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La traversée sur la Martinique

 

Nous surveillons une bonne météo pour traverser sur la Martinique, au mouillage de Ste-Anne.  Petite traversée de quatre heures avec des grains passagers et des poudreries de pluie.  Ces deux îles sont visibles l’une de l’autre.  Nous rejoignons des équipages québécois pour quelques temps de passage en Martinique.  C’est là que nous attendrons une pièce pour notre désalinisateur, pièce qui vient de la Californie.

Nous sommes chanceux, cette fois, la pièce arrive rapidement.  Comme il est possible, grâce à la technologie de suivre le transport d’un colis chez Fédex, nous pouvons le suivre à la trace et savoir le jour et l’heure prévus de son arrivée.  

Nous restons à Ste-Anne pour quelques jours qui s’éternisent finalement.  Le soleil est au rendez-vous mais les vents sont assez corsés.  Nous profitons de ce séjour pour faire des randonnées pédestres jusqu’aux Salines;  il faut compter deux bonnes heures de marche en suivant un sentier qui longe la côte ce qui nous permet de voir des panoramas magnifiques sur la mer et des plages désertes.  Les Salines sont le théâtre de jolies photos de magazines car les cocotiers et les palmiers y sont magnifiques. 

Depuis notre arrivée en Martinique, c’est à nouveau la dégustation des fromages, des vins français et des baguettes toutes chaudes au quotidien.  Il y a pire dans la vie.  Et quel dommage!  Nous sommes bloqués en Martinique par les grands vents et la mer agitée. ;-)

Un soir, nous avons été témoin d’un événement heureusement exceptionnel;  le bruit d’un hélicoptère emplissait le mouillage de Ste-Anne.  Pendant une bonne demi-heure, cet hélicoptère a balayé, avec un faisceau lumineux de grande intensité, la plage et les environs en passant très bas au-dessus des voiliers.  Le tout donnait un air quelque peu lugubre autour de nous.  Puis il s’est immobilisé à quelques centaines de pieds de l’Aquarel en fixant une tache blanche dans l’eau.  Ils avaient retrouvé une personne noyée, un pauvre monsieur de 72 ans selon ce qu’on a appris le lendemain.  Les gendarmes sont venus le récupérer à bord de leur embarcation, triste fin de cette histoire.

De façon inopportune, le lendemain, une autre personne noyée est retrouvée près de la plage des Salines; un homme tombé d’une moto marine d’après ce qu’on en disait.  Ces évènements nous rappellent le respect qu’on doit à la mer en tous temps.

Les jours s’égrènent répétant une météo de vents corsés, de grains quotidiens et de mer agitée toujours.  Nous restons prudemment au mouillage soit de Ste-Anne ou du Marin en attente que le tout se calme, rien ne nous presse.

C’est le temps pour l’approvisionnement, la lessive, le social, les lectures, les visionnements de vidéos car l’énergie ne manque pas, l’éolienne s’en donne à cœurs joie.  De plus nous avons ajouté deux batteries à notre équipement.  Cela offre une plus grande latitude.   

Ce dimanche, des courses de yoles ont marqué la journée.  Ces embarcations sans quille, avec leur voile carrée et leur quinze hommes d’équipage, filent à vive allure.  Plusieurs équipiers font du rappel tandis que trois d’entre eux tiennent le gouvernail.  C’est un déploiement d’énergie incroyable et un travail d’équipe incomparable pour réussir. 

                       

Malgré les grands vents mais sous un soleil resplendissant, ils ont pris le départ.  C’est fascinant de les voir guider ces embarcations.  Quelques bains de mer pour certains mais pour la plupart, les équipages passent le fil d’arrivée après des efforts sublimes et une grande dextérité.

Cette journée est pleine de couleurs, la course de yoles, les planches à voile, les  sorties de quelques heures de certains voiliers, la promenade des dinghys;  il y a de la fébrilité dans l’air de la baie.  

Nous occupons notre temps à régler des détails avant le départ.  Il est sûr que les longues attentes d’un nouveau départ aiguisent notre hâte mais en même temps rendent les coupures avec les amis et les lieux plus difficiles.  Nous prenons racines au fil des jours et nous pourrions être de plus en plus capricieux sur nos météos pour la navigation.

 Mais l’attrait du nouveau fera surface et nous lèverons l’ancre bien sûr.

 

Février

Les derniers jours de janvier nous ont enfin permis de lever l’ancre.  Ce mois de janvier a été exceptionnellement venteux; la mer était toujours emballée avec des creux de vagues de trois à quatre mètres et que dire de cette houle Nord Ouest, exceptionnelle, qui rendait même les mouillages, un défi d’équilibre constant pour les équipages.  Puis un bon matin, voilà que les vents s’adoucissent et que la mer suit.  Cela nous a permis de mettre les voiles sur Grande Anse d’Arlet, mouillage de rêve et deux jours plus tard sur Anse Mitan avec son village créole déjà visité par nous. 

De là nous avons pris un traversier pour se rendre à Fort de France qui accueillait ce même jour un gigantesque paquebot.  La ville est toujours aussi animée avec son lot de boutiques de tous genres et sa rue piétonnière.  De plus, des martiniquaises vendent à proximité du grand marché, leurs friandises maison ou de petits bijoux des îles. 

Notre première étape est de se rendre aux douanes pour régler, avant de quitter la Martinique, un problème de taxes chargées sans raison sur notre pièce commandée en Californie.  Nous devons marcher une bonne demi-heure pour s’y rendre.  La journée est magnifique.  Comme toute démarche dans les îles, rien n’est jamais simple; nous constatons que les douanes ont déménagé depuis notre dernier passage.  Après quelques informations, on nous explique que c’est vraiment loin pour y accéder.  Nous reprenons tout de même notre marche sans trop savoir comment s’y rendre.  Au bout d’un moment, nous demandons à un couple qui sortait d’un commerce de nous situer.  Mais la même réponse nous arrive : c’est vraiment loin.  Je me surprends à leur demander si c’était sur leur chemin et gentiment ils nous offrent de nous y conduire ( une fille s’essaie !! ).  Plus tard le monsieur me remettra sa carte où c’était inscrit : Monsieur Paul, voyant, spirituel, guérisseur. Je sais choisir tout de même.

Et là nous tombons dans le dédale administratif de la France.  La gentille dame qui nous reçoit, a bien compris notre demande mais elle est obligée de suivre la procédure.  De la paperasse aux photocopies, elle nous explique que notre demande passera dans la hiérarchie de leur bureau et que probablement notre demande sera acceptée mais ne pas attendre de nouvelles avant deux à trois mois.  Et nous qui pensions qu’ils nous rembourseraient sur place.   Faut se faire à l’idée, on n’échappe pas au progrès.  Le retour se fait en autobus lesquels passent aux heures, de quoi faire compétition à ceux de Laval, Québec. 

De retour à Fort de France, nous complétons quelques emplettes et nous reprenons le traversier vers Anse Mitan.  Il reste encore à trouver certains papiers pour la dame des douanes, à trouver, une enveloppe, un timbre de la Martinique et à poster le tout avant ce soir car demain c’est un départ vers la Dominique.

Et nous qui attendions le beau vent de 15 nœuds annoncés,  deux heures après le départ, toujours pas de vent, une mer d’huile.  Nous devons parcourir plus de soixante milles aujourd’hui, donc nous devons garder une moyenne de cinq nœuds.  Le moteur nous y aide.  Notre progression le long de la côte martiniquaise est fort agréable, nous voyons les petits villages dans les anses et au Nord, la ville de St Pierre au pied de la Montagne Pelée, cette dame qui ne se décoiffe jamais.

 

 

À l’approche du canal de la Dominique, les vents apparaissent enfin de l’est et nous permettent de mettre les voiles avec entrain vers la Dominique.  Nous avons du soleil mur à mur et la traversée du passage est sportive;  l’Aquarel avance bien.  Quatre heures plus tard, nous sommes vis-à-vis la Dominique et protéges des vents nous devons s’aider à nouveau du moteur. Nous arrivons au mouillage de Portsmouth avec le coucher du soleil. Déjà de nombreux voiliers sont à l’ancre et la baie se vêtit aux couleurs sombres de fin du jour.  Après douze heures de navigation, je ne désire que manger un peu et dormir.  Aussitôt la tête sur l’oreiller, je tombe dans le pays des rêves.

Le lendemain, les vents nous permettent de continuer notre chemin sur les Saintes.  Vingt milles à faire, d’ailleurs dès la sortie de notre baie nous distinguons la forme de ces îles, notre destination du jour. 

La traversée se fait bien et nous choisissons d’ancrer au Pain de Sucre pour notre première nuit.  Le lendemain nous nous rendons au Bourg pour se délier les jambes  et acheter notre baguette, chaude bien entendu.  Accueillis sur les quais par les familles de crabes, nous tombons à nouveau sous le charme de ce village pittoresque. 

L’archipel des Saintes offre plusieurs mouillages dont celui de l’Îlet à Cabrit.  C’est notre prochain arrêt car nous prévoyons se rendre à un joli point de vue tout en haut au Fort Joséphine.   Cette île est inhabitée sauf par quelques chèvres de montagnes, une profusion de lézards et trois  canards d’une espèce inconnue de nous mais dont l’instinct est le même que ceux du lac Champlain; ils viennent près des voiliers pour se faire nourrir.

Le sommet de l’île permet une vue imprenable des Saintes tout en gardant à l’œil l’Aquarel.

 

 

 

 

La météo nous est favorable pour une traversée sur la Guadeloupe.  Nous prenons la mer avec des vents de l’Est qui nous portent jusqu’à Pointe à Pitre.  C’est toujours aussi agréable de faire de la voile;  ces heures paisibles où le voilier glisse sur la mer, nous comblent de bien-être mais ne doivent jamais ralentir notre vigilance.  Soudain le capitaine annonce un champ de mines, entendre ici un champ de bouées de pêche.  Une surveillance à la proue s’impose pour une bonne demi-heure.  J’indique le chemin à suivre, on se croirait dans un jeu de Pacman. 

L’arrivée à Pointe à Pitre est ponctuée d’un grain mais le capitaine a réduit déjà toutes les voiles en voyant s’approcher les nuages menaçants, c’est donc  à moteur que nous avalons les deux derniers milles. 

L’apprentissage de la voile est une des activités prisées des jeunes dans les îles.  Les écoles de voile sont bien présentes et chaque groupe d’âges est fort distinct;  les bateaux grandissent selon l’âge des enfants.  Les moniteurs les suivent en bateau à moteur et chaque groupe choisit son coin de jeux, le plan d’eau est assez grand pour toutes les classes en même temps…  Leurs cours sont ponctués de cris de joie et  d’excitation.   

Notre mouillage à l’Îlet aux Cochons est calme, bien abrité derrière les brisants.  Au crépuscule,  les derniers cumulus font écran au coucher du soleil qui leur tient tête en les surlignant d’un orangé éclatant. 

 Le jour suivant nous préparons notre passage de la Rivière Salée qui démarque les deux ailes du papillon de la Guadeloupe, Basse Terre et Grande Terre.  Ce passage coupe 41 milles sur la distance qui sépare la Guadeloupe d’Antigua.  Nous devons nous rendre à l’entrée du pont de la Gabarre la veille car il ouvre une fois par jour, à 5 heures du matin.  Il y a quatre bouées où les bateaux peuvent s’amarrer à l’entrée de ce pont.  Les profondeurs sont vraiment limites par rapport à nos tirants d’eau mais ça va.  La nuit est tranquille.  À quatre heures, le réveil sonne.  Un petit jus d’orange et il faut habituer nos yeux à cette noirceur.  Quelques étoiles sont tout de même au rendez-vous.  En silence, sur un plan d’eau miroir,  six bateaux attendent l’ouverture du pont.  Puis nous discernons, grâce aux lumières de navigation,  chaque bateau qui s’engage tout doucement dans le chenal.  C’est un moment de concentration intense car la noirceur établit une atmosphère un peu irréelle.  Nous devons surveiller les bouées du chenal, les distances entre les bateaux et les profondeurs.  Une vigie sur le pont est de mise.

C’est étrange de sillonner cette rivière étroite et sauvage où nous devinons les abords de palétuviers ;  certains cris d’oiseaux nous parviennent de très près mais nous ne pouvons les voir.  Toute notre attention est en alerte, c’est une expérience inédite.  Peu à peu, l’aurore se pointe mais déjà nous entrons dans le Grand Cul De Sac Marin au Nord de la rivière.  Pendant une autre heure nous naviguons de bouée rouge en bouée verte pour éviter les récifs par-ci par-là.   Nous levons les voiles alors que le soleil déploie son manteau d’or.  De son côté, la mer s’ouvre à l’infini, l’Aquarel pointe son étrave vers Antigua. 

Cette traversée est fort agréable.  Les vents de 20 nœuds de l’est assurent notre avancée à bonne vitesse.  La houle fait surfer l’Aquarel à maintes reprises et le pilote automatique barre toute la journée.  Avec un soleil mur à mur, nous profitons de cette magnifique journée de voile.  Au fil des heures, nous sentons notre peau prendre le goût de sel dont le vent nous enrobe, nous rappelant que nous naviguons dans les mers du Sud. 

La ligne dormante est en place au cas où un poisson perdu s’y laisserait prendre.   À vingt milles des côtes, voilà que le son distinctif du fil à pêche qui se déroule se fait entendre mais malheureusement nous réalisons que le rappala s’est accroché à un filet et avant même que nous puissions faire quoi que ce soit les trois cents pieds de ligne avaient disparus avec le leurre. 

L’arrivée à Falmouth est un vrai régal pour les yeux.  Avec sa marina bien abritée, ses sites d’ancrage nombreux, sa plage accueillante et ses eaux turquoise, Falmouth donne l’image d’un site de villégiature.  De petits voiliers se faufilent entre les bateaux au mouillage, des kayaks glissent silencieusement,  des baigneurs font quelques brasses et d’autres se prélassent au soleil.  D’immenses voiliers et bateaux à moteur sont à quai et le soir, débordant de lumières, ils donnent à cet endroit un air sophistiqué. 

L’Aquarel est ancré vis-à-vis la plage où nous passerons quelques jours. 

 

 

Il est facile de s’approvisionner ici;  l’épicerie est tout juste à la marina.  Nous pouvons retrouver sur note table dépendant de l’île où nous nous trouvons :  du beurre de Nouvelle Zélande, du miel de la Hongrie,  de la laitue des Etats-Unis, de la mousse de canard de France, de la marmelade de Trinidad, du jus de mangue de la Colombie, des pâtes d’Italie, du café du Brésil, du Nutella du Canada et combien d’autres produits puisque l’importation est importante dans les îles.   Par contre, l’approvisionnement n’est pas toujours aussi facile;  plus les îles sont petites, plus il faut attendre les arrivages. 

Nous avons découvert que de plus en plus les restaurants offrent l’utilisation d’internet sans fil et sans frais;  il est agréable de siroter une bière ou un café, assis confortablement dans un petit restau ou sur une terrasse sous les palmiers tout en faisant nos mises à jour sur notre portable. 

 

 

Le bouchon de liège.

Vous pouvez vous imaginer comment se comporte un bouchon de liège dans une bouteille qu’on brasse allègrement.  Hé bien!  Voilà comment se  sentaient  l’Aquarel et son équipage durant ces heures de navigation du côté de l’Atlantique.

Aujourd’hui c’est un départ vers Green Island du côté Est d’Antigua.  Nous braverons les vagues de l’Atlantique pendant deux heures en suivant la côte mais cela en valait la peine car la petite baie de Rickett Harbour est tout à fait enchanteresse.  C’est notre premier mouillage en solitaire.

 

 

Dans une eau turquoise, entourés de petites plages vierges, nous jetons l’ancre en surprenant deux tortues de mer.  Nous sommes à l’abri de la houle grâce à cette petite île et aux brisants du côté Est.  Nous profitons de ce panorama tout en se reposant au milieu de milliers de petits poissons néons qui pétillent grâce aux éclats de soleil.  Une petite cueillette de coquillage et une plongée en apnée sont les activités du jour.  Au soir, la pleine lune nous comble d’une ambiance du bout du monde. 

Mais, il y a souvent un mais, une surprise nous attendait vers 19 heures.  Un projecteur se baladait dans notre intérieur alors que nous regardions tranquillement un film.  Intrigués nous sortons voir qui se présente et un énorme dinghy s’approche de nous lentement.  Mon capitaine sort lui-même son projecteur pour tenter d’identifier les intrus.  Un instant, l’inquiétude me tenaille et je cherche la meilleure chose à faire, sortir le pistolet de détresse  ou le poivre en flacon autodéfense.   (  Haha! Je fais durer le suspense. )

Très doucement ils nous abordent; ils sont quatre costauds heureusement en uniforme officiel de la garde côtière.  Ils nous parlent calmement et nous expliquent qu’ils font des vérifications pour les permis de séjour.  On leur montre nos papiers en règle et ils repartent en nous disant de ne pas s’inquiéter, nous sommes en sécurité dans ces eaux. 

Ouf!  C’est la première fois que cela nous arrive et il fallait que ce soit un soir où nous sommes seuls au mouillage.   Ils devraient faire leur vérification de jour tout de même.  Nous fermons un peu plus le bateau ce soir-là juste par précaution.

Le lendemain, une petite balade avec l’Aquarel dans Nonsuch Bay où un dauphin nous surprend  en pleine exploration.  Ils apparaissent toujours à des moments inattendus. 

D’autres voiliers sont dans les différents ancrages de cette baie mais nous revenons à Green Island pour une autre journée paisible qui cette fois est animée par un énorme catamaran de touristes qui viennent profiter pendant quelques heures de notre plage déserte.  Mais nous sommes d’accord pour la partager. 

Comme toute bonne chose a une fin, nous devons revenir à Falmouth pour préparer notre traversée vers Barbuda. 

Tout prêt de nous, à la marina, des navigateurs préparent une course amicale mais là, attention, avec de petits bateaux fabriqués à la main en deux heures.   Tout le monde s’amuse ferme à la construction plus ou moins fantaisiste. Certains ont choisi d’y mettre une petite voile, d’autres ont choisi d’avancer à rames, d’autres ont un style pirogue mais une chose est certaine, ce n’est pas l’excitation qui manque de passer le fil d’arrivée.   Le signal du départ se fait entendre et les embarcations sont mises à l’eau pour le plaisir de tous.  Certaines chavirent dès la mise à l’eau, d’autres résistent sur quelques mètres, plusieurs réussiront mais d’autres pousseront à la nage finalement leur bateau qui n’arrive pas à supporter le capitaine.  Sur les quais, sur la plage, dans les dinghys, les supporteurs étaient présents.

Quand la météo sera bonne pour nous, quand les vents auront la bonne direction, quand la mer s’apaisera, nous pointerons notre étrave sur Barbuda en emportant nos images souvenirs d’Antigua. 

 

 

 Essai de départ vers Barbuda.

Nous sommes samedi.  Nous sommes à Antigua.  Dans cette île, il y a, en plus des douaniers et des agents de l’immigration, des agents de port.  Ces derniers nous fournissent un document qui doit être présenter aux douanes et ensuite au agents d’immigration.

Les douaniers de Falmouth nous donnent le renseignement que nous pouvons faire notre sortie de douanes à Jolly Harbour le dimanche.  Comme nous devons en principe quitter l’île en dedans de 24 heures après la sortie, nous avons calculé qu’en nous déplaçant sur Jolly Harbour, nous sauvons trois heures de notre route sur Barbuda dont le départ est prévu lundi matin. 

Nous nous retrouvons donc à Jolly Harbour pour faire nos douanes dimanche en après-midi mais, comme il y a souvent des «mais », le douanier est là, les gens de l’immigration sont là mais non les agents du port, donc pas de sortie possible.  Il faut remettre cela à demain matin huit heures « mais » le lendemain matin cette fois, ce sont les gens des douanes qui ne sont pas là, quelle malchance!  Nous devrons attendre à dix heures avant de régler les papiers. 

Puis c’est le départ.

Mais l’avancée est difficile car nous avons des vents dans le nez, de bonnes vagues et ce n’est pas du tout confortable comme allure.  La vitesse est réduite et de plus il faut s’aider du moteur.  Deux heures plus tard, nous décidons de s’ancrer à Deep Bay toujours à Antigua et demain, changement de programme,  nous partirons directement sur St Barth. 

 

La traversée sur St Barth:

Départ 5 heures du matin.

Destination St Barth, port Gustavia

Route Nord Ouest.

Route planifiée sur le GPS. 17:54,29 Nord. 62:51,43 Ouest.

Heure prévue d’arrivée, 17 heures.

Vents ENE de 16 à 22 noeuds jusqu’à 13 heures.

Houle dominante de ENE.

Vitesse, 5 à 7 nœuds.

Grande voile avec une prise de ris et un demi génois.

Plusieurs grains de faibles à modérés au départ.

13 heures, pleine voilure.

Vents et la houle de l’E jusqu’à l’arrivée.

Vitesse de 7 à 9 noeuds.

Heures d’arrivée : 16 :30 h.

Distance parcourue 71 milles nautiques. 

Commentaire :  journée de voile fabuleuse, le bateau a battu ses records de vitesse.

 

St Barthélémy, St Barth pour les intimes, l’île enchantée.

L’arrivée à Gustavia est certes magique.  C’est un port qui attire les gens riches et célèbres à ses quais.  Nous restons donc au mouillage avec plein de nos compères.  Il faut noter que cela coûte 4 euros par soir même au mouillage dans le port de Gustavia.  C’est fabuleux de voir ces gigantesques bateaux à moteurs, que dis-je ces paquebots particuliers avec des équipages jusqu’à douze personnes et plus.  Ils sont gigantesques, transpirant la richesse et laissant deviner un intérieur des plus confortables, digne des meilleurs hôtels.  Une hôtesse jeune et distinguée, habillée d’un short marine et d’un polo blanc impeccable, aux insignes du bateau, vient prendre possession d’un centre de table orné de roses blanches,  livré par une boutique au quai.  C’est facile d’imaginer qu’il ornera une salle à manger très spacieuse. 

 

 

Notre promenade dans Gustavia nous fait découvrir de multiples restaurants car St Barth est un rendez-vous gastronomique.  De grandes boutiques offrent des vêtements griffés, des chaussures délicates hors de prix, des parfums enchanteurs, des bijoux selects, des vins capiteux, des grands crus,  des objets de luxe variés. 

Plusieurs boulangeries et pâtisseries font la joie des passants. 

Des domaines avec vue sur la mer, font aussi état de cette richesse des lieux.  

Nous avons rencontré un couple charmant du Nouveau Brunswick, Laurie et Dawn du catamaran Cat Tales;  ils nous accompagnent pour une journée de vacances à l’intérieur de l’île que nous parcourons en voiture de location.  

Nous partons sur les routes très étroites de St Barth, aux virages en épingles très fréquents.  Les voitures sont toutes de format très petit y compris de nombreuses  Smart.  Notre but : s’arrêter à chaque baie et marcher sur la plage pour découvrir les plus jolis coins photogéniques.

 

 

Puis à l’heure du midi, nous arrivons au restaurant Le Mango de l’hôtel Christopher.  Cet endroit est paradisiaque.  Nous sommes servis avec grande gentillesse;  les pieds dans le sable, nous dégustons nos cocktails et notre repas.  Les tables sont tout près de la mer à proximité du bar, du BBQ, de la piscine, le tout joliment lové dans un aménagement paysager propice à la détente et à la rêverie. 

Nous prenons quelques heures pour jouir de ces lieux;  nous avons droit aux serviettes de l’hôtel et aux transats et quel plaisir de faire quelques brasses dans cette magnifique piscine, soit dit en passant, la plus belle de l’île.  Cette baignade dans l’eau douce est un délice, accompagné d’une vue superbe sur la mer.   Le concepteur de cette piscine a voulu que notre regard se perde entre les bleus de la piscine et ceux de la mer, c’est très réussi.

 

 

Cette journée s’achève sur une terrasse de Gustavia pour déguster une bière avant le retour au bateau. 

Le lendemain, Nous levons l’ancre vers la baie des Colombiers toujours à St Barth.  Trois milles seulement et nous y sommes.  Cette baie est un parc national.  Donc aucune résidence, aucune marina, tout l’environnement est protégé.  Plusieurs boules de mooring sont à la disposition des navigateurs et c’est gratuit.  La plage est extraordinaire, l’eau est de cristal et le sable est finement blanc.  Un peu de plongée s’impose.

 Voilà le jour de la destination de St Martin arrivé, avec un arrêt à l’île Fourche à trois milles d’ici.

L’île Fourche est aride et sauvage.  Inhabitée, elle est l’hôte de quelques oiseaux seulement.  Très peu de végétation, ce qui lui donne un aspect lunaire avec ses rochers de différentes couleurs.  Ici aussi nous trouvons des boules de mooring installées par les responsables du parc naturel.  C’est un arrêt pour quelques heures seulement car la baie n’est pas bien protégée de la houle.  Toutefois c’est un arrêt exotique qui nous permet d’admirer le jeu de cache-cache de deux tortues autour du bateau.  Elles font surface, nous épient et plongent à nouveau dans leur univers où rien ne semble les perturber.