|
|
|
|
1er au 30 avril 2004 Vendredi, 1er avril
L’ancrage est très bien protégé. C’est une baie assez profonde entourée de montagnes. Donc notre nuit a été très calme et notre sommeil réparateur. Nous étirons notre matin comme les jours sans navigation. Le coût de la vie est très bas ici et Maria qui travaille à la marina offre de faire la lessive aux navigateurs pour 100 pesos par brassée; inutile de s’en passer. Nous allons donc porter notre lessive à Maria et nous laissons nos bidons de diésel à la marina qui se charge d’aller les remplir à une station service. De là nous prenons une route pour se rendre à pied du côté des hôtels où nous pourrons s’offrir un buffet avec bière et vin à volonté. Voilà une excellente idée qui nous permet de se détendre et de préparer les prochaines journées touristiques à Puerto Plata et à Santo Domingo
Samedi, 3 avril C’est une journée de visite à Puerto Plata. Nous prenons un guagua ( lire wawa ) qui est une mini fourgonnette à 9 places mais il entrera au moins vingt personnes en cours de route. C’est un peu l’autobus local. Assez typique comme voyage !! Cela nous permet de traverser de petits villages assez pauvres à première vue. Ils bâtissent leurs maisons soient avec des blocs de ciment ou avec des matériaux qu’ils trouvent. Leur environnement est magnifique vu le pays montagneux. Nous sommes très loin des îles arides des Exumas. À l’arrivée à Puerta Plata, la circulation s’intensifie. Il y a partout des motos 100cc avec jusqu’à quatre personnes dessus. Ils roulent très vite et passent même sur les trottoirs. Le bruit de la ville est incroyable. Les motos, les camions, les voitures, les autobus, tout le monde klaxonne car les signaux de circulation sont peu présents. La ville est pauvre avec quelques édifices mieux entretenus. Nous avons visité un joli parc Puerto Plata’s Glorieta et une petite promenade au bord de la mer nous a conduits jusqu’au fort San Felipe avoisinant le port commercial.
La vue est très jolie mais il n’est pas recommandé de s’ancrer à cet endroit, le bruit est infernal et le port n’est pas propre. Des enfants mendient et c’est impressionnant de voir tant de gens vivre dans de toutes petites maisons. La République Dominicaine est la source la plus large au monde d’ambre clair. On retrouve une gamme large de bijoux confectionnés avec l’ambre. Il y a également le larimar, couleur bleu clair, qui est la pierre représentant l’île. Est attribué à l’ambre, l’énergie, le positivisme et le bien-être; à la larimar, la créativité, la paix et l’espoir.
Dimanche, 4 avril Quelle journée !! Réveil tôt, départ pour une journée d’expédition. Nous avons réservé le guide José très connu ici. Il nous attend sur le quai avec deux chauffeurs pour les mini-vans. Il parle espagnol et anglais. Nous sommes 12 et nous allons commencer notre journée par une visite active aux cascades naturelles. Environ une heure de route qui nous permet d’admirer les montagnes avec sa végétation diversifiée. Nous passons près d’une plantation de canne à sucre, un peu plus loin, des palmiers, des cocotiers, des arbres feuillus. La route rétrécit, elle devient un sentier dans la montagne et on s’arrête. Notre guide José nous explique que deux « Water Guides » vont nous prendre en charge pour nous aider à grimper dans les cascades. À partir de ce point, nous sommes en maillot de bain et nous pouvons apporter les caméras submersibles. Notre périple commence par une longue marche dans un sentier en forêt; à plusieurs reprises nous devons traverser des ruisseaux tout en combattant le courant avec de l’eau aux genoux. Arrivés au pied des cascades, le décor qui s’offre à nous est hallucinant. Il y a vingt-huit niveaux mais il est prévu que nous en monterons sept. Étape par étape les guides nous expliquent quoi faire. Au départ, un par un, nous devons nager, dans un bassin pour se rendre aux pieds de la première cascade.
Nous commençons notre aventure. Entre chaque niveau nous devons nager face au courant parfois, il y a une corde pour se tirer d’autres fois non. Au deuxième niveau, nous sommes rassemblés sous une corniche près d’une chute et là, le guide nous explique que nous devons placer un pied dans une loupe de corde pour ensuite donner la main à l’autre guide et placer l’autre pied sur une marche qu’on ne voit pas qui se trouve dans le tourbillon de la chute où nous devons se lancer la tête y compris. Le courant est tellement fort que plusieurs d’entre nous, dont moi-même, retombent à l’eau et sont repêchés aussitôt. Finalement après trois essais j’y suis arrivée et l’énergie s’envole à mesure de notre progression. Ces cascades sillonnent des parois rocheuses et autour les arbres sont tellement hauts que le soleil ne nous rejoint pas. Quand le guide nous dit de nager, c’est dans un cours d’eau sillonnant, alors nous devons attendre le signal pour partir un à un et nous ne voyons pas d’avance ce qui nous attend. Contre le courant tout le temps, les relais sont de courte distance mais cela devient très difficile pour nous de combattre la fatigue et l’hypothermie. Le décor est majestueux, le bruit infernal! C’est un nouveau défi à chaque palier. Plusieurs ont pris des gorgées d’eau. Les guides ont décidé d’arrêter au cinquième palier comme tous les groupes qui ont suivi car le courant était trop fort. Mais là n’arrête pas cette aventure, il fallait redescendre. Et la seule façon est par le même chemin. Nager avec le courant ça va et aux cascades bras repliés, on glisse vers l’autre palier. Ouf! Au dernier palier, un saut de 15 pieds, dans le bassin de départ, nous attend. Le boîtier immersible pour notre caméra a passé le test. La caméra fonctionne toujours. Remis de nos émotions, c’est l’heure du lunch, dans un restau. En après-midi, nous avons visité un jardin botanique créé en pleine nature de la République Dominicaine. Nos yeux se sont délectés des beautés de plusieurs fleurs dans leur habitat naturel.
Nous avons eu la chance également de voir une pratique de combat de coqs, très prisés ici. Ces coqs ont une nature vindicative sans aucun doute.
Lundi, 5 et 6 avril
Journées de grâce, il faut soigner nos muscles endoloris suite à notre escapade. De plus, plusieurs d’entre nous ont des nausées et des maux de ventre. Comme notre horaire est chargé à partir de mercredi, vaut mieux refaire les énergies. Nous accompagnons tout de même l’équipage de Iguazu pour déguster une pizza maison que Rosalina nous sert sur sa terrasse à Luperon.
Mercredi, 7 au 9 avril. Santo Domingo.
Nous avons fermé le voilier pour trois jours. Nous partons pour Santo Domingo en autobus. C’est un voyage qui dure quatre heures trente et qui nous fait traverser la République Dominicaine dans toute sa largeur en nous menant du côté de la mer des Caraïbes. Le voyage nous permet de découvrir la vie des gens à l’intérieur de l’île. C’est aussi un spectacle de montagnes et de vallées magnifiques. Dans les campagnes, les gens ont de petits lots de terre et ils vendent à leur porte leurs produits. À l’approche des villes, les gens sont plus à l’étroit et leur maison est souvent bâtie avec des matériaux divers trouvés ça et là. Nous avons eu la chance de voyager sur une autoroute pour une bonne partie du parcours. Ce qui était étonnant, c’était de voir des gens avec des étalages de produits sur l’autoroute; sur une portion nous pouvions voir plusieurs vendeurs de pièces en terre cuite, un peu plus loin c’était des pièces en bois, en voilà d’autres qui ont des cages avec des poules, des coqs et des oies et même pour certains ce sont des viandes fumées et fumantes sur place en gros quartiers. Nous avons réservé un hôtel pour deux soirs. Le premier matin nous avons décidé de prendre le petit déjeuner dans un restaurant combiné à une boulangerie. Un jus d’oranges fraîchement pressées, du café au lait et des croissants et nous voilà prêts pour notre visite. Pendant le déjeuner, nous avions remarqué des petits cireurs de chaussures que des policiers repoussaient loin du restaurant. À notre sortie, j’ai voulu poster des cartes postales près d’une pharmacie et comme j’avais de la difficulté à les placer dans cette boîte, un petit cireur s’est précipité sur mes souliers de course pour les blanchir; mes souliers n’en avaient pas besoin mais j’ai eu énormément de difficultés à repousser ces enfants. Ils insistaient même auprès des autres du groupe. Ils étaient bien sept ou huit à nous suivre sur plusieurs pâtés de maisons et à redemander à cirer nos chaussures. Ils sont très persévérants. Dans les villes, il y a des quartiers pauvres et d’autres mieux nantis. À Santo Domingo, nous avons visité la partie coloniale qui date des années 1500 et plus; en passant par la cathédrale, Alcazar Columbus Castle, le jardin des curés et celui du poète. Le quartier touristique offre plusieurs restaurants et de très jolies boutiques sur une rue piétonnière.
Et au cœur de la ville, les enfants…
Malheureusement marcher dans la ville nous fait voir aussi les déchets qui traînent sur les trottoirs, dans les rues et même dans les espaces verts. L’environnement ne fait pas partie de leur priorité. Plusieurs bâtiments sont laisser en plan et les nids de poules sont plus que nombreux. Même le bord de la mer près du port offre une triste image de déchets déversés par les habitants. Le lendemain retour à Luperon dans un autobus grand confort. Heureux de retrouver l’Aquarel sur laquelle veillaient Yvan du bateau Ascienda et Michel de Pérouges. Un autre modèle d’entraide entre voyageurs.
Samedi, 10 avril
Une petite visite éclair à Santiago, question de refaire nos provisions d’aliments frais. Seul les magasins de grandes surfaces sont ouverts. C’est samedi Saint et en République, la religion revêt une grande importance. Les fêtes de Pâques sont particulièrement mises en évidence et la population se prépare de façon grandiose pour cette fête religieuse.
Dimanche, 11 avril
Nous allons fêter Pâques ensemble en se donnant une journée relaxe. Comme depuis notre arrivée, il fait une chaleur torride, nous décidons de passer la journée à se prélasser sur des chaises longues, à profiter de la piscine et de la plage d’un des cinq hôtels de Luperon après avoir déguster leur buffet du midi. La petite promenade à pied qui nous y conduit prend environ vingt minutes. La route en pente, moitié terre, moitié asphalte nous réserve quelques surprises. Nous pouvons voir la baie, calme, avec ses dizaines de bateaux au mouillage. Plus loin, nous apercevons des paons en liberté ainsi que des poules, des vaches au milieu de notre chemin qui broutent tranquillement. Une seule voiture, une jeep, passe; autour, aucune maison. C’est le silence, c’est une promenade dans un moment en suspens dans le temps, accablé sous un soleil de plomb.
Lundi, 12, 13, 14 avril
Journées de préparation au départ vers Puerto Rico. Hé oui! Je sais, c’est toujours long préparer un départ; on doit réviser diésel, essence, huile à moteur; s’assurer que la route est bien en place sur les GPS et l’ordinateur. Préparer la bouffe pour les prochains repas afin de faciliter l’accès quand le ventre se fera quémandant sans compter les dernières vérifications de météo matin et soir. Nous allons bientôt quitter la quiétude de notre ancrage et se lancer à nouveau à l’aventure. Les températures se maintiennent dans les 28-29 degrés. Nous commençons à ressentir le besoin d’avoir des tauds, sortes de parasoleils, à installer au-dessus du carré et de la pointe du bateau lors des ancrages car la chaleur est de plus en plus intense. Ce matin Robert a retenu les services d’un plongeur pour un carénage de la coque de l’Aquarel. Le travail s’est fait en deux heures pour la modique somme de 35$ U.S. L’Aquarel est prête à filer sur la mer sans frein d’algues ou de coquillages; à vrai dire, c’était surtout la ligne de flottaison dont la taille s’est amincie. Demain départ pour Puerto Rico en fin d’après-midi.
Mercredi, 14, 15, 16 avril
14 avril. Cette partie du journal est écrite en navigation. Tôt ce matin, nos capitaines sont passés aux douanes de Luperon pour la clairance i.e. obtenir les papiers de départ de ce pays. Ils ont déboursé 11$ de frais de déchets et d’amélioration portuaire et 15$ de plus car nous avons passé plus de sept jours sur place. Bon nous pouvons maintenant lever l’ancre. Midi, c’est un départ pour Puerto Rico. Cette traversée durera 50 heures; les premiers 24 heures, nous les ferons en longeant la côte nord de la République Dominicaine, ensuite suivra le Mona Passage vers Puerto Rico. La météo nous est favorable. 20:00h.
Nous avons
des vents de 12 à 15 nœuds de l’Est; une houle ENE de 3 à 6 pieds aux 6
secondes. Comme nous nous dirigeons vers l’Est, nos voiles sont levées et le
moteur reste en marche pour assurer une vitesse d’au moins 5 nœuds. Autrement
dit nous avons le vent dans le nez !! Les considérants étant : une bonne
fenêtre météo, une distance à parcourir de 250 milles nautiques, arrivée prévue
de jour en début d’après-midi, il reste à faire avancer l’Aquarel le mieux
possible de façon la plus confortable pour nous. Le soleil s’est transformé en une boule de feu vers les six heures tout en disparaissant à l’horizon. La nuit s’est installée en laissant trois petits voiliers au milieu d’un océan. Nos yeux s’habituent à la vision de nuit et commencent les quarts de veille. Pendant notre quart, il faut surveiller Marco, le pilote automatique qui suit son cap et faire les corrections de degrés quand le courant dévie; il faut surveiller le radar pour prévoir la présence de d’autres bateaux et leur direction; le radar nous indique aussi l’arrivée de nuages de pluie torrentielle; il faut surveiller Polo, notre ordinateur qui nous dessine le parcours de l’Aquarel sur le route déjà tracée; il faut surveiller nos GPS qui sont là pour nous indiquer notre position, pour nous guider dans le choix du cap à suivre et qui nous démontrent si le courant nous dévie de la ligne tracée de la route. On observe la variation des vents, leur force et l’effet sur les voiles. Pour se distraire, on observe les étoiles. Nous allons écrire notre position sur les cartes papier aux quatre heures. Si le sommeil nous gagne malgré tout, il faut manger, boire et bouger. Tout cela en portant nos harnais de sécurité bien attachés à nos lignes de vie. 15 avril. Quand l’aurore se pointe, nous avons droit à un lever de soleil alors que le ciel s’empourpre aux couleurs de rose, de mauve et de bleu. Le jour reprend ses droits en laissant un peu de répit aux navigateurs. Chaque matin est une victoire surtout après une nuit sans lune.
Le 15 au matin, encore sous l’emprise du sommeil, il faut organiser le déjeuner; un bon café nous redonne notre entrain. Une deuxième journée commence. Infatigable, l’Aquarel avance vers son but. Nous essayons de dormir un peu en alternance car la deuxième nuit viendra vite. Au coucher du soleil, nous mangeons de clarté, nous préparons le cockpit pour la nuit en rangeant tout ce qui n’est pas nécessaire et en plaçant déjà les harnais à portée de main car dès la noirceur nous les endosserons. Une deuxième nuit se prépare. Voilà qu’à la brunante Robert voit une baleine assez loin tout de même; elle ne m’a pas attendue, elle est disparue. Peut-être que mon capitaine a eu une hallucination, on ne sait jamais quand les heures de sommeil sont coupées ! Mais bon je veux bien le croire. Nous avons passé le Mona Passage pendant la deuxième nuit. Nous sommes chanceux, nous avons été bien routés. Les conditions sont bonnes et ce passage se fait en douceur. C’est le dernier bout difficile. Maintenant que nous sommes à la porte des Iles Vierges, la navigation deviendra plus facile. 16 avril. Nous avons réussi à garder une excellente vitesse et nous arrivons quatre heures en avance sur l’horaire prévu. Toute la matinée, nous avons vu Puerto Rico se dessiner à l’horizon et nous entrons dans le baie de Boqueron finalement à 10 :30 h. du matin. Fourbus mais heureux, c’est sous un soleil magnifique que nous glissons vers notre ancrage. Cette baie est grande et tranquille. Sur fond de montagnes, se dressent des palmiers en bordure du littoral et des plages. Quelques constructions privées modernes s’y retrouvent. Nous sommes en sol américain. Le drapeau de quarantaine fera place au drapeau portoricain.
Samedi, 17 avril
Nous ne naviguons pas aujourd’hui mais le réveil-matin sonne à 5 :30h. C’est une longue histoire! Hier nos capitaines sont descendus pour téléphoner aux douanes afin d’enregistrer notre arrivée. On leur a répondu qu’ils devaient se présenter à l’immigration en dedans de 24 heures à Maya güez. Ils se sont mis à la recherche du seul taxi à Boqueron; ils ne l’ont pas trouvé mais Robert a fait du pouce et une jeune dame portoricaine s’est arrêtée et leur a offert de les aider. Margarita les a conduits au bureau touristique pour au moins un enregistrement dans la place et leur a proposé de nous conduire tous à Mayagüez le lendemain matin moyennant un dédommagement. Finalement ce matin, nous avons appelé Margarita à l’heure convenue, 6:30h.. Elle est venue nous chercher au quai à 7:00h. car le bureau allait ouvrir de 7 à 8 heures pour nous. Elle nous a donc conduit à Mayagüez au bureau de l’immigration, puis dans un centre d’achat immense et moderne, dans un magasin type « Bureau en gros » et pour finir nous avons fait un arrêt dans une boulangerie. Retour à Boqueron pour une promenade dans cette ville balnéaire et un dîner sur une terrasse. À Boqueron, les rues sont très étroites. Il y a de nombreuses boutiques touristiques. Sous les parasols, on offre différents mets à savourer. Nous retrouvons à Puerto Rico les facilités américaines avec l’amabilité chaleureuse des gens du sud. Le meilleur des deux mondes.
La langue espagnole est prédominante et la monnaie américaine est utilisée. De très jolis condos sont bâtis dans un canal et devant leur demeure chacun amarre à un quai son bateau-moteur. Les plages sont magnifiques. Finalement Boqueron, c’est chaud, c’est coloré, c’est vivant, c’est accueillant.
Dimanche, 18 avril
Il faut croire que nos capitaines ont des fourmis dans la coque car très tôt ce matin, ils se consultaient pour un départ demain matin vers Cayo Rojo et le jour après pour l’île de … je vous laisse deviner. Le reste de la journée nous a permis de vaquer à diverses occupations : vérification du moteur, nettoyage à l’intérieur, un bain pour les coussins du cockpit et préparation de l’apéro de ce soir sur l’Aquarel.
Le temps nous file entre les doigts et déjà il faut aller au lit.
Lundi, 19, 20, 21 avril
Cinq heures du matin, le réveil-matin sonne. On ne se fie pas juste sur les coqs, ils pourraient oublier de chanter. Nous avons une heure avant le départ. La navigation se fait tôt le matin car nous profitons d’une mer plus calme; notre guide de Van Sant nous explique très bien que dans les eaux de Puerto Rico du côté sud, un courant équatorial combiné au vent diminue notre vitesse; c’est pourquoi même pour quelques heures de navigation, il faut les faire très tôt alors que le vent n’est pas monté. Pour les trois prochains jours, nous allons faire des sauts de grenouille : de Boqueron vers Cabo Rojo, puis Gilligan’s Island et finalement Ponce.
Cabo Rojo. Ancrage un peu houleux. La flottille est seule. Devant nous le cap aux couleurs rouille surmonté d’un fort lumineux. Après quelques heures de repos, nous décidons d’aller explorer en dinghy près du cap. Cette escapade nous a permis une belle découverte. En contournant le cap, nous découvrons qu’il se creuse en son centre et s’ouvre sur un lagon d’une beauté incroyable. Au fond, une plage magnifique au sable doux; la baignade est formidable; l’eau est aussi chaude que dans une piscine chauffée. Et quel paysage car le cap s’élève comme une falaise de rochers rouges d’où le nom Rojo ( rouge en espagnol ) où les vagues de la mer viennent en sculpter les abords.
Gilligan’s Island. Ancrage très calme. La flottille est seule. Toute la journée et toute la nuit, le ciel est nuageux et nous avons droit à la pluie en bruine intermittente. Les levers à 5 heures sont difficiles à récupérer. Nous n’avons pas rencontré Gilligan; je me demande s’il est parti en voyage. Ponce. Ancrage Le ciel est encore nuageux. J’écris le journal de bord assise dans le cockpit. Nous suivons la côte à deux milles. Devant moi, je vois les montagnes dans une brume aux nuances perceptibles dépendant de l’éloignement de chacune. Sur le rivage, des constructions, des habitations parsemées et de petites agglomérations. La mer reflète les caprices du ciel. Le soleil tente de se faire une place de ses pâles rayons mais les nuages ont gagné la partie. L’arrivée à l’ancrage de Ponce se fait en douceur. Nous repérons le Yacht Club devant lequel nous ancrons. C’est une petite baie bien abritée. Une longue promenade en bois est construite en bordure des pavillons entourés de palmiers. En après-midi nous allons faire un tour à Ponce en taxi. Au retour, un peu de repos et nous avons la chance en soirée d’entendre un concert très doux, un chanteur espagnol avec guitare et quatro. C’est un peu magique d’être sur un voilier à l’ancrage par une soirée douce, une légère brise et cette musique qui nous enchante. Le temps fuit dans un instant gravé en mémoire.
Jeudi, 22 avril
Je prends l’avion samedi matin vers Montréal pour un séjour d’une semaine. Il faut terminer les préparatifs. Il est convenu que nous louons une voiture demain matin pour se rendre à San Juan. Nous visiterons le vieux San Juan durant la journée; puis nous coucherons à l’hôtel pour être à proximité de l’aéroport car samedi matin mon vol est très tôt. La journée s’écoule rapidement. Nous finissons la journée par un souper dans un restau tout près de l’ancrage.
Vendredi, 23 avril La journée commence par une balade en taxi jusqu'à l’aéroport de Ponce ou nous louons une voiture pour deux jours, durée du séjour à San Juan. En deux heures, nous y sommes. Nous avons traversé l’île sur une autoroute moderne en profitant d’un paysage de montagnes et de vallées.
Puerto Rico est grouillante d’activités; cette île a une population de plusieurs millions de personnes et l’arrivée à San Juan souligne sans équivoque cette réalité. De grands édifices, des hôtels magnifiques, un système routier achalandé, de nombreux centres d’achats, des commerces variés et en prime, un West Marine où nos capitaines nous entraînent évidemment. Quelques heures plus tard, les achats de nos capitaines bien rangés dans la voiture, les amirales se demandent si les sacs d’épicerie du lendemain trouveront place. Le reste de la journée se déroule dans le plaisir de la découverte de cette ville avec ses rues de petites boutiques, ses architectures vieillottes côtoyant les plus modernes, le système d’autobus local, les gens qui y vivent sans trop se presser. Nous finissons notre après-midi dans le vieux San Juan ou les remparts de la ville ont vu s’ériger au fil du temps des constructions nouvelles mettant en valeur leur prestance. Le vieux San Juan est très intéressant à visiter et nous laisse des images plein la tête.
La journée se termine sur un fou rire incontrôlable quand nous arrivons à l’hôtel où nous avions réservé pour la nuit; il n’était pas question de dormir à cet endroit. Difficile à décrire mais c’était douteux et situé comme sur la route de service du Métropolitain. Il a donc fallu repartir à la recherche d’un autre hôtel pour s’assurer une nuit confortable.
Samedi, 24 avril au 1 er mai
La rédactrice prend congé du site et … prend l’avion pour le Québec, désolée, de retour la semaine prochaine. Je retourne voir la famille, prendre contact avec les amis mais surtout régler des tas de petites choses qui font la joie des gens de terre : rendez-vous à la banque, impôts, emplettes, renouvellement du permis de conduire etc…. Mon capitaine m’attendra à Ponce. |