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FÉVRIER-MARS-AVRIL 2010
Quelle journée magnifique! Le soleil est là, la mer est calme et nous quittons Shelter Bay Marina. Ils ont placé un nouveau quai afin d’augmenter les places à quai tant en demande. Les passages afin de sortir de la marina en sont réduits et demandent beaucoup de prudence. C’est qu’il y a de la circulation ici ! Tout doucement nous suivons le chenal vers l’ouverture dans le mur protégeant la baie de Colon et après avoir appelé Cristobal Control, contrôle de la circulation dans le port de Colon, nous nous engageons dans l’ouverture du mur à l’entrée de la baie tout en voyant s’approcher deux cargos. On a intérêt à ne pas traîner sur les lieux. Le vent est avec nous et c’est sous voile que nous débutons cette navigation vers Portobello. Quel plaisir renouvelé que de faire de la voile! Nous en profitons pleinement et en après-midi nous arrivons dans la baie de Portobello où à notre grande surprise, il y a au moins une vingtaine de bateaux. Décidément l’affût des navigateurs dans l’Ouest des Caraïbes se fait vraiment sentir.
Un peu de repos et déjà le soleil se couche laissant cette baie dans une quiétude alourdie pour la nuit. Tôt le lendemain matin nous reprenons notre cap vers Linton. Encore une fois les vents sont avec nous et c’est sous voile que nous ferons ce trajet presqu’entièrement. Nous avons l’intention de passer deux jours à Linton car demain nous irons visiter Jean-Paul et Sylvie à Panamarina.
Malheureusement notre visite aura été caduque car la marina est fermée le dimanche et le lundi. Mais la balade en annexe dans la mangrove nous a plu tout autant que la dernière fois.
Le jour suivant nous filons sur les San Blas. Nous avons hâte de s’y retrouver. Nous avons prévu y passer plusieurs mois et des amis nous y attendent. Cette dernière navigation a été un grand plaisir. Dix heures de voile dans une mer calme avec des vents légers, ce qui nous a permis de sortir notre DRS asymétrique et de conserver la vitesse de 4 à 5 nœuds afin d’arriver à Porvenir de jour.
Tel que prévu, le départ s’est fait à 7 heures et l’arrivée à 17 heures. Nous croisons dans l’approche le bateau Moana, des québécois, qui doivent se rendre à Colon car ils ont un gros problème de moteur. Malheureusement notre rencontre ne se fait qu’à la radio. Nous les saluons et on souhaite de se retrouver dans les San Blas au cours des mois prochains. Le jour baisse et il est difficile de bien voir les coraux, nous devons user de beaucoup de vigilance. À l’approche des îles, les fonds montent très rapidement. Nous passons de quarante mètres à trente, à vingt en quelques minutes. Nous jetons la pioche dans 2 mètres d’eau dans un fond blond de sable. Doucement je fais marche arrière et hop on glisse; mon capitaine décide de remonter l’ancre mais surprise, l’ancre s’accroche à un corail mort de la couleur du sable. Bon, cela demande réflexion. Plusieurs tentatives sont nécessaires afin de libérer l’ancre, peine perdue! Alors mon capitaine pense que nous devrons attendre à demain pour régler ce problème mais que nous devrons utiliser une deuxième ancre pour assurer notre mouillage ce soir. Mais un coup de chance en relevant la chaîne encore une fois, l’ancre se dégage du corail et mon capitaine respire mieux. Nous recommençons notre manœuvre d’ancrage encore une fois et nous voilà en sécurité pour la nuit. La fatigue se fait sentir. Nous avons dix heures de navigation dans le corps; il est temps de prendre notre repas et très tôt nous allons dormir.
Le lendemain deux bateaux nous contactent tout heureux de nous retrouver. Voilà quatre ans que nous ne les avons pas vus et c’est comme si c’était hier. Les retrouvailles sont animées, il y a tellement de choses à raconter.
Nous avons rendez-vous le lendemain à Lemon Cay avec nos amis Bob et Martine sur leur tout nouveau catamaran. Nous vivons de beaux moments avec eux, nous échangeons, livres et films et un tas de belles expériences. Des kunas sont venus nous offrir du poisson et des langoustes. Bien sûr mon capitaine s’est laissé tenter d’abord par le poisson et plus tard par les langoustes; ce qui a eu comme effet que le poisson s’est retrouvé au congélateur.
Avant de quitter Porvenir, mon capitaine a fait son entrée sur le territoire des kunas au Port Captain et comme nous avions déjà notre permis de navigation au Panama, il n’y a eu aucun frais.
Nous commençons donc notre séjour en beauté dans ce paradis de plages et de cocotiers.
Que c’est bon de ne pas être pressé ! Nos journées s’organisent au fil des jours.
Quelques jours plus tard, nous partons à voile vers East Hollandes, petite voile facile toujours protégée par la barrière de corail. Nous jetons l’ancre dans trois mètres d’eau, dans cette eau turquoise qui fait toujours rêvée. Autour, on peut apercevoir plusieurs îles où les cocotiers dominent, des plages de sable ici et là, des coraux pour la plongée, des voiliers qui se prélassent. Loin de tout bruit de ville, loin de tout modernisme, loin de tout service express, c’est une vie tranquille qui se déroule au rythme des levers et des couchers de soleil. Chacun choisit ses activités du jour en plus des routines de vie de bateau, nager, plonger, lire, écrire ou se prélasser dans un hamac. Notre surveillance de la météo se fait quotidiennement. Nos activités et nos déplacements en dépendent.
Tout près du mouillage de East Hollandes, il y a une petite île de sable et aujourd’hui, intrigués, nous y allons en annexe. Un parasol ouvert, deux couvertures étendues, une glaciaire et deux serviettes blanches pliées mais …personne en vue. C’est comme un image de magasine invitante. Non loin de là, un grand voilier de style ancien aux charmes certains, a plusieurs voyageurs à bord. Cette petite escapade sur une île perdue est sans doute une des activités proposées. En attendant nous profitons sans rien toucher à ce décor enchanteur.
Nous avons reçu une heureuse nouvelle, des amis, Daniel et Suzanne, viendront nous visiter. Déjà nous nous réjouissons de leur arrivée et nous voilà à préparer un menu pour la semaine et à planifier les mouillages que nous tenons à leur faire découvrir. C’est toujours un grand plaisir de partager ces sites merveilleux.
Nous découvrons au fil des jours que les kunas se sont bien éveillés à la vie des navigateurs et certains ont compris que d’offrir par exemple de l’approvisionnement aux bateaux sur place pourrait leur rapporter un revenu non négligeable. Ils se sont organisés et plusieurs fois par semaine des cayucos se présentent avec un certain choix de fruits et de légumes frais selon les arrivages. Parfois ils ont aussi des œufs, de la bière et du vin.
Les jours passent au gré des rencontres. On ne se lasse pas de contempler ces îles aux couleurs changeantes selon l’heure du jour.
Nous voilà au mouillage de Corazon de Jesus à attendre le vol de 6 :30 h venant de Panama City. Nos amis, Daniel et Suzanne, sont à bord. L’avion atterrit, roule sur la piste éteint un seul de ses moteurs car en quinze minutes les passagers et bagages sont sur la piste et l’embarquement pour le nouveau départ est terminé. Tout se passe très rapidement et cette île redevient silencieuse pour la journée car c’est le seul moment où il y a des gens qui s’y présentent.
La semaine a passé comme un éclair. On a visité différents mouillages; ils ont fait de l’apnée à tous les jours. Ils ont profité de ces eaux turquoises et des couchers de soleil splendides. La visite du village de Soledad Miria leur a donné une idée de la vie au quotidien des kunas.
Bien sûr la vie à bord d’un bateau a ses exigences mais ce sont des navigateurs et l’adaptation a été très rapide. Nous avons passé un bon moment ensemble et c’est avec regret qu’ils ont quitté les San Blas mais c’est la vie. Ils rêveront aux prochaines vacances aussitôt arrivés.
Le rythme de notre vie à deux reprend son cours. Il faut nous aussi reprendre notre quotidien et c’est aujourd’hui, jour de lessive. Nous sommes à Green Island et nous avons observé qu’il y avait un puits d’eau douce à ras du sol. Voilà notre chance. Nous partons avec nos seaux, les savons, l’adoucisseur, les draps et vêtements. On remplit nos seaux d’eau douce et nous brassons à main en petit quantité toute la lessive prévue. Nous tordons à deux, draps et serviettes et le tout séchera sur les cordes installées pour l’occasion entre le bimini et les haubans. C’est un peu jouer à Robinson Crusoë mais le système D est de mise dans les San Blas et on s’en sort très bien. _____________________________________________________________________________________________________
Un après-midi au quai à Solidad Miria.
Solidad Miria est un petit village des San Blas avec une population de 1500 personnes. Les maisons ( casas ) sont installées coude à coude ; de plus, un grand bâtiment, le congresso, sert au rassemblement avec le sahila, chef du village. Il y a aussi une école qui reçoit 243 élèves de divers degrés et 17 professeurs, ratio 1/15, ce sont de bien petites classes.
Aujourd’hui nous avons décidé d’aller chercher de l’eau afin de remplir un de nos réservoirs, dessaler le bateau, faire la lessive, remplir nos douches solaires afin d’avoir toute l’eau nécessaire à l’arrivée de ma sœur Lise mercredi. À notre arrivée à l’île, il y avait déjà un bateau ravitailleur de la Colombie au quai donc nous sommes passés près d’eux et je leur ai demandé « ? partire pronto o manama ? » Ils m’ont répondu « en una media hora » Perfecto, nous décidons de jeter l’ancre en attendant. Le quai se libère et nous nous amarrons tout doucement par cette journée chaude et humide. C’est dimanche. Levillage est très calme. Des papas avec leurs fils sont à la pêche dans des cayucos non loin de nous. Pour 7$ U.S. nous pouvons utiliser toute l’eau que nous voulons mais le débit est de la grosseur d’un crayon de plomb et la pression est modeste. Nous allons passer plusieurs heures à ce quai. Je commence la lessive dans mes seaux et sans arrêt nous transposons le boyau d’un seau à l’autre, aux douches, au réservoir, dans le bidon; le boyau d’arrosage joue à la chaise musicale quoi! C’est étonnant de voir comme l’espace dans un village est utilisée à son maximum. Les casas en bordure de la mer ont presque les pieds dans l’eau.
Des fillettes viennent nous voir, demandent nos noms; elles sont souriantes et gênées en même temps, elles sont très mignonnes. Prado aussi vient nous voir, elle fait des molas et des bracelets. La journée se passe toute en douceur. Plusieurs jeunes filles viennent nous voir avec leur bébé dans les bras. Elles sont très fières de leurs enfants. Durant la journée nous avons donné des crayons, des cahiers, des bâtons de colle, des magasines et d’autres babioles pour leur faire plaisir. Les femmes sont beaucoup plus discrètes et nous ignorent le plus souvent. Des adolescents examinent le bateau, les hommes discutent entre eux de ce qu’ils voient sur nos bateaux; cela leur servira peut-être dans leurs projets futurs. Le temps passe, parfois il n’y a personne sur le quai. J’ai l’impression que je fais soudainement partie de leur décor; les enfants reviennent m’appellent par mon nom, me sourient. Malheureusement ils parlent surtout kuna donc le dialogue est restreint entre nous. Puis une grosse barque motorisée avec une vingtaine d’hommes de l’île qui arrivent d’une journée de travail sur la terre ferme. Ils reviennent chargés de feuilles de palmiers à sécher, de petits bois pour les feux, de tresses de bananes, de manioc. Nous obtiendrons une vingtaine de bananes pour 1 $. Puis je décide de marcher sur l’île dans les petits sentiers entre les maisons. Je cherche un petit bracelet kuna traditionnel à mettre sur l’oreiller de ma sœur Lise en signe de bienvenue dans le pays des kunas.
Nous avons passé l’après-midi au complet, nos draps ont séché sur les cordes du bateau car tout ce temps a été nécessaire pour faire le plein d’eau. L’accueil a été surprenant, cela ne les dérangeait pas du tout. Nous étions là et on devait prendre notre temps, prendre leur rythme. On a voulu se déplacer pour permettre l’accès au quai d’une de leurs barques, ils ont refusé. Il n’y avait aucun stress. Pendant quelques heures j’ai cru vivre au sein de leur communauté, voir les enfants plonger, les papas à la pêche en cayucos avec leurs fils, les heures de partage et de solidarité entre hommes assis sur les bancs du quai. C’était formidable! Tous venaient nous saluer, nous demander de quel pays on venait, nous offrir leur sourire de bienvenue. ___________________________________________________________
Nous sommes ancrés à Porvenir en attente de Lise ma sœur qui vient nous visiter pour une dizaine de jours. C’est la joie renouvelée des retrouvailles. Elle est fidèle à un séjour sur l’Aquarel à chaque année. C’est une tradition qui nous ravit. Nous sommes impatients de l’accueillir. Le matin de son arrivée nous sommes à l’aéroport à 6:15h du matin à scruter le ciel afin d’apercevoir l’avion du jour et j’ai bien dit le seul avion du jour. Nous lui avions facilité les choses en lui proposant un hôtel que nous connaissions, des informations pour les taxis et les aéroports, les possibilités d’arrivée et de départ sur différentes îles des San Blas ainsi que des bouts de textes en espagnol.
La voici et quand la porte s’ouvre, elle est la première à descendre tout sourire. Pas gros ces avions tout de même!
Comme à l’habitude, le jour de l’arrivée est plein de surprises. Nous partageons nos histoires de petite sœur du Nord et du Sud. Très rapidement elle s’installe dans sa cabine, elle est en pays de connaissance, un peu chez elle quoi! Durant tout son séjour, chaque matin nous avons nos petites habitudes, nous prévoyons les repas du jour, les activités et nous nous amusons beaucoup. Nous avons visité plusieurs mouillages où l’eau turquoise lui a servi de piscine, où les plages de sable lui ont servi de promenade et où les cocotiers lui ont servi de parasol.
À East Lemon Cay on s’est même permis d’apporter nos chaises sur le sable, de bien choisir l’emplacement afin que les cocos ne nous tombent pas sur la tête, d’avoir nos revues pour passer le temps et la meilleure place afin d’admirer le panorama. Quoi de mieux pour des vacances reposantes !
La visite d’un village Kuna a été un point fort de son séjour. Se retrouver parmi ces gens est totalement dépaysant; Le côté exotique est au rendez-vous quand nous voyons ces femmes en costumes traditionnels, les huttes coude à coude qui leur servent de maisons, l’organisation de leur quotidien et cet atmosphère de calme et de paix qui règne dans les villages. Il y a très peu de bruit malgré les 1500 personnes qui habitent cette île; les hommes sont à la pêche, les femmes fabriquent des molas en les cousant à la main et les enfants jouent avec ce qu’ils trouvent dans la nature. En s’approchant de l’école, nous avons surpris un groupe qui faisait de la gymnastique avec leur professeur dans la cour, tous en short rouge avec t-shirt blanc. Les jeunes ont eu le fou rire quand ils ont aperçu mon capitaine sautiller à leur rythme.
Tout semble figé sous ce soleil torride, il faut prendre le temps de fixer ces images si loin de notre monde moderne. En voici un bon exemple; cette corde à linge surélevée sur des piquets en Y, laisse le passage libre, s’approche du soleil et se tient loin des petites mains. Bien sûr lors de la promenade, les enfants sont charmants et de plus nous nous laisserons tenter par l’achat de ces molas, pièces d’artisanat typiques fabriqués par les femmes kunas. Prado, il est « il » mais « elle » en même temps, est très fier de nous exposer ses œuvres. L’homosexualité et les travestis sont très bien acceptés dans cette communauté des Kunas ainsi que les enfants albinos qui sont considérés comme des enfants de la lune.
Lise a vécu aussi le passage des marchands de fruits et de légumes qui font le tour des bateaux pour nous approvisionner, les pêcheurs aussi qui viennent nous offrir leur pêche du jour. Les cayucos sont utilisés avec des pagaies ou des voiles; maintenant ceux qui offrent un service aux navigateurs ont des moteurs afin de se déplacer dans les différents mouillages plus rapidement.
Déjà son séjour s’achève et ces jours passés en sa compagnie sont toujours trop courts. Nous avons pu visiter quelques mouillages tous à proximité les uns des autres. Nous aurions pu enfiler encore des jours et des jours tout aussi envoûtants, revivre des couchers de soleil , répéter nos matins de planification des repas du jour avec espièglerie, flâner sur le plages ou rester en admiration devant cette nature renouvelée. Comblée d’images pittoresques, de chaleur et de baignades, Lise a repris un vol vers Panama City avec de jolis molas, souvenirs uniques de ce coin de paradis.
Les bagages moins lourds qu’à l’arrivée bien sûr, elle retourne au Québec. Nous sommes heureux d’avoir partager avec elle ces moments de vacances et nous avons eu beaucoup de plaisir à lui faire découvrir les San Blas sous plusieurs facettes.
Nous partons vers de nouveaux mouillages, le mois d’avril marquera la fin de notre séjour dans les San Blas. Nous arrêterons à Esnadup, encore un joli nom kuna pour cette île. Un seul autre bateau, mouillage plutôt tranquille. Pas d’habitation autour; l’Aquarel repose bien à l’abri de la barrière de corail. Ce paysage silencieux est un oasis de paix. Parfois, on peut voir quelques voiliers passer au large, lentement suivant le rythme des vents doux de ces derniers jours. Un après-midi nous décidons de faire une promenade sur la plage. Nous sommes attirés par le sable blond près de la rive sur lequel se prélassent des étoiles de mer. Elles sont nombreuses car le milieu est propice à leur présence avec ces herbages au fond de la mer à quelques dizaines de mètres du rivage et ce sable qui les attirent en promenade. C’est toujours avec grand plaisir que nous prenons le temps de les admirer.
Notre plaisir est décuplé avec la découverte de « sand dollars » dont nous ferons cueillette abondamment. Ces fragiles « sand dollars », beauté de la nature, sont sans vie lors de la découverte et feront de jolis ornements selon la fantaisie de chacun. En voici quelques spécimens et je n’ai pu résister à l’envie d’y ajouter ma découverte sur la plage de trois « crown conchs » ces coquillages si élégants.
Avril a été rempli de doux moments, de soirées spéciales comme celle à Lemon Cay où les navigateurs se sont retrouvés sur la plage afin de partager un souper communautaire alors que certains d’entre eux offraient un spectacle musical. Cette soirée a été fort appréciée car les divertissements culturels de font rares dans ces îles. Ce sont des moments de partage, de plaisir dans leur plus simple expression.
Les jours passent et on tente d’emmagasiner ces images dans notre mémoire. Ces cocotiers élancés qui défient le soleil dont l’ombre s’allongent dans l’eau au coucher du jour mais qui resteront le souvenir rattaché aux San Blas. C’est un coin de paradis qui est là sous nos yeux, en péril toutefois, à cause du niveau de l’eau qui s’élève et qui tend de submerger ces îles de la mer. Nous sommes parmi les chanceux d’avoir vécu dans ces lieux si charmants.
Nous devons penser à reprendre la route vers Linton , Portobello et Colon où nous ferons un carénage. Malheureusement, ces temps-ci, il y a très peu de vent ce qui signifie que nous devrons mettre à contribution notre moteur. D’abord Isla Grande, une quarantaine de milles nautiques, où nous prendrons notre premier repas au restaurant depuis trois mois, joli restaurant français sur le bord de l’eau. Hum! Quel plaisir! Le lendemain, nous jetons l’ancre en fin d’après-midi pour se retrouver au milieu d’une quarantaine de voiliers. Encore une fois c’est une surprise, nous n’avons jamais vu tant de bateaux dans ce mouillage de Linton. Nous y passons quelques jours à organiser l’agenda en vue du carénage.
Mon capitaine a souligné mon anniversaire en invitant deux autres équipages à partager notre dîner à Panamarina. Il a pris soin d’apporter le champagne et les coupes. Nous nous sommes régalés car la bouffe à Panamarina est excellente. Ce fût un plaisir d’y retrouver Sylvie et Jean-Paul, les propriétaires que nous connaissons depuis deux ans. Pour s’y rendre nous devons faire une promenade en annexe et suivre un couloir de mangroves. À un moment donné, avançant à petite vitesse, nous avons l’impression d’être à Disney World dans un de leur manège enchanté. On s’attend à voir apparaître un animal préhistorique ou un objet inusité. C’est très amusant.
Au retour la même magie s’opère et cette photo montre le reflet dans l’eau de ce qui est au-dessus de nous. Fascinant, non?
La date de la sortie d’eau pour l’Aquarel arrive à grands pas, nous devons avancer et nous voilà en route vers Portobello. Un autre vingt milles nautiques et nous entrons dans cette jolie baie bien abritée. Nous avons eu la surprise de pouvoir recevoir le wifi dans ce mouillage; alors j’en profite pour mettre à jour mon site, c’est tellement plus facile quand nous avons accès à internet directement du bateau. Les petits travaux sur l’Aquarel sont toujours en cours. Il fait très chaud et nous avons décidé de retourner à Boquete alors que l’Aquarel sera au sec, question d’aller voir où en sont les travaux dans la construction de notre maison. Ce projet, ce coup de cœur, va bientôt aboutir. Nous recevons régulièrement des nouvelles de Montanas et des photos qui nous informent de la progression. Nous ne pouvons résister et en mai nous irons visiter des amis à Boquete et bien sûr passer du temps sur le site de Montanas. L’atmosphère est toujours reposante et pleine de promesses. À chaque fois que nous allons à Montanas je ressens le même bien-être, c’est rassurant. Mais ceci est une autre histoire.
Demain ce sera la navigation vers Colon. Un jour à la fois dirait mon capitaine mais je me surprends toujours à prévoir le plus longtemps d’avance. C’est le temps de refaire une toilette printanière à l’Aquarel, la peinture antisalissure pour la coque étant la raison principale. Notre arrivée à Shelter Bay Marina est donc prévue demain, la sortie d’eau vendredi et le départ pour Boquete lundi. |