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Début avril, nous sommes toujours dans les Îles Vierges Britanniques. Profitant de notre passage dans les îles Vierges pour découvrir de nouveaux ancrages, nous mettons le cap sur North Sound, Virgin Gorda. La navigation est facile et le temps est superbe. Nous repérons facilement les lieux d’ancrage puisqu’il y a énormément de bateaux qui parcourent ces îles. Nous avons réussi à entrer dans le Sound par une passe alors que le sondeur nous indiquait 0.8 mètre sous la quille; il ne fallait surtout pas sortir du chenal. Surveillance de la position du bateau sur les cartes électroniques entre les allées et venues à la proue. Tout se passe bien. Nous y voilà! Du côté Est, l’ancrage est visible. Près d’une cinquantaine de boules de mouillage ( 30$ la nuit ), pas donné mais il est possible de trouver des profondeurs pour s’ancrer. Les lieux sont magnifiques. Les hôtels bien intégrés dans le décor offrent toutes les possibilités aux vacanciers; des boutiques, des restaurants, des pubs au décor anglais, la piscine, les terrasses et les activités aquatiques. On se sent en vacances. Bien que la plage soit peu large, le plan d’eau est magnifique. De nombreux sites de plongée s’offrent car les coraux ne manquent pas. Il y a, tout à côté, Saba Rock qui offre sur son île miniature, restaurant, marina, chambres et bar. On y accède en annexe dont le quai d’accueil est en devanture du restaurant. Tout est en place pour le plaisir des yeux mais là sortez vos dollars car tout est très dispendieux.
Nous décidons de faire une pointe sur Anégada située à 11 milles au Nord de Virgin Gorda. Cette île est plutôt désertique, complètement entourée de coraux. Une entrée est balisée mais les bouées sont très distantes les unes des autres et il faut être très prudent. Il y a bien quelques restaurants autour de l’ancrage et un petit hôtel de 20 chambres qui tient plus de la colonie de vacances. Peu de végétation, peu d’animaux mais des oiseaux par contre qui pépient très tôt le matin. C’est une île de silence, de paix; aujourd’hui la chaleur est accablante et le temps semble en suspension.
Le seul attrait est la plongée mais quelle plongée! Le taxi nous amène à la baie de Loblolly et là nous avons passé une journée au paradis. Du côté de l’Atlantique, cette plage est magnifique. Ils y ont installé des parasols en feuilles de palmiers, des bancs et des chaises longues et un grand restaurant pour un repas sur réservation. Cette eau cristalline aux couleurs marbrées de vert et de bleu est d’une pureté inoubliable. Son fond de sable blanc fait contraste avec les coins où le corail se forme. Le soleil se mire dans cette eau et joue de ses rayons sur les fonds de sable. Même les poissons sont aveuglés et recherchent l’ombre des coraux. De la plage, il est facile de partir avec palmes et tuba pour les admirer; l’illusion d’être dans un aquarium est fascinante.
C’est dommage qu’il ne soit pas facile de prendre des clichés sous l’eau. Quand la fatigue oblige le retour à la plage, le temps de repos permet de saturer notre mémoire d’aquarelles pourtant réelles tout en étant si proches du rêve imaginaire. Puis l’attraction de la plongée nous ramène dans le monde sous-marin où la paix règne et où l’espace temps ne semble pas exister.
Et c’est sur ces images que nous quitterons Anégada le troisième jour.
Mais voilà que … Surprise ! Quand l’heure du départ sonne, la transmission refuse de s’embrayer. Aurait-t-elle succombée à l’attraction de cette île hors du temps ? Il est temps d’envisager les possibilités qui s’offrent à nous. Se faire tirer jusqu’aux bouées du chenal pour ensuite lever les voiles ou demander l’aide à deux capitaines qui avec leurs annexes, pourraient servir de guides à l’Aquarel jusqu’aux bouées. Finalement c’est la deuxième solution qui sera retenue alors qu’une deuxième surprise nous attendait; durant la manœuvre, je tente un essai et la transmission embraie finalement, comme un enfant boudeur qui accepte l’inévitable. Nous quitterons donc Anégada en toute sécurité pour se rendre à Tortola. Mais nous gardons en mémoire qu’à St Martin, il y aura révision de la transmission. Nous ne voulons plus qu’elle nous joue ce vilain tour. Retour sur Peter Island avec un arrêt à Virgin Gorda pour faire nos douanes en préparation de notre départ vers St Martin prévu le lendemain.
Retour sur St Martin
Nous avons besoin de vents ENE pour une traversée confortable. Ils étaient annoncés mais malheureusement ils ne sont jamais venus. Nous tentons de louvoyer mais au bout de quelques heures nous sommes à nouveau obligés de mettre notre moteur à contribution et fort heureusement la transmission ne fait pas de caprice. C’est une longue traversée qui aurait dû nous prendre 17 heures, il en aura fallu 30. Mais nous arrivons finalement dans la baie de Marigot où nous savions qu’il était sans danger de mouiller la nuit venue. Je me sens épuisée; un souper vite fait et bonsoir la compagnie. Nous avons besoin de dormir. Ces heures de décalage par rapport aux prévisions sont toujours plus difficiles à supporter.
Aujourd’hui nous profitons de l’ouverture du pont de 14:30h. pour entrer dans le lagon. Premier objectif, la mise au point de la transmission. D’abord trouver le mécanicien, il est important d’avoir le « nez » car c’est possible d’obtenir des prix très diversifiés. Il faut prendre le temps de comparer les prix pour les services comme pour les produits, du côté hollandais et du côté français. Au fil des jours, nous achetons de nouveaux équipements pour l’Aquarel. Nous ferons ainsi de grands trous dans notre budget mais avec les meilleures intentions du monde : le confort et la sécurité du bateau et de ses passagers.
Il fait un temps splendide; l’été approche et le soleil se fait de plus en plus chaud. Je vois à nouveau 30 et 31 degrés sur le thermomètre du bateau au cœur de la journée. Nous en avons assez de travailler, nous faisons une sortie dominicale. Nous prenons l’autobus pour Philipsburgh. Nous profitons de la plage et des terrasses et comme c’est le temps du carnaval du côté hollandais, l’événement du jour est la parade des enfants sur la rue principale. Ces jolies frimousses, bien encadrées par les adultes, joue le jeu comme les grands.
Les journées passent vite et déjà deux semaines se sont enfuies. La transmission est revenue, en superbe forme. Nous avons préparé le départ, l’avitaillement est fait, il ne reste qu’à attendre les bons vents. Nous avons vu et entendu tous les jours ces géants du ciel nous passer au-dessus de la tête. Aujourd’hui nous disons au revoir à St Martin en reprenant la mer en douceur, à notre rythme, qui est à mille lieux de celui-là.
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