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1er au 30 juin 2004

 

Mardi, 1er et mercredi, 2 juin                                                                

 À la première heure de l’aube, Frédérique doit prendre son vol pour Montréal.  Elle part avec nostalgie. 

Quelques heures plus tard, nous prenons la route vers Virgin Gorda.  Nous devons arrêter à la marina de Spanish Island pour dédouaner car nous sommes en route pour St-Martin. 

Les premières heures se feront à voile mais il faut s’y résigner, la route se fera à voile et moteur.  Ce vent de l’Est persiste à nous prendre de front.  La houle nous brasse un peu;  nous surveillons le décompte des 80 milles nautiques de cette traversée.  L’équipage est un peu affaibli;  mon capitaine traîne une otite, mon matelot a le mal de mer et pour ma part, une entorse au coude droit me fait souffrir.  La nuit est longue mais nous nous en sortons bien et au lever du soleil, St-Martin est en vue.  L’approche est facile à Marigot Bay et nous sommes très heureux de jeter l’ancre en face de la ville tout près de Soliton. 

Tout l’équipage est mis au repos pour le prochain vingt-quatre heures.

 

Jeudi, 3 juin                                                                                                      

 

Ce matin, nous sommes tous en forme.  Robert est allé chercher des croissants chauds pour le déjeuner.  Voilà la beauté d’une île française.  Puis Suzanne et Gérard sont venus sur l’Aquarel passer quelques heures avec nous.  Ce sont des retrouvailles car eux avaient traversé une semaine avant nous. 

Puis nous partons nous promener en ville.  Il fait très chaud.  Un excellent dîner dans un restaurant français sur une terrasse de la marina, puis Jean-Sébastien décide d’aller visiter un fort à proximité et nous d’aller se promener dans les boutiques.  Nous sommes toujours fascinés par la végétation.

 

 

Notre point de rendez-vous, le marché plein-air de Marigot au bord de l’eau. 

Une mauvaise surprise nous y attend;  notre essence pour le moteur du dinghy a été siphonnée.  D’autres capitaines nous ont dit que cela arrivait régulièrement.  Finalement ce n’est pas trop compliqué de régler ce problème.  Nous avons notre leçon;  à l’avenir nous laisserons notre dinghy à la marina.

 

Vendredi, 4 juin                                                                                                                                                                                                                                                       

La journée se passe sous l’égide du calme et de la farniente.  Nous commençons à préparer notre prochaine navigation vers St-Kitts et Névis.  Nous allons faire un tour de dinghy dans le lagon.  On y entre facilement en dinghy sans faire lever le pont qui levé, permet un accès aux voiliers.  Nous allons rendre une petite visite à un équipage québécois, Marie-France et Guy du voilier la Belle Lurette qui ont quitté le Québec depuis dix-sept ans.    

Puis deux arrêts dans des magasins d’accastillage, noblesse oblige. 

 

Samedi, 5 juin                                                                                                

 

Aujourd’hui c’est une journée de frottage.  J’attaque l’acier inoxydable en compagnie de mon matelot.  Nous écoutons de la musique tout en frottant coin et recoin sous un soleil de plomb.  Jean-Sébastien m’avoue se sentir comme faisant plus partie de l’équipage. 

Mon capitaine bricole de petites choses;  ce qui l’empêche de perdre la main.

L’heure de la douche annonce une grande escapade en ville.  Nous allons souper dans un des nombreux restaurants de la place avec Soliton.  C’est à nouveau un festin qui nous attend.

 

 

Cette petite marina est située à l’entrée du lagon, donc très bien protégée.  Il y règne une atmosphère des plus agréables.  De nombreux restaurants sont voisins de jolies boutiques et la promenade au bord de l’eau nous fait découvrir à chaque fois des points de vue nouveaux.

Le retour au voilier se fait à la noirceur et malheureusement c’est aussi un bain d’eau salée qui nous attend.  Donc nouvelle douche d’eau douce pour réparer les dégâts avant le coucher.

 

Dimanche, 6 juin                                                                                             

 

Aujourd’hui, une grande excursion nous attend.  Nous avons loué une voiture pour la journée et de bon matin, c’est un départ pour le Pic Paradis. C’est un point de vue pittoresque en haut de la montagne qui nous offre une vue imprenable des baies et des îles autour de St-Martin. 

 

 

Puis nous nous rendons à la baie de Grand Case pour admirer le paysage et surtout pour enligner un petit bistro afin de satisfaire notre gourmandise à propos de café au lait avec croissants chauds.  C’est à une terrasse dont la pergola est remplie de fleurs que nous pécherons par gourmandise.  Prochain arrêt :  la ferme aux papillons dont on a surtout admiré les papillons encadrés.  C’était fascinant! 

 

 

 

 

Puis la chaleur accablante nous fait espérer une baignade.  On se dirige vers Dawn Beach où une plage magnifique nous attend avec son sable chaud et fin, des vagues pour s’amuser, des douches pour se rincer,  des cabines pour se changer, voilà exactement ce qu’il nous fallait avant de continuer notre route vers Oyster Point où se trouve la flottille de Mooring.  Quel beau souvenir pour nous !  Nous y avions loué un Voilier avec des amis en 95.

Notre balade nous conduit à Phillipsburgh, port des paquebots mais c’est dimanche et il n’y a pas de pas de paquebot, donc les boutiques sont fermées d’autant plus que c’est le dimanche de la Fête des Mères ici. 

Un arrêt à Simpson Bay où se trouve l’aéroport Princesse Juliana.  Nous assistons à l’atterrissage d’un gros porteur alors que nous sommes en bout de piste au bord de l’eau.  Assez impressionnant !

Retour sur Marigot Bay et nous finissons notre journée par un repas succulent au restau.

Ce soir, le sommeil viendra très vite.

 

Lundi, 7 juin                                                                                                  

 

Dernière journée de Jean-Sébastien.  Il faut préparer le départ de demain qui se fera très tôt.   La beauté de la chose, c’est que de notre ancrage, il est possible d’aller reconduire Jean-Sébastien à l’aéroport en dinghy.  Nous sommes vraiment heureux d’avoir choisi Trellis, Tortola pour Frédérique et Marigot à St-Martin pour Jean-Sébastien puisque ces deux aéroports ont permis ces déplacements sans avoir recours à des taxis onéreux. 

Ce soir nous sommes invités par Jean-Sébastien au restaurant pour notre dernier souper ensemble avant son retour à Montréal.  Nous passons une délicieuse soirée, c’est le cas de le dire. 

 

Mardi, 8 juin                                                                                                       

 

Lever à quatre heures.  Il est temps d’un bon petit déjeuner car les avions n’égalent pas la frugalité des déjeuners de voilier.  Robert reconduit Jean-Sébastien à l’aéroport et revient en me disant que son vol est annulé;  alors changement dans son itinéraire. Ce sera un vol à 9 :30h sur Miami puis correspondance vers Montréal pour arriver à 11 :30h.  Nous apprendrons le lendemain que son vol de 9 :30h a été reporté à 15 :30h.  Il aura eu le bonheur de passer quelques heures de plus à la plage à côté de l’aéroport en attendant son départ alors que nous étions déjà en navigation vers St-Kitts.

Nous quittons St-Martin à 7 heures sous voile avec des vents de 16 à 20 nœuds.  L’Aquarel avance à 6 et 7 nœuds.  Notre vent vient de l’est et de bonnes vagues se sont formées jusqu’à 10 pieds.  Nous devons barrer toute la journée car la tâche est trop risquée pour le pilote.  Il a fallu onze heures de navigation pour atteindre St-Kitts, Basseterre .

 

 

C’est une île magnifique, montagneuse dont le tiers vers la mer semble cultivée.  On y retrouve des Rain Forest, c’est pourquoi les nuages semblent s’accrocher fermement aux sommets.

 

Mercredi, 9 juin                                                                                                        

 

Notre navigation d’hier a eu raison de notre endurance.  Aujourd’hui nous restons sur place.   Il faut passer aux douanes et j’ai une lessive considérable à faire.  Finalement je la confie à une buanderie qui me charge 25$ U.S. pour 4 brassées.  Cc n’est pas donné mais cela me donne le temps d’aller flâner en ville pour le dîner et faire une promenade sous une chaleur insoutenable.  Nous cherchons en vain un restau climatisé pour finalement s’arrêter au Ballahoo où une brise nous aide à supporter cette chaleur.  C’est une petite ville sympathique, les gens sont accueillants. 

 

Jeudi, 10 juin                                                                                              

 

Départ pour Névis, l’île voisine.  Deux heures de navigation facile.  Nous ancrons à Charleston.  Les nuages sont de la partie;  de petites averses se succèdent.  C’est le temps des douanes à nouveau mais nos capitaines se butent le nez sur des portes fermées;  il faut attendre à demain.  Nous ne pouvons descendre à terre.  J’en profite pour mettre à jour mon journal de bord.  J’ai pris du retard. 

Il faut comprendre qu’en ce moment de notre voyage, notre but est de descendre vers le Sud le plus vite possible.  Nous ne voulons pas se retrouver dans la zone des ouragans s’il devait s’en pointer un.  À chaque jour que nous pourrons naviguer nous le ferons à grands sauts vers le Sud au moins jusqu’en Martinique.  Et pour la découverte des îles, nous nous reprendrons l’hiver prochain.  Pour le moment, notre but, c’est de se rendre dans les Grenadines avant la fin du mois. 

 

Vendredi, 11 juin                                                                                               

 

Nous décidons de prendre une journée de congé.  Les conditions de navigation s’annoncent moches.  Nous restons à Névis.  Nous allons aux douanes et c’est une promenade en ville qui nous conduit au café internet et à l’épicerie.  De la musique attire notre attention.  Depuis que nous sommes descendus à terre, je remarque des bambins avec de jolis costumes qui se dandinent tenant la main de leur maman.  Il y a une certaine effervescence dans le centre-ville.  Nous avons vite compris à la vue des préparatifs d’une longue parade d’enfants. 

En effet la première banderole annonce le mois des enfants.  Puis des petits groupes d’enfants, plus d’une centaine, surtout de la petite enfance et de maternelle, se préparent, accompagnés des adultes, à parader dans la ville.  Ils portent des costumes différents voulant tantôt représenter des métiers, d’autres différents pays, d’autres des cultures. 

 

 

De petites camionnettes les suivent en divulguant de la musique entraînante. 

C’était très amusant de voir tous ces bouts de choux participer de leur mieux encouragés par les parents le long du parcours.  Les enfants avaient une grande place en ce jour.  Les écoliers sont venus les voir défiler.  Tout le monde s’amusait et semblait très fier. 

Voilà une jolie surprise qui agrémente parfois notre passage dans une ville.  Nous en profitons à plein.  Retour au bateau car ce soir il y a un souper communautaire sur l’Aquarel avec Soliton. 

 

Samedi, 12 juin                                                                                                          

 

Montserrat est notre prochaine étape.  C’est une belle journée de voile qui nous y conduit.  C’est île est bordée de falaises, ce qui lui donne une allure spéciale.  Dans notre ancrage, Little Bay, se retrouvent plusieurs petites barques de pêche aux couleurs variées, installées sur des moorings d’un seul côté de la baie.  De la côte voisine, en surplomb, nous parvient le bêlement des chèvres de montagnes.  C’est un endroit tranquille. 

 

 

Quelques voiliers seulement y sont ancrés.  Le capitaine du voilier voisin vient faire connaissance en nous apportant quatre mangues appétissantes.  Bon voisinage !!

L’eau est d’un bleu profond;  quelques poissons volants nous signalent leur présence.  On se couche tôt car demain la journée sera longue.

 

Dimanche 13 juin                                                                                     

 

6 heures.  Départ pour la Guadeloupe.  Nous avons douze heures de navigation devant nous.  Nous sommes à voile avec un vent de 12 à 16 nœuds.  Le soleil nous accompagne.  Une autre journée de voile formidable se prépare.  Durant les premières heures, nous passons devant Plymouth, cette ville de Montserrat qui a été détruite par son volcan dans les années 90.  Ce volcan est depuis sous surveillance.  Nous pouvons voir, aux jumelles, les coulées de lave et toutes ces maisons abandonnées.  Une odeur de souffre est transportée par le vent dans ces environs. 

Puis c’est l’immensité de la mer qui nous accueille.  Vers une heure, le vent faiblissant, il faut remettre nos voiles de fer car nous voulons respecter notre heure d’arrivée soit dix-huit heures et s’installer avant la noirceur.

À quelques milles de l’arrivée, Soliton nous appelle pour nous informer qu’ils ont arrêté le moteur;  ils entendent un bruit bizarre.  Nous nous approchons d’eux et finalement il semble que la transmission a flanché.  Nous les prenons en remorque et doucement nous filons vers l’ancrage.  À 19 heures, les deux voiliers reposent en sécurité dans l’ancrage de Basse-Terre.

 

Lundi, 14 juin                                                                                     

 

La Guadeloupe avec ses montagnes majestueuses nous en met plein la vue dès l’aurore.  Il fait très chaud.  Dans les bateaux, on maintient facilement de 28 à 31 degrés.  Par contre le soir, c’est plus tolérable avec une petite brise.  Pour nous, c’est une journée de repos.  Les douanes et le plein de diésel finalisés, la journée est à nous.  Une balade autour de la marina et nous constatons que de midi à deux heures, plusieurs commerces et restaurants ferment.  Nous comprenons de plus en plus cette pratique et de retour au bateau, ce sont la sieste et la lecture ou la baignade qui semblent les seules activités possibles. 

Non loin de nous, la plage de sable noir nous intrigue.  La Guadeloupe est une île volcanique qui de ce côté du moins teinte le sable;  c’est un peu bizarre à nos yeux mais c’est normal pour les gens de la place.

Une parenthèse pour parler de notre quotidien.  De petits équipements facilitent nos aller-venues sur terre.  Nous transportons toujours un léger sac à dos avec nous dans lequel je mets la caméra.  Les meilleures images sont souvent au moment où « on aurait dont dû avoir la caméra ».  Alors je l’ai toujours avec moi.  Le transport en dinghy est souvent une aventure en soi;  à tous moments, il faut s’attendre à être copieusement arrosés d’eau salée.  Il se vend dans les boutiques pour quelques dollars, de grands sacs de plastique résistants avec une fermeture éclair, pliable, avec deux poignées.  Donc si je prévois rapporter des achats ou des sacs d’épicerie, je place ce sac dans mon sac à dos au départ et si je fais des achats je serai prête à m’en servir.

 

Mardi, 15 juin                                                                                                                                 

Pour nous c’est un départ vers Les Saintes.  La flottille est divisée pour quelques temps.  Images a pris de l’avance à partir des Vierges car Soliton et nous recevions des visiteurs.  Et maintenant c’est l’Aquarel qui repart sans Soliton car malheureusement Soliton sera retardé à peu près une semaine en Guadeloupe à cause d’un bris de transmission.  Nous avons décidé de continuer notre route par petites étapes et ils nous rejoindront en Martinique ou à Ste-Lucie. 

Nous avons 12 milles nautiques à faire.  Cela nous donne le temps de descendre à terre, avant le départ, afin d’aller s’acheter quelques bons

produits français dont les fameuses baguettes et des fromages.

 

 

Nous prenons la mer vers 10 heures.  Évidemment nous avons le vent dans le nez, alors c’est voile et moteur.  Soudain un bruit étrange, Robert met le moteur au neutre  et vérifie s’il y a quelque chose d’anormal.  Il fait quelques essais avec la marche avant, il y a des vibrations puis cela s’atténue mais en marche arrière, quelque chose cloche.  Nous avons des vagues de 4 à 6 pieds, donc nous décidons de continuer notre route à 3 nœuds pour ne rien forcer.  À l’ancrage, nous n’osons utiliser la marche arrière.  Mon brave capitaine descend sous la coque avec ses palmes et son masque pour vérifier l’état de l’hélice.  Il constate qu’il y a un amoncellement de cordes et de filet qui entrave l’hélice.  Après quelques plongées, il défait le tout et sauve l’Aquarel de son piège. 

 

 

Ce soir nous dormirons tranquilles sachant que le problème est résolu. 

 

Mercredi, 16 juin                                                                                        

 

Nous sommes au Bourg de Terre-de-Haut aux Saintes.  Les Saintes, c’est un chapelet de six îlots inhabités et de deux îles principales, Terre-de-Haut vouée à la pêche et Terre-de-Bas, à l’agriculture.  Des sentiers pédestres les jalonnent et on y retrouve de nombreuses plages.  Du cockpit, je vois ce qu’on appelle le Pain de Sucre, gros rocher rond sortant de l’eau, boisé d’un côté et strié de terre de l’autre.  Près de la plage, les barques de pêcheurs, de toutes les couleurs, accrochées à leur mooring, attendent paisiblement que les pêcheurs les activent.  Trois milles personnes vivent sur les deux îles principales.  Les maisons à flanc de montagne, reflètent un même style d’un aspect très coquet. 

 

 

L’entrée de chacune d’elles est recouvertes de tuiles de céramique bien agencées aux couleurs de la maison;  elles se prolongent dans la véranda où de jolies tables avec chaises sont disposées avec goût, toujours ornées de fleurs naturelles.  On sent le raffinement français.  Les rues en ciment ne sont pas larges et sont bordées de boutiques de tous genres et de restaurants donnant sur la baie.  Elles suivent le tracé capricieux des constructions et aboutissent parfois sur des minis terrasses publiques où quelques bancs attendent les flâneurs sous les flamboyants;  toutes ces rues sont en pente et essoufflent tous piétons de passage.  C’est pourquoi les résidants se promènent en moto, parfois en solitaire mais bien souvent à deux, trois et même quatre, tous âges confondus.  La végétation en arbres et en fleurs est  omniprésente et d’une grande beauté.

 

Jeudi, 17 juin                                                                                                             

 

Nous avons décidé de louer un scooter pour la journée. 

 

 

C’était une idée géniale car toutes les routes sont en pente assez prononcée et par cette chaleur nous serions vite au bout de notre énergie.  Louer un scooter c’était un peu retomber en enfance mais j’ai fait confiance en mon capitaine et nous voilà partis.  Il y a très peu de voitures ici, alors notre vigilance se porte surtout aux scooters et aux ravins.  Note premier but est d’aller visiter le fort Napoléon.  À cette hauteur, la vue est splendide sur la baie de Terre-de Haut qui est d’ailleurs une des plus belles baies au monde.

 

 

 Puis nous traversons l’île pour se rendre à la plage de Pompierre;  nous profitons de ce décor de palmiers, de sable et de montagnes pour faire une baignade.  Une gentille dame vend des Tourments d’Amour, 4 tartelettes fourrées au fruit, fort délicieuses, c’est une spécialité saintienne.  Nous repartons par les chemins sinueux pour découvrir les différentes plages, tout en profitant de ces paysages majestueux qui nous entourent;  nous passons à la plage de Grande- Anse, de Rodrigue, de Crawen, du Pain de Sucre, d’Anse Galet et sur notre retour, une auberge « Les petits Saints »attenant à une galerie d’art attire notre attention.  Nous entrons; bien accueillis nous visitons la galerie qui n’a rien à voir avec une galerie de chez nous, mais c’était charmant.  Dans une grande pièce, les toiles du peintre Didier attirent le regard par ses couleurs vivantes;  elles surplombent les meubles surchargés d’objets d’art, de figurines, de chandeliers, de sculptures diverses débordant sur l’enceinte de la piscine, tout à côté de la charmante salle à manger où l’atmosphère qui se dégage est calme et serein.  

Nous osons demander si cela est possible d’utiliser leur piscine; ce qui est accepté pour notre plus grand plaisir.  Nous passerons une couple d’heures à se prélasser dans la piscine ou sur les chaises longues à l’ombre de magnifiques arbres dans cette auberge de quiétude. 

Puis nous reprenons la moto pour revenir Au Bourg après s’être offert une glace et être passer dans la boutique d’Annie pour m’acheter deux bikinis.  

Retour au bateau, une fondue avec des baguettes françaises, ce n’est pas si mal.  C’est un plaisir d’avoir visité cette île;  les gens sont avenants, paisibles;  c’est une petite France.  Un salut au soleil couronne notre journée.

 

 

Vendredi, 18 juin                                                                                             

 

Départ pour la Dominique.  Journée de voile magnifique.  Vents variant de 10 à 20 nœuds.  Quel bonheur depuis quelques temps nous avons retrouvé le plaisir de se déplacer à voile.   Retrouver ce calme et tout en respectant cette dame bleue, voguer sur ses vagues de 2 à 3 mètres, voilà l’attention qu’elle exige.  Les premières heures, nous avons traversé le passage de la Dominique et d’une île à l’autre, le voilier trace son chemin.  Comme à chaque passage, la mer est plus formée et elle se calme dès que nous longeons les côtes.  Aujourd’hui aucun voilier à vue en navigation mais par contre dans le passage nous pouvons apercevoir Les Saintes qui s’effacent à mesure que la Dominique s’approche.  Huit heures de route avec un vent de l’Est qui nous permet de maintenir une vitesse de 6 à 8 nœuds.  Notre point de chute, Roseau.  L’ancrage est très difficile à cause de la profondeur qui se maintient dans les 15 mètres;  c’est pourquoi des boules de mooring sont offerts aux visiteurs pour 10$ U.S.   Après une longue journée, sentant la fatigue nous tirailler, on ne discute pas et très rapidement l’Aquarel est amarrée pour la nuit.

 

Samedi, 19 juin                                                                                            

 

Le mouillage de Roseau est très rouleur, ce qui nous réveille très tôt et comme de toutes façons nous voulions partir aux premières lueurs, nous y voilà.  5 :45 h.  nous prenons la mer vers la Martinique.   C’est une excellente journée de voile qui nous attend;  les vagues sont de deux mètres, moins qu’hier.  Le voilier avance bien et se balade allègrement dans la houle.  La distance qui nous sépare de la Martinique s’amenuise petit à petit;  en quatre heures et demie nous avons atteint la pointe Nord de la Martinique.  La gîte diminue, à la protection de l’île déjà les voiles cherchent leur vent et on doit se résoudre à diminuer l’allure.  Quel spectacle s’offre à nous !  La Martinique dans toute sa splendeur  !  Du large, nous voyons des montagnes, des falaises, des maisonnettes regroupées entourées de vallons cultivés ou boisés.  Nous enlignons Fort-de France.  Mais quelle surprise nous attend à Fort-de-France;  à mesure qu’on s’approche, les côtes sont de plus en plus habitées et nous pouvons discerner des édifices de bonne hauteur.  Dans la baie, une petite ville nous attend à côté du Fort St-Louis.  Pour aujourd’hui nous allons relaxer, demain nous explorerons.  Les cloches des églises résonnent aux heures et aux demi-heures.  

 

Dimanche, 20 juin                                                                  

 

Chaque baie a son charme.  Fort-de-France se situe dans la baie des Flamands.  Le mouillage est assez rouleur car des traversiers s’y pointent à toutes les demi-heures produisant une séries de vagues assez importantes.  Six heures, nous sommes réveillés par une musique française rythmée fort agréable qui vient d’un quai.  Ils se préparent à une distribution de trophées à des coureurs.  Un petit déjeuner dans le cockpit et nous partons faire un tour à terre.  Le parc de la Savanne en bordure de la baie est fort joli.  La ville est bien tranquille, c’est dimanche; toutes les boutiques sont fermées.  Près d’une église, des gens endimanchés se saluent.  C’est la fête des Pères, plusieurs personnes nous souhaitent Bonne Fête des Pères et un bon séjour en Martinique.  

Nous écourtons notre visite car nous avons décidé de se rendre au Marin, plus au Sud, aujourd’hui.  Le mouillage est plus tranquille et nous y serons quelques jours car une onde tropicale passera lundi et mardi avec des vents plus forts.  À l’approche de Marin, nous avons la chance de voir une régate de yoles, ces voiliers typiquement antillais. 

 

 

Nous ralentissons pour ne pas obstruer leur passage puis nous entrons dans la passe du Marin en contemplant la plage de Ste-Anne bordant le club Med les  Boucaniers.  Au Marin, il y a plusieurs points d’ancrage et une marina pouvant recevoir au-delà de quatre-vents bateaux aux pontons.  C’est une base importante de voiliers en location de différentes compagnies.  Une flottille imposante de voiliers sont au mouillage également. 

 

Lundi, 21 juin                                                                          

 

Nous avons subit quelques grains cette nuit qui nous a obligés à fermer les hublots.  Comme ces grains ne durent jamais très longtemps, on se relève à nouveau pour ouvrir ces mêmes hublots car en peu de temps, la chaleur nous envahit.  Ce matin, ce sont les douanes et aux dires de mon capitaine, les plus faciles à date.  Puis il faut voir le cordonnier pour faire réparer la ganse de l’étui de caméra-vidéo.  Je veux voir également un médecin car j’ai une bursite de mon bras droit qui ne guérit pas.  Nous nous présentons à l’hôpital ,ais il ne reçoive pas en urgence.  Ils nous dirigent vers un médecin qui reçoit sans rendez-vous sur la rue Docteur Osman Duquesnay.  Cette charmante rue est en pente de 45 degrés vers le haut de la colline.  Quand le médecin prend ta pression, il remarque qu’elle est un peu plus haute que la normale, tu parles… Il y a huit chaises dans la salle d’attente;  déjà cinq personnes sont là.  Une dame nous inscrit sur la liste et nous informe que l’attente est d’environ une heure.  Nous allons nous promener et au retour, le médecin, Dr Villeronce nous reçoit aimablement.  Nous n’avons pas la carte soleil de la France mais qu’à cela ne tienne, la visite nous coûte 22 euros.  J’ai une prescription et la pharmacie est située à deux pas. 

 

 

Nous avons une faim de loup et nous redescendons vers le boulevard Allègre qui longe la baie et nous allons nous sustenter.  La bière de la Martinique est la Lorraine;  c’est une bière excellente primée par la Belgique. 

Cet après-midi plusieurs français suivent un match de « foot » à la télé sur les terrasses de la marina.

Retour au bateau mais mon capitaine retourne fureter dans les boutiques marines.

 

Mardi, 22, 23, 24 juin                                                                

 

Trois jours de nettoyage, de réparations, de mise au point.  Sur un bateau, comme à la maison, il faut consacrer du temps à notre quotidien, combattre l’effet du sel à l’extérieur et à l’intérieur,  préparer minutieusement les nouveaux itinéraires, garder les contacts météos à jour.

Notre prochaine étape, Ste-Lucie.  La fenêtre météo s’annonce pour vendredi.  Nous profitons de ces jours pour s’approvisionner en vins, bières et aliments fins car la Martinique est la dernière île française sur notre parcours.

Notre DVD sur ordinateur nous permet toutefois de se procurer des soirées cinéma-maison, question de se distraire.  

 

Vendredi, 25 juin                                                                                        

 

Nouvelle navigation, nous pointons l’étrave vers Ste-Lucie.  23 milles nautiques à faire; on prévoit environ 4 heures pour se rendre à Rodney Bay. 

Les vents sont de 16 à 20 nœuds et nous viennent de travers.  Nous roulons à bonne allure.  Les vagues sont de 6 pieds environ.  Nous surveillons les « grains »,  nuages noirs qui provoquent des vents soudains de 25 à 40 nœuds.  Nous essayons de ne pas se trouver sous ces nuages.  Mais on ne peut les éviter tous.  En voilà un qui nous rejoint et l’anémomètre m’indique une montée des vents jusqu’à 25 nœuds.  Comme nous sommes sous voile avec la grande voile à moitié et le plein genois, Robert me demande de me mettre en fuite, c’est-à-dire, de tourner le bateau dos au vent, ce qui lui permet d’enrouler une bonne partie du genois qui s’abrite derrière la grande voile. Et cinq minutes après, c’est fini.  Il faut remettre le genois pour avancer.  C’est une expérience de plus.  Nous ancrons facilement à Rodney Bay qui est très large et bien protégée des vents de l’Est.  De là un petit tour de dinghy nous permet de visiter le lagon où se retrouvent des restaurants, la marina, des boutiques et de nombreux services. 

Nous décidons de prendre notre souper sur une terrasse de la marina et notre retour à la noirceur est agrémenté d’une pluie fine qui nous accompagne jusqu’au voilier.  

 

Samedi, 26, 27, 28 juin                                                                                       

 

Aujourd’hui, nous prenons notre temps.  Un visiteur des îles vient nous offrir ses fruits et ses légumes;  il est plutôt rigolo avec sa barque rehaussée de dizaines drapeaux.  Il ne peut passer inaperçu. 

 

 

Nous reprenons la route pour se rendre à Marigot Bay;  nous y passerons deux ou trois jours, le temps que les grands vents annoncés soient passés.   Le trajet se fait très bien; il fait gris, il pleut par intermittence, pas de vague, peu de vent.  Nous entrons dans cette baie qui a l’apparence d’une carte postale.  C’est extrêmement joli !  L’entrée est étroite et les montagnes sont très hautes autour.  Il y règne une atmosphère sympathique et un petit bateau sert de ferry entre les deux rives au fond de la baie.  Les bateaux sont à l’ancrage tout à côté d’une base de Mooring, flottille de bateaux, chez qui nous avons déjà loué un voilier.  C’était le déclencheur de notre rêve.  Plusieurs « BOAT’S BOYS » viennent nous offrir leurs services, des fruits et des légumes ou tout simplement nous apporter des annonces pour les restaurants autour. 

Une anecdote raconte qu’un amiral britannique avait caché sa flottille dans la baie de Marigot en masquant les mâts de ses grands navires avec des cocotiers et que ses poursuivants français n’avaient jamais découvert le subterfuge.  

Le temps s’écoule tout doucement;  le rythme des îles est tangible à voir vivre les gens de la place.  Nous allons rendre une petite visite au bateau Picaro;  Daniel et Danielle nous accueillent avec grande gentillesse.  Leur expérience de vie de neuf ans sur leur voilier est très positive.  Nous passons un bon moment avec eux en allant dîner au Marigot Beach Club. 

Le soir, c’est le chant des grenouilles qui se fait entendre jusqu’à la relève des oiseaux au petit matin. 

 

Mardi, 29 juin                                                                                           

 

Départ de Marigot Bay.  Lentement nous passons dans l’étroite entrée en fixant dans notre mémoire ces images.  Nous  reviendrons assurément.  Nous mettons le cap sur la Souffrière ou nous ferons notre sortie aux douanes.  Cette grande baie accueille à tour de rôle des catamarans ou d’immenses bateaux pirates,  venant des îles avoisinantes qui offrent des expéditions d’un jour aux touristes.  Les douanes réglées, nous repartons aussitôt vers les Deux Pitons; nous voulons y passer la nuit. 

Notre arrivée aux Deux Pitons nous plonge dans un univers gigantesque.  Ces deux montagnes côte à côte ont été formées par l’éclatement d’un volcan. 

 

 

 L’ancrage est situé juste entre ces deux pics imposants.  On se sent bien petit dans leur giron.  C’est une baie qui fait partie du parc national de conservation de Ste-Lucie.   Dans cette baie sauvage se retrouve le Jalousie Resort dont l’architecture se fond dans le paysage.  

 

Mercredi, 30 juin                                                                                                  

 

Cette navigation entre Les Deux Pitons et Béquia est splendide.  Tout est conjugué pour que cette journée de voile soit parfaite.  Les vents sont bons, le soleil est présent et la mer présente quelques pieds de vagues mais l’Aquarel s’y promène sans peine.  Dans l’itinéraire prévu, nous souhaitions avoir ces vents pour se rendre jusqu’à St-Vincent, se mettre à moteur pour l’heure du lunch tout en avançant à l’abri de l’île et remettre les voiles pour les quelques milles restant jusqu’à Béquia.  Tout se passe comme prévu et en prime, nous avons droit à un spectacle de dauphins durant une quinzaine de minutes tout autour du bateau.  C’est un grand bonheur de voir apparaître ces dizaines de dauphins soudainement qui viennent jouer à l’étrave et tout autour.  Ils sont rapides, font des cabrioles, sautent aisément hors de l’eau, croisent le voilier en semblant faire un clin d’œil.  Nous sommes éblouis par leur agileté.  Ils sont l’image de la liberté.  

 

 

Bequia, jolie Bequia ! C’est une baie tout à fait charmante en pleine expansion qui a su s’organiser afin de recevoir ses visiteurs de la mer en leur offrant tous les services nécessaires.  De jolis restaurants présentent leur façade sur la baie dont une partie du littoral a été agrémentée d’une promenade cimentée reliant les différents commerçants qui offrent des quais très accessibles.  Les maisons et commerces rivalisent de coquetterie par les couleurs multicolores de leurs toits, de leurs murs et par toutes décorations extérieures.  Le cœur de la ville s’est embellie d’un trottoir avec aménagement payager.  Les petites boutiques ont fait peau neuve et exibent leur originalié.  Etant passée par cette île en 1991, je constate ces grands changements avec beaucoup de plaisir.

 

 

Notre photographe est venu au bateau ce matin nous offrir les photos prises hier à l’arrivée;  nous avons acheté l’agrandissement de l’Aquarel sous voiles.  Elle est extraordinaire.

Et comme à la maison, nous devons faire face à des problèmes inattendus.  L’eau salée nous apporte une part de ces problèmes.  Nous devons entretenir le bateau en conséquence mais cette fois, elle nous a joué un bien vilain tour.  Quelques gouttes ont touché l’écran de notre portable en suintant d’un hublot.  Les dégâts n’ont pas tardé à se faire  voir.  Des taches noires sont apparues dans le bas de l’écran et elles se sont agrandies au fil des jours.  Et aujourd’hui l’écran est hors service.  Heureusement que Robert avait fait l’achat d’un autre portable à Puerto Rico par mesure de prudence et de nombreuses données étaient déjà transférées.  Mais il reste toujours celles que tu as justement besoin aujourd’hui.  La solution : trouver un café internet qui accepte de brancher ton portable sur un de leurs écrans et graver sur CD les informations à transférer.  Tout cela demande beaucoup de temps mais on s’en sort.