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Mi-décembre

Décembre nous a vus revenir du Pérou et faire quelques approvisionnements à Puerto La Cruz puis partir vers Margarita.

Du Pérou, nous sommes revenus à la marina avec un sac de voyage de plus même si j’ai abandonné mes souliers de course au dernier hôtel.  Comment résister à tout cet artisanat aux riches coloris ! 

Quel plaisir de se retrouver à bord, nous sommes rentrés chez nous.

Le temps de défaire bagages et de retrouver nos repères, nous voilà en route vers Margarita. 

Il nous reste à peine quelques jours avant l’arrivée de nos amis.  Le temps des Fêtes s’approche à grands pas.  Nous sommes très heureux de leur présence durant cette période qui est toujours un peu plus difficile loin de nos familles et de nos amis. 

Les voilà, ces gens du Québec qui ont bien besoin de repos.  Nous sommes à l’aéroport pour les accueillir dans ce pays aux consonances espagnoles.   Il est entendu que nous passerons la majorité de leurs vacances à Blanquilla, promesse de repos, de tranquillité et d’émerveillement.

Mais dès le lendemain,  nous passons d’abord à l’approvisionnement, île déserte oblige; nos amis vivent avec nous le plaisir du grand marché d’alimentation et du retour à la marina, de la longue marche jusqu’au bout du quai avec les sacs au bout des bras;  puis il faut descendre les sacs de provision dans l’annexe, se rendre au bateau, les descendre sur le pont tout en veillant aux lois de l’équilibre, rediriger le tout vers le carré et déballer  tout en rangeant.  Leur aide est précieuse et le tout se fait dans la bonne humeur car notre amie Diane a le don de partager son rire communicatif.  Le lendemain nous naviguons jusqu’à Juangriego, au Nord de Margarita.

Le jour suivant, c’est une longue navigation qui nous conduit à notre destination privilégiée.   Notre Aquarel s’en donne à cœur joie sur les ailes du vent.  C’est une navigation sportive qui ébranle quelque peu nos amis mais dont ils s’acclimatent au fil des heures.   Ce n’est pas facile de s’amariner le premier jour avec la fatigue accumulée dans le grand pays du Nord, plus le voyage d’avion et que de surcroît nos hôtes nous réveillent à quatre heures du matin pour un départ matinal vers notre destination qui se trouve à plus de 62 milles nautiques.  Pour nous c’est une destination connue mais quel plaisir d’avoir la chance d’y retourner!

 Blanquilla reste une île de calme et de bien-être.  C’est l’endroit idéal pour se reposer du bruit, de l’agitation des foules, du stress et des horaires serrés.  Ici c’est le silence, le temps s’arrête, nos vies sont gérées par le soleil et la lune et le tempo de la journée est réglé sur la liberté et le tiraillement du ventre affamé.  

Le temps a passé, occupé à farniente, à la bonne bouffe, à la lecture, à la plongée, aux promenades sur la plage, aux baignades dans cette eau limpide et pourquoi pas à un concours de châteaux de sable.

 

Dix jours plus tard, bien repus de soleil, de sable et d’air salin nous repartons en navigation vers Margarita.  Le vent nous est favorable et c’est en faisant une belle voile durant de longues heures que nous atteignons Juangriego en cette veille de l’an nouveau.  Cette fois, nos invités ont bien profité des joies de la voile et de la griserie du vent.  Le soir venu, les yeux nous ferment, le grand air nous commande le sommeil mais qu’à cela ne tienne, à minuit nous réveillons l’équipage et le champagne à la main, nous saluons le passage de la nouvelle année sous les éclats des nombreux feux d’artifices qui nous entourent.  

 Notre arrivée à Porlamar marque la fin des vacances.  C’est le Jour de l’An.

 Nous invitons Michel, de Graffitti, à se joindre à nous pour le souper afin de partager le canard confit et nous passons une agréable fin de journée sous le signe de la bonne humeur et du plaisir. 

 

 L’heure du départ a sonné pour nos amis.  Ils repartent avec des images de soleil et de plage dans les yeux.  Le repos se lit sur leurs visages.  Le plein d’énergie est comblé.  Nous sommes heureux d’avoir partagé ces moments délicieux avec eux et l’émotion du départ marque à nouveau notre vie. 

Chaque visiteur sur l’Aquarel laisse sa marque et un doux souvenir tout en nous faisant espérer les prochains. 

 

Janvier

Janvier nous ouvre ses bras en ce début d’année et nous permet de faire le point.  Robert a besoin d’une petite intervention chirurgicale qui se fera ici à Margarita.   Depuis quelques mois il doit faire enlever un nodule sur une oreille.  Nous contactons une association du nom de Surgical Services International et le processus de rendez-vous avec un médecin, les analyses pré opératoires, tout s‘organise en peu de temps.  Une semaine plus tard, mon capitaine rencontre le médecin. 

L’intervention s’est très bien déroulée et nous restons à Porlamar pour les visites médicales hebdomadaires.  Il n’a aucune douleur mais il doit protéger continuellement son oreille du soleil.  Il y a pire lieu pour une convalescence.

Un mois s’est écoulé et tout est rentré dans l’ordre.   Nous sommes prêts à reprendre notre route. 

Le mouillage de Porlamar est très populaire car à Margarita, il n’y a que de deux mouillages sécuritaires, Porlamar et Juangriego.  Ici à Porlamar, depuis notre arrivée il y a toujours une cinquantaine de bateaux.  Les services de ravitaillement sont faciles;  cinq jours par semaine, il y a un bus qui vient à la marina spécialement pour les navigateurs.  Ce bus gratuit nous conduit et nous ramène à bon port; trois fois semaine il est possible de se rendre à une grande épicerie Sigo et les deux autres jours, chez Ratan, centre d’achats offrant épicerie, quincaillerie et tout pour la maison.   Ce service est régulier et facilitant pour les gens de bateau;  de plus les emballeurs prennent en charge nos achats, les  placent dans des cartons bien identifiés et nous les remettent à l’arrivée à la marina. 

Nous avons également le Wifi à bord car il est possible ici de s’abonner à la journée, à la semaine ou au mois à ce service.  C’est assez agréable de ne plus courir les cafés internet.  Le diesel ainsi que l’essence nous est livrés à bord par un petit bateau local.  Le remplissage des bonbones de propane est possible également à la marina Juan deux fois semaine.  Quelques restaurants accessibles en annexe autour de la baie, un mouillage bien protégé, des taxis peu dispendieux pour le centre ville, vraiment nous pourrions vivre ici longtemps.  Le coût de la vie est bas, rappelons-nous l’essence à deux sous mais il faut vivre aussi avec la pénurie d’œufs, de poulet ou de sucre certains jours.  

 Après cinq semaines d’arrêt, il est facile de prendre racines.  Il est temps de poursuivre notre périple et d’aller voir ce qui se passe sous d’autres cieux.

 Le Mardi Gras est toujours le signal d’une fête dans les îles et nous assistons à la parade du carnaval à Porlamar.  Fête très familiale, pendant quelques heures les gens s’amusent à défiler en mettant en valeur des costumes et des chars allégoriques débordant d’imagination.  Aux sons des percussions, le rythme entraîne les paradeurs et la foule dans les rues. 

 

Fin février

 Déjà!  Comme le temps passe vite !

Voilà qu’un lundi matin, une grande nouvelle nous parvient :  « J’arrive mercredi, dans deux jours ».  Ma sœur Lise que j’ai prénommée mon fil d’Ariane avec le Québec, nous annonce sa visite pour notre plus grande joie.  C’est facile, nous sommes sur place, nous allons l’accueillir à l’aéroport et l’Aquarel l’attend toute pimpante. 

 Une semaine c’est bien peu mais nous allons tenter de lui faire profiter au maximum de son séjour.  Nous décidons de partir pour Los Testigos.  Quelques jours de calme près d’une jolie plage lui fera le plus grand bien.  Mais bien sûr il faut d’abord braver le vent d’Est pour se rendre.  Pas facile pour elle mais elle s’en tire très bien et la récompense l’attend. 

 

Quelques bateaux sont au mouillage.  Durant cette navigation de dix heures, le soleil a déjà roussi ses pommettes et réchauffé ses membres.  En une journée, elle passe du zéro degré du Québec aux trente degrés à peu près du Vénézuela.  Elle ne s’en plaint pas d’autant plus que les soirées sont fraîches et permettent de bien dormir. 

Nous rencontrons des amis sur le bateau Wako et nous aurons beaucoup de plaisir à jouer à la pétanque avec eux en fin de journée.  Nous profitons de la plage, du sable et nous espérons acheter des langoustes aux pêcheurs pour notre souper demain. 

 Le jour suivant nous partons en expédition dans les dunes.  Le tout commence par une balade en annexe, face au vent, ce qui est important dans l’histoire car de là vient le fait que nous sommes aspergés d’eau salée durant tout le parcours; 20 minutes à recevoir ces petites vagues qui clapotent gaiement autour de nous.  Puis nous attend une ascension à travers les cactus sur un sentier à peine défriché.   Avec précaution nous avançons en surveillant les petits cactus malins qui se cachent au rebord d’une roche ou essaient de nous bloquer le passage avec leurs longs bras pointus. 

 

Quelques arrêts nous permettent de contempler un paysage d’une grande beauté.  Puis le sentier s’élargit et les dunes apparaissent avec son sable blanc et chaud.  Nous sommes du côté Est de l’île et les vagues sont là pour nous le rappeler.  Une promenade sur la plage nous permet de ramasser de nouveaux coquillages.  Il n’y a personne, cette plage déserte, est vierge et naturelle.  Elle recèle certains trésors curieux tels ces bouts de bois sculptés par la mer aux formes dinosauriennes. 

Nous profitons d’une baignade dans les vagues en se laissant bercer par cette mer aux reflets soyeux. 

 

 

Retour sur l’Aquarel, l’après-midi est largement avancé; une bonne douche, un petit repos et nous avons la surprise d’avoir la visite d’une lancha avec à bord Siria qui nous apporte trois langoustes pour notre souper.  Nous les savourerons accompagnées d’une salade, de beurre à l’ail et de vin blanc bien froid.  Hum!!! 

 

Le jour suivant nous reprenons la mer; nous suivons notre route GPS pour revenir à Porlamar.  La navigation est très agréable avec le vent arrière.  Cette allure confortable permet à l’équipage des passe-temps agréables.  Nous prenons notre repas à la table du cockpit et nous avons une ligne à la traîne.

Sous voile, avec le soleil torride qui nous assoupit, nous sursautons au bruit de la ligne qui se déroule.   Branle-bas de combat à bord, nous nous préparons à monter à bord le poisson encore inconnu;  peine perdue, il s’échappe.  Une demi-heure plus tard, un autre s’annonce.  Cette fois nous aurons la chance de le ferrer et mon capitaine va le fatiguer avec dextérité le faire monter à bord; c’est un tazar de 24 pouces qui se retrouvera dans notre assiette ce soir.  

                  

 

Voilà qui occupe un équipage pendant un bon moment.  Pendant ce temps notre pilote automatique a poursuivi sa route qui nous rapproche de plus en plus de terre. 

Quelques heures plus tard, le vent tombe.   L’Aquarel ralentit et n’a plus l’énergie nécessaire pour avancer.  Mettre le moteur en action briserait le charme de cette magnifique journée de voile.  D’un commun accord, nous décidons de hisser notre DRS en abaissant auparavant la grande voile et le génois.  Cela suffit à l’Aquarel pour se remettre en route allègrement.

               

 

 Margarita apparaît à l’horizon, d’abord hésitante sous un voile de brume de chaleur puis de plus en plus clairement.  Nous jetons l’ancre au mouillage de Porlamar avec encore deux jours devant nous pour promener notre visiteuse dans les rues de Porlamar. 

 Le lendemain, nous profitons de la belle journée pour se reposer en passant de longues heures à confectionner de petites créations avec les perles à bord du bateau.  À midi, afin de nous dégourdir, nous allons dîner sur la plage à un restaurant local fort sympathique.  Les deux pieds dans le sable nous dégustons des langoustines présentées ma foi, très joliment.    

Dès le lendemain, nous partons explorer les boutiques du centre ville, puis les grandes artères Santiago et Cuatro Mayo.  La place Bolivar donne le ton avec ses deux rues piétonnières.  De nombreuses boutiques à des prix alléchants sillonnent ces rues.   Lise est ravie;  elle découvre le magasin de tissus El Castillo qui la surprend par sa vastitude et son choix incroyable, le tout présenté de façon originale.   Elle fait des achats avantageux et se plaît à faire du lèche vitrine.  

 

Une journée bien remplie se termine ici et malheureusement demain il faudra boucler les valises. 

Au matin, un bon déjeuner ensemble nous permet de débuter la journée tranquillement.  Il faut dire que les heures de vol sont très agréables de Montréal sur Porlamar en cette période.  Son vol est à 16 heures; nous avons donc amplement le temps de siroter notre café. 

C’est avec le vague à l’âme que je la vois partir.  Nous sommes heureux de sa visite et c’est comme toujours partie remise.