  Tous les dessins de l'arche sont mis en relief par des lumières de différentes couleurs et le soir, c'est comme un spectacle de sons et lumières;  sur un thème musical, les lumières battent la mesure soit par leur couleur ou par leur position.  Et ça dure...  Les gens passent sous ces arches pour se rendre dans la partie des pavillons de tous les pays.  C’est un moment magique. 

 

 

On a vu évidemment le feu d'artifices, les pavillons d’Epcot, la parade et on a soupé deux fois sur place, au pavillon du Maroc et au pavillon du Mexique.   L'ambiance est toujours aussi fantastique.

 

De retour au bateau, il ne reste qu’à se mettre au lit, épuisés mais émerveillés. 

 

Mardi, 2 décembre                                                                                                                                                                                                                               

 

En ouvrant les yeux ce matin, je constate que j’ai mal à tous mes muscles.  Ces deux jours de marche avec des levers à 7 :00 et des couchers passés minuit, ont eu raison de moi.  Fort heureusement, nous avons six jours au choix, pour utiliser nos passes; donc MGM est remis à demain.  Cela  nous permettra de faire la préparation du départ de jeudi, de faire les provisions de liquide plus facilement puisque nous avons une auto et de se coucher plus tôt afin de mieux profiter de cette dernière journée.  Très tôt ce matin, nous changeons l’Aquarel de ponton car avec les vents annoncés pour jeudi, il aurait été difficile de sortir. 

 

Mercredi, 3 décembre                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                  

Journée MGM à Disney.  C’est un grand soleil qui nous accompagne, pas trop chaud, donc très agréable pour une visite.  C’est à nouveau l’enchantement des lieux qui nous frappe.  C’est un décor qui nous transporte dans un monde de rêves où tout est beau, propre et amusant.  Les boutiques, les architectures, les terrasses, le paysagement avec ces arbustes sculptés aux formes d’animaux, ces couleurs resplendissantes qui soulignent chaque espace, ces personnages qui enchantent les promeneurs, ces spectacles musicaux aux thèmes variés.   Ici la Belle et la Bête.

 

 

 Il y a tous ces pavillons à visiter dont un, fort intéressant, qui explique la vie de Disney.  D’une découverte à l’autre, la journée passe et bientôt la tombée de la nuit signale le retour au bateau.  

Quelques arrêts en chemin, question de faire des échanges dans un magasin Radio Shack, des achats dans un Super Wallmart et autres commerces parce que Soliton recherche de nouveaux bidons jaunes pour le diesel et des bleus pour l’eau.   Il ne faut pas oublier, nous avons une voiture.  Arrivés à la marina, Gérard et Suzanne sont heureux que le plan d’eau soit calme pour rapporter le tout en dinghy au voilier :  des caisses de bière, de liqueurs, de la bouffe, des quatre litres d’eau et d’autres achats mais ils voient leur espoir s’évanouir.  Aussitôt l’embarquement fait, le vent se lève et la pluie se met de la partie.  Et comme elle disait : «  Nous avons été plus mouillés par les vagues qui embarquaient dans le dinghy que par la pluie. »  Mais cela représente tout un travail de tout sécher à l’arrivée au voilier.  Mais comme tout lendemain apporte une journée nouvelle, c’est vite oublié.  

 

Jeudi, 4 décembre                                                                                                                                                                                                                                                               

 

Ce matin, on reprend la route, je ne peux tout de même pas dire, on reprend l’eau…   Notre destination est Melbourne.  Mais avant de partir, Robert doit retourner la voiture de location. 

Je reste donc au bateau et décide de profiter de ce temps pour passer les coussins du cockpit à l’eau douce.

Je sors le boyau d'arrosage, celui que certains connaissent, en spirales, et je réussis à le brancher au robinet qui est situé près du devant du bateau.  Mais il faut dire que le quai où nous sommes est assez bas par rapport au pont du bateau.  Je place mes coussins sur le pont, je sors mon Hertel, ma brosse douce.  Je me mets en short pour ne pas me mouiller.  Au bout de ce boyau, il n'y a pas de pistolet.  Alors dès que j'ouvre le robinet, l'eau coule du boyau que j'ai en main.  Comme je dois remonter sur le pont, je dépose mon boyau sur le pont et évidemment il fait un tour sur lui-même et éclabousse mes souliers de voile.  Je vais enlever ces souliers et je continue nus pieds. Je dois tirer sur le boyau pour le rapprocher de mes coussins et là, le boyau s'enroule sur les filières; en essayant de le déprendre, forcément j'oublie que le bout tournera sur lui-même ( les spirales ) et voilà que le short est mouillé.  Patiente, je continue et réussis à laver les coussins.   Constatant qu’il y a encore du savon sur le pont, je décide de rincer jusqu’à l’arrière.  Je tire toujours sur mon boyau en faisant attention mais l'eau arrête de couler car le boyau fait un noeud, ne perdant pas une minute, je déroule le boyau pour  le défaire en oubliant qu'après l'eau repartira. Et... quand l'eau est repartie, devinez où le jet s'est projeté, sur mon chandail.  Quand on se bat avec ce genre de boyau, c’est toujours lui qui gagne.  Tant qu'à y être je passe de l'eau fraîche sur le reste du pont et dans le cockpit.  Tout heureuse de la blancheur de mon bateau, je vois arriver mon capitaine qui monte avec ses souliers de promenade sur mon bateau mouillé, aaaaaaah! Les belles traces.  Que j'aime cette vie de bateau et ce boyau d’arrosage que je croyais pratique pour le rangement !!!   Mais les coussins sont propres.  Cette anecdote est une gracieuseté de l’amirale de l’Aquarel.

 

La journée se passe très bien; le trajet est facile mais dans l’avant-midi des vents de 20 à 25 nœuds se lèvent franc sud.  Nous l’avons de face et cela nous fait de bonnes vagues qui viennent éclabousser le pont et le dodger… d’eau salée.  Hé oui ! Clin d’œil ! Bidonnez-vous maintenant !  Vive les apéros !

 

Vendredi, 5 décembre                                                                                                                                                                                                                                                          

 

En route vers Fort Pierce.  Dès le départ, je profite de l’énergie du moteur pour travailler à l’ordinateur.  Je dois dire que je consacre beaucoup de temps pour les communications, les courriels, le journal de bord que j’envoie à Eric pour le site de l’Aquarel ainsi que les photos.  Voici comment cela se passe :  je prépare le journal de bord et les photos dans un dossier à envoyer et j’écris mes courriels à envoyer plus tard sur Yahoo.  Comme nous avons pris un abonnement AOL, je vais dans les marinas et j’essaie d’avoir accès à une ligne téléphonique et grâce à AOL,  je peux me brancher sur Internet et faire mes envois.  Je dois calculer une minute par photo; parfois c’est assez long.  En plus je suis aux Etats-Unis, je me demande quel sera le rendement dans les Îles.  Nous verrons.

De plus, grâce à la radio-amateur, nous avons une adresse winlink.  À cette adresse , nos courriels sont reçus directement sur le bateau et nous pouvons en envoyer.   Nous avons droit à un branchement de trente minutes par jour.  Parfois les messages partent rapidement et à d’autres moments, c’est beaucoup plus lent.  C’est pourquoi il faut demander aux gens de ne pas faire répondre à un message mais bien d’écrire un nouveau message et de plus par ce mode il ne faut pas envoyer de photos.  Ce mode de communication nous permet entre autres de rester en contact avec les gens qui sont sur des bateaux ou à terre et qui ont une radio HF.

 

Une petite pause car Soliton nous demande de s’approcher à son bâbord.  Le capitaine veut nous remettre un colis avec sa perche.  Doucement nous avançons pour être côte à côte, ils ont préparé un plat recouvert de papier aluminium placé dans deux sacs d’épicerie et quelle délicieuse odeur, oh ! Surprise Suzanne a fait un gâteau aux canneberges et elle nous en donne deux gros morceaux encore tout chauds.  Merci les amis ! 

 

Et nous continuons la route jusqu’à Fort Pierce où nous ancrons pour le week-end car j’attends des colis qui arriveront grâce à la collaboration d’un voisin de ma petite sœur du Nord. 

 

Samedi, 6 décembre                                                                                                

 

Matin de grâce, matin de congé.  Nous serons quatre à profiter d’un déjeuner de luxe.  Voilà pour vous mettre l’eau à la bouche : jus d’orange, œufs bénédictines avec sauce hollandaise maison, petits cubes de pommes de terre grillés, salade verte avec vinaigrette à l’ail,  quartiers de pamplemousses et

fraises, café, avec en prime le temps de flâner en dégustant le tout avec nos amis de Soliton.  Qui a pensé que c’était la misère sur un bateau ?

 

C’est encore une journée d’installation; cette fois un filtre à eau et surtout il fallait trouver une place pour les cannettes de réserve pour les Bahamas.  Une fois les cales plaines, on a fini par placer des caisses dans la salle de bain arrière qu’on n’utilise pour du rangement maintenant. 

 

À l’heure joyeuse, Michel du bateau Perouges vient nous rejoindre.  Il est seul et il est à la recherche d’un peu de compagnie francophone pour fraterniser en fin de journée. 

 

Dimanche, 7 décembre                                                                                                                                                                      

Après le petit déjeuner, nous recevons un téléphone qui nous annonce que nos paquets de Laval transportés en voiture par un voisin de ma petite sœur de Laval arriveront à midi à Fort Pierce.   Nous allons à la rencontre de notre courrier, Georges, qui a la gentillesse de d’ajouter cela  à son propre bagage.  Quelle n’est pas notre surprise de découvrir de jolis paquets emballés dans du papier de Noël en plus de notre courrier et de tout ce qui avait été demandé.  Ces jolis paquets devront être ouverts suivant certaines consignes; il y a de quoi s’amuser pour un bon moment.  Heureusement, sur un des colis, c’ est écrit à ouvrir pour consommation immédiate.  Mium ! Mium !  C’est la magie de Noël qui fait son entrée dans l’Aquarel.  

 

 

 

 

Lundi, 8 décembre                                                                          

 

 

Dernière journée de navigation avant d’arriver à West Palm Beach.  C’est un endroit où les bateaux peuvent entreprendre leur traversée.  Sur notre parcours nous avons le loisir d’admirer les demeures extraordinaires à Jupiter Island.  C’est assez amusant de voir les ornements de Noël parer les quais ou les bateaux.

Depuis plusieurs jours, des panneaux indiquent que nous naviguons dans des zones de lamantins, sortes de gros mammifères marins.  La vitesse des bateaux à moteur doit être réduite car malheureusement il arrive que des lamantins soient blessés par des hélices.   Nous avons eu la chance quelquefois de les voir respirer à la surface et plonger aussi vite. 

À notre arrivée dans l’ancrage nous constatons qu’il y a déjà de nombreux bateaux.  Certains attendent une fenêtre météo pour traverser, d’autres reprendront leur chemin vers Miami pour traverser de là.  C’est très confortable comme ancrage et très beau.  Nous sommes entourés sur trois côtés de palmiers et de résidences cossues.  Nous ne voyons pas la mer.   Nous prenons le dinghy pour aller à terre et nous devons nous attacher à des clôtures Frost pour descendre près d’un petit pont qui nous mène dans les centres commerciaux et aux épiceries.  Il faut être très prévoyant et assurer la sécurité de tout sur le bateau.  Donc il est nécessaire d’être muni de filin d’acier et de bons cadenas pour le dinghy.  Sur le pont du voilier, nous barrons également les bonbones de gaz propane et les bidons de diesel, d’eau et d’essence.  Mieux vaut prévenir que guérir. 

 

Mardi, 9 au 22 décembre                                                                   

 

Bien ancrés à West Palm Beach, Soliton et Aquarel espèrent Images.  Depuis quelques temps la flottille a  perdu un tiers de ses effectifs mais nous gardons contact et nous souhaitons voir Louise et Guy au plus tôt.  Ici des bateaux arrivent tous les jours et d’autres repartent.  Certains profitent d’une courte fenêtre météo, d’autres descendent en à Miami en attendant la traversée.  Puis il y a ceux qui s’en vont dans les Cays et à Cuba. 

C’est vraiment le temps des derniers préparatifs pour tous.  Une fois dans les îles, les pièces de rechange pour le bateau ou certains produits alimentaires ne seront plus disponibles aussi facilement.  Alors il est temps de faire une révision complète et d’ajuster l’inventaire, de faire les achats des derniers accessoires et de s’assurer que le bateau est en parfait ordre technique. 

A chaque message qu’on envoie à Guy et Louise, nous les encourageons dans leur attente sachant bien que cela doit les désespérer d’avoir ce problème de transmission qui semble résister à la réparation.  Mais ils finiront bien par nous rejoindre.  Du côté de Soliton, c’est un rendez-vous aux Bahamas qui les tracasse.  Hé oui toute la famille de Suzanne sera à Nassau pour le Temps des Fêtes et ils auraient dû y être puisqu’ils sont partis de Québec depuis juillet.  Mais le hasard et la météo en ont décidé autrement.  Les rendez-vous dans les Îles avant la traversée sont toujours difficiles à réaliser.  Il y aura bien une solution.  Il n’y a pas de fenêtre météo ces jours-ci et nous essayons tant bien que mal de les distraire après les journées de travail.  Quelques apéros suivis de soupers partagés ont réussi à détendre l’atmosphère.

 

Les jours passent, les capitaines s’affairent, Suzanne et moi complétons nos provisions.  Image n’est toujours pas là mais le 10 décembre, bonne nouvelle, ils prennent la route vers nous.  Ils sont à cinq jours de navigation.  Ils feront les escales de notre passage, Daytona Beach, Titusville, Melbourne, Fort Pierce, seront obligés d’y rester une journée de plus à cause de grands vents et de pluie abondante et finalement le 15, l’étrave d’Images se pointe dans notre baie pour notre plus grand plaisir.

C’est le temps des retrouvailles.

 

Nous les attendions avec impatience.  L’heure de l’apéro est particulièrement joyeuse ce soir-là et le souper qui suivit nous a permis de se raconter nos dernières aventures réciproques.   Nous en profitons pour ouvrir les sacs cadeaux reçus par courrier spécial, pour les trois équipages.  C’est une attention délicate fort appréciée de ma petite sœur du Nord.  À la fin de la soirée, l’équipage de Soliton nous annonce avec tristesse qu’ils doivent partir le lendemain pour Miami parce que s’il n’y a pas de fenêtre météo avant Noël, ils devront prendre l’avion de là-bas pour se rendre à Nassau et revenir après les Fêtes à Miami, reprendre le bateau pour continuer le voyage.  La flotille perd à nouveau le tiers de ses effectifs.  Nous nous retrouverons dans une île et sans rendez-vous fixe cette fois. 

 

La radio du capitaine nous confirme à chaque matin qu’il n’y a pas de fenêtre en vue.  Cela permet à l’équipage d’Images de finaliser leurs préparatifs et de se promener un peu dans cette nouvelle escale.  N’oublions pas que nous sommes en vacances peu importe où se retrouvent nos bateaux.  Nous commençons à planifier un souper traditionnel pour Noël.   Nous essayons de combattre la nostalgie de ne pas être avec les nôtres pour le Temps des Fêtes.   Après, cela ira beaucoup mieux, la nostalgie fera place à l’émerveillement des Îles.  

 

Une fenêtre météo s’annonce pour le 24 et 25 décembre.  Nous pourrions faire une belle traversée mais il faut qu’Images soit tout fin prêt avant d’entreprendre ce voyage et nous ne le saurons que mardi soir.  Nous n’avons pas le cœur de les laisser en arrière pour Noël; donc c’est ensemble que nous partirons ou nous attendrons la prochaine fenêtre. 

 

Aujourd’hui j’envoie peut-être le dernier journal de bord de la Floride.  Si nous traversons cette fois, ce sont des îles que notre aventure vous parviendra.  Nous avons très hâte de se retrouver dans ces eaux turquoise et chaudes. 

 

Noël à West Palm Beach                                                          

 

Finalement nous n’avons pas pris la fenêtre météo du 23, 24 décembre.  Nous avons donc organisé notre Noël avec le bateau Images et cela dans la plus pure tradition, réveillon et souper de Noël s.v.p.

 

Comme nous avions décidé de faire un échange de cadeaux, nous étions fébriles d’aller choisir ce qui ferait plaisir tout en respectant notre mode de vie marin et bien entendu l’espace.  La préparation du réveillon s’est faite avec beaucoup de plaisir et on a décidé de faire notre réveillon à l’heure de Greenwich c’est-à-dire plus tôt que minuit. 

 

 

La table montée, les petits plats transportés en dinghy, les cadeaux enveloppés, les chapeaux de lutins, le bon vin, l’atmosphère était à la fête.  Nous avons apprécié la présence de nos amis qui apportait un baume sur l’absence des enfants et la famille.  Nous avons décidé de profiter de ce moment au mieux.  Aussitôt le repas terminé, c’est avec beaucoup de plaisir que nous avons découvert nos surprises mutuelles.  En fin de soirée, notre chez-nous ressemblait à notre Noël habituel : les cadeaux rassemblés, les emballages défaits à mettre dans un sac vert, la vaisselle empilée, la table dénudée et le bonheur dans les yeux.  Les amis devaient repartir, en dinghy, et le rendez-vous était déjà prévu pour le lendemain.

 

 

Le souper de Noël sur Images ne pouvait être plus réussi.  J’avais fait cuire des poitrines de dinde au presto, la sauce, des atocas faits maison, préparer du jello au citron et aux ananas, du pain français et Louise a fait SA tourtière, les pommes de terre pilées, les petits pois, a placé sur la table des betteraves maison et des petits cornichons donnés par sa famille; le gâteau au fromage et la sauce aux cerises ont complété ce festin arrosé de bon vin encore.  La partie de cartes est venue clore cette magnifique soirée. 

 

Pendant ce temps nos amis, Suzanne et Gérard de Soliton, ont fait la traversée de Miami à Nassau, en compagnie du bateau Imagine.  Quelle belle façon de passer la nuit de Noël !  Cette traversée de 28 heures s’est très bien déroulée et ils ont pu enfin retrouver leur famille. 

 

Maintenant que Noël est passé, notre quotidien reprend; l’écoute de la météo, la lecture des prévisions de météo par les bouées de météo, les communications avec le réseau du capitaine ou le réseau des petits bateaux, pour connaître la prochaine fenêtre, l’attente du colis d’Images, la fameuse transmission et la « dernière épicerie ». 

 

28 décembre, la transmission est enfin livrée à la marina.  Guy la récupère très tôt ce matin.  L’installation se fait en deux temps, trois mouvements et ils sont prêts pour les essais.  On se croise les doigts car on pourrait peut-être traverser mardi, le 30.  La nouvelle année se fêterait à West End ou Lucaya.   Qui sait où les vents nous porteront !

 

Mardi, 30 décembre                                                                                                

 

La traversée de West Palm Beach à Lucaya aux Bahamas.

La météo est bonne, nous avons enfin une fenêtre pour traverser.  Des vents de 10 nœuds et moins du ESE, une mer calme et une température très agréable.  Distance à parcourir :  59 mn .  Vitesse estimée 4 à 5 nœuds.  Le cap magnétique sera de 135 degrés  et nous avancerons en crabe à cause du courant du Gulf Stream.  Le départ est prévu dans l’inlet de l’île Peanut pour 17 heures et l’arrivée vers 9 heures.  C’est sous un ciel étoilé avec une lune magnifique que nous filons nos premières heures de navigation de nuit.  Déjà nous avons eu le temps de voir l’eau prendre la couleur bleu soutenu.  Trois heures après le départ, les lumières de la rive américaine sont blafardes et nous laissent seuls avec comme seul repère, les feux de navigation de deux autres voiliers qui glissent vers la même destination.   Je me permets d’insérer deux courriels  écrits un  à minuit et demi et l’autre à 7 :00 durant cette navigation.  Ils ont été envoyés directement du bateau grâce au Pactor II, par la radio HF.

  

Photo en temps réel.

Mercredi, 31 décembre 2003  0:30h.

 

Bon matin petite soeur du Nord de la petite soeur dans le Gulf Stream

 

Alors que tu rêves aux anges, je navigue sous les étoiles en écoutant Jean-Pierre Ferland et Michael Bublé ( dis-le à Jean)   Nous sommes partis comme prévu dans l'inlet à 17 heures hier et nous avons fait la première heure à la clarté, la deuxième à la brunante, la troisième aux reflets du ciel des grandes villes côtières et la suite sous le manteau d'une lune brillant de ses millions d'étoiles. La température est douce et la mer est calme.  Nous sommes trois voiliers dont Images et un autre voilier canadien Vagus V à environ deux milles devant nous.

A mesure que la noirceur est tombée, j'étais très attentive à trouver des repères. Je voyais la terre s'éloigner jusqu'à devenir une ligne d'horizon, puis mon attention s'est tournée vers les bateaux autour car près des côtes, il y avait quelques pêcheurs, un cargo au loin et un autre qu'on a pu repérer grâce au radar.  Quelques bateaux à moteur puis plus rien sur le radar, ni à vue, que les feux de navigation des trois voiliers, seuls au monde.

Aquarel, telle une petite coquille de noix,  se retrouve dans cette immense océan mais flotte allègrement vers sa destination.  Depuis quelques heures , le profondimètre ne peut plus calculer la profondeur; alors il a décidé de rester silencieux.  Notre moteur ronronne heureux de reprendre du service.  Nos voiles sont encore au repos car nous avons le vent dans le nez;  ce qui veut dire qu'elles ne pourraient nous faire avancer.

Puis peu à peu, on se sent plus rassurée; on écrit sur la carte notre progression heure après heure et en ce moment nous avons à peu près la moitié du chemin de fait. Nous sortirons du Gulf Stream d'ici peu, je n'ai pas vu de pancarte encore qui l'annonce... hahaha !!!

Ce qui est le plus extraordinaire c'est de voir le clair de lune se refléter dans l'eau dans un large sillon et la voûte étoilée .  Vraiment j'aimerais aller me coucher sur le pont mais ne t'en fais pas je ne peux pas le faire car dès que je mets les pieds dans le cockpit je suis attachée à un  harnais qui me donne à peine six pieds de jeu.

J'ai sommeillé deux heures et je serai de vigie pour un moment maintenant afin de permettre à Robert de dormir un peu. 

C'est une aventure extraordinaire.  J'ai hâte de voir la luminosité de l'aurore.

Je remettrai cela pour vous partager mes émotions.

Tout va très bien

Bisous

Jocelyne

 

Mercredi, 31 décembre  7:40h.

 

Bonjour,

Nous sommes encore en navigation, donc depuis bientôt 15 heures.  Nous longeons la côte en passant devant Freeport.  Le lever de soleil à 7 heures a été majestueux;  son accueil a été fort apprécié.  Nous accostons à la marina de Lucaya Village à 9:00h..  Nous avons installé notre drapeau jaune de quarantaine, obligatoire avant de passer aux douanes. 

Nous avons peu dormi et je crois que ce sera une journée de repos bien méritée.  Il nous reste à bien négocier l'entrée avec l'énergie qu'il nous reste.

Je suis fatiguée et les yeux me ferment.

Donc je te laisse là-dessus.

C'était formidable... C'est beau, beau, beau  On est fou comme des balais.

Bisous

Jo

 

Mercredi, 31 décembre                                                               

 

Dernière journée de l’année.  Nous sommes enfin aux Bahamas pour sauter dans la nouvelle année.   On croit rêver.  La marina de Lucaya Village est très moderne, spacieuse et protégée des vents.  De très beaux quais de ciment avec de gros piquets de bois pour s’attacher permettent d’amarrer notre bateau de façon sécuritaire.  Ici il y a une marée de quatre pieds.  Il est parfois difficile de descendre de notre bateau à marée basse.   Pour un quarante pieds, cela coûte 50 dollars par jour,  plus 5 $ par pour l’eau et l’électricité au kilowatt/heure.  Il y a de belles douches, une buanderie, de grands jardins avec des arbres gigantesques, des palmiers, des fleurs,  des balançoires accrochées à certaines branches d’arbres et une piscine entourée d’une terrasse avec bar.  C’est un endroit magnifique, on y passe quelques temps; nous sommes à deux jours de Nassau. 

 

La journée du 31, on se repose et on se promène un peu pour profiter de la place.   Nous préparons un souper avec Images, digne de cette journée, vive les pots Masson, donc coq au vin, accompagnements et bien sûr la bouteille de champagne. 

 

 

Mais impossible de se rendre à minuit,  nous tombons de sommeil.  Et c’est la tête remplie d’images du sud avec le bonheur de s’être dépassé qu’on glisse dans un sommeil réparateur et combien mérité.