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Juillet et aoûtNous sommes toujours à Porlamar et la fébrilité du départ se fait sentir. Nous complétons notre approvisionnement de frais. C’est la première fois que nous partons pour deux mois et plus sans possibilité d’approvisionnement en cours de route. En juin dernier, nous avons beaucoup parlé de notre approvisionnement. Nous devons pour ces navigations dans les îles, bien gérer l’énergie, l’eau douce, la nourriture et les poubelles. Pour l’énergie, nous profiterons des heures d’ensoleillement du milieu du jour pour faire fonctionner le dessalinisateur. Avec nos trois panneaux solaires, notre éolienne et notre petite génératrice, nous avons assez d’énergie même pour regarder un DVD le soir. Pour l’eau douce, bien entendu, la douche se prend sous la douche solaire et l’eau au robinet est utilisée avec parcimonie. On boit l’eau également que nous faisons avec le dessalinisateur. On profite d’une petite pluie pour ramasser de l’eau qui sera utilisée pour une lessive à la main bien sûr ou pour le nettoyage du cockpit. Pour la nourriture, il faudra surveiller de très près les produits à l’air libre et manger au plus tôt ce qui laisse paraître des signes de vieillissement. Pour les poubelles, c’est un sujet sérieux car il n’est pas question de polluer les îles. Les déchets de table seront d’abord gardés dans un contenant couvert et jetés à la mer au large. Les boîtes de conserves lavées et conservées à bord jusqu’au moment où nous pourrons en disposer dans une marina. Les cannettes bien écrasées dans un sac à part, les bouteilles de vitre jetées, remplies d’eau, au large à la mer, plastique et carton brûlés sur la plage dans un coin reculé. Ainsi il y a le moins possible de poubelles accumulées sur le bateau tout en respectant l’environnement. Le 7 juillet, départ vers Blanquilla. Cette île nous est connue pour y être venu deux fois déjà. Mais tellement jolie qu’on ne peut se résoudre à quitter le Vénézuela sans revenir s’imprégner de son calme et de ses beautés.
Le lendemain de notre arrivée, des pêcheurs sont venus nous offrir du poisson; en échange, ils ne veulent pas d’argent, ils demandent du rhum ou des cigarettes. Nous avions prévu des bouteilles d’anis, on en verse une demi bouteille dans une contenant de plastique qu’il accepte avec beaucoup de plaisir. Ce soir-là, nous avions assez de poisson pour inviter des amis à souper, un gros poisson et trois petits. Mon capitaine s’installe sur la jupe arrière du bateau et nettoie consciencieusement ces poissons et au dernier moment, le plus gros lui échappe des mains et disparaît dans l’eau. Désolé mais plutôt frustré mon capitaine s’en veut et nous sommes obligés de remettre à un autre jour ce souper partagé car il ne reste que deux petites portions. Le lendemain nous avons organisé une balade en annexe à la Playa Americo. Pique-nique, palmes et tuba, appareil photo et frisbee d’eau pour s’amuser, nous partons passer quelques heures dans cette baie qui est pour moi parmi les plus belles images de sable et d’eau turquoise. En marchant sur les rochers autour de la baie nous avons découvert un immense trou où le rocher s’est effondré et laisse paraître la mer qui s’y engouffre.
Les jours passent tout doucement et bientôt nous devons surveiller une bonne fenêtre météo pour se rendre à Tortuga.
TortugaC’est la deuxième destination prévue depuis que nous avons quitté Margarita. La navigation de douze heures s’est faite à voile pour la moitié du temps et voile et moteur pour le reste car nous avons manqué de vent. L’arrivée est magnifique; un air de vacances s’échappe de cette île. Des couleurs de sable et de turquoise nous accueillent.
Cette île est très basse et les quelques arbustes qui résistent sont plutôt esseulés. Pas d’habitation autre qu’un petit hôtel de fortune qui offre quelques chambres à même la plage juste à côté de la piste ensablée qui permet à de petits avions privés d’atterrir. Ce sont en général des touristes vénézuéliens qui viennent pour la fin de semaine. Le mouillage de Playa Caldera est très agréable, la plage s’étend devant nous, la baignade est fort agréable dans cette couleur et la chaleur de l’eau nous y invite. Le temps s’arrête, tout autour semble engourdi par ce soleil torride à l’heure du midi. Puis en fin d’après-midi, émergent quelques promeneurs sur la plage. La fin de la journée s’annonce déjà, c’est l’heure de l’apéro en admirant le coucher du soleil qui parfois nous dessine des ciels dans les roses, orangés, mauves et ocres au-delà de l’imagination. Nous repartons vers un autre mouillage de Tortuga, Los Palanquinos. Quelques heures à peine à moteur car le vent est absent et nous voilà derrière une barrière de corail semblable aux Tobago Cays. Le mouillage est charmant mais un peu rouleur et la nuit n’a pas été des meilleures. Donc dès le lendemain nous levons l’ancre vers la Playa Herradura. Là c’est le bonheur, nous sommes deux voiliers à notre arrivée. La plage est magnifique, l’eau turquoise nous entoure, bien sûr, et l’approche de ce mouillage s’est fait en contournant des têtes de corail. Par mesure de prudence, nos approches se font toujours au cœur de la journée afin de bien voir ces obstacles sans être aveuglés par le soleil. Un appel pressant de plonger dans cette eau se fait sentir. Avec cette chaleur c’est une vraie détente. Le jour suivant, alors que nous prenons nos cartes météo comme à chaque matin, nous voyons que l’onde tropicale surveillée depuis deux jours, va nous rejoindre. Le soleil a bien du mal à pointer son nez car les nuages envahissent notre ciel et le vent ne tarde pas à monter. Par précaution, tout est bien arrimé à l’extérieur et nous avons ajouté dix mètres de chaîne. Pendant trois heures, des vents de vingt à trente noeuds bousculent l’Aquarel qui s’accroche à son mouillage sans peine. Étonnamment nous n’avons aucune pluie, ces nuages ont dû laisser tomber leur trop plein avant d’arriver sur nous. Tout se passe bien et en après-midi, le calme est revenu avec cette impression que l’air est d’une pureté presque visible. De la plage, je me laisse dériver sur mon flotteur jusqu’à mon bateau en sentant le pouls de la mer qui ne fait qu’onduler la surface dans une douce caresse.
Le ciel s’est présenté avec le bleu le plus franc possible, à l’horizon des nuages en flocons blancs se dessinaient avec précision, l’eau est devenue cristalline au point de voir les étoiles de mer distinctement et le soleil a enveloppé le tout de ses doux rayons. Une longue promenade sur la plage nous a conduit vers un abri de pêcheurs bien esseulés qui pour quelques cigarettes font échange avec de jolis coquillages. J’ai décidé d’apporter une casquette en plus et quand le pêcheur a compris qu’elle était pour lui, sa réaction a été très attendrissante. Il s’est mis à sautillé de joie tout en la mettant tout de suite sur sa tête. Il était très reconnaissant; sa joie faisait plaisir à voir. Tout au bout de la plage, un phare blanc et rouge dont les feux s’allument à tous les dix secondes. Au retour, une longue baignade rafraîchissante nous attend alors que la mer nous berce tout doucement. Puis vint le vendredi le 20 juillet… jour mémorable car notre calme mouillage d’Herradura se transforme en St-Tropez. Un jour Le lendemain Une armada de yachts luxueux est arrivée; en quelques heures, on en dénombre plus d’une soixantaine. Tous ces bateaux de différents calibres aux lignes modernes ont planté leur ancre le plus près possible de la plage, certains à l’épaule, d’autres avec une deuxième ancre pour placer la poupe du bateau à quelques pieds du sable. Aussitôt des tentes, des parasols et des chaises sont installés sur la plage et apparaissent, sur le plan d’eau, des kayaks, des skis nautiques, des planches à voiles, des flotteurs de toutes sortes tirés par des annexes pour le plus grand plaisir des enfants; les cris festifs des petits, la musique des grands, les rires des joueurs de ballon envahissent notre entourage. Nous allons vite comprendre que ces vacanciers viennent passer un long week-end dans ce petit paradis car le mardi suivant est le jour d’anniversaire de Simon Bolivar. Ils en font une longue fin de semaine. Le soir, la baie met beaucoup de temps à entrer dans le sommeil; ces bateaux ont des lumières qui font réfléchir le turquoise de l’eau tout autour et c’est ma foi très joli, mais la musique tarde à se faire douce. Puis tard, comme par enchantement, tout ce beau monde tombe dans les bras de Morphée. À l’aube, certains partent à la pêche et on peut voir quelques solitaires marcher sur la plage. Et chaque jour, le soleil offre à nouveau ses journées de rêve de vacances.
Le départ vers les Roques. Il faut bien préparer cette navigation de 85 milles nautiques car notre arrivée doit se faire alors que le soleil est haut afin de voir distinctement les coraux. La météo nous annonce des vents de 15 nœuds et comme la nuit les vents ont tendance à baisser, nous décidons de partir à 17 heures. Avec une prise de ris dans la grande voile, tout génois déployé, nous assistons doucement à la tombée du jour et nos yeux s’habitue à cette pénombre. La lune presque pleine et le ciel étoilé seront du voyage. L’Aquarel vogue vers l’ouest et après quelques heures, la houle nous brasse sérieusement. Plus de douze heures à ballotter dans une houle; cela ressemble à un manège, recevant la vague de côté et compte tenu qu’un train de vagues commence par de plus petites, puis des moyennes et deux plus grosses, le bateau suit dans son balancement, 5 degrés de chaque côté puis dix degrés et finalement 20 degrés. Et ça recommence…On entend la vaisselle tinter dans les équipets, quelques objets en profitent pour changer de place malgré l’arrimage. Impossible de dormir… Au mieux, somnoler peut-être pour celui qui ne barre pas. La fatigue nous gagne. Au matin, nous diminuons les voiles car nous arrivons trop tôt. Le soleil se lève à l’horizon et nous distinguons le phare de l’entrée de Sébastopol. Les Roques sont là. Le passage à l’entrée se fait entre deux lignes de brisants. Il faut avoir les deux yeux bien ouverts, puis l’eau se fait calme car nous sommes à l’abri de la barrière de corail. Notre guide des navigateurs nous explique clairement que dans ce passage il y a une autre ligne de corail que nous devons gardé à notre bâbord. Un mille plus loin, nous voyons des bateaux au mouillage. Il est bon de laisser tomber notre ancre enfin. Le bateau est stabilisé hors des vagues mais le vent reste présent pour le plus grand plaisir de notre éolienne. Il est dix heures du matin, une baignade pour la détente, une douche pour le confort, un bon déjeuner pour l’estomac et une sieste pour récupérer notre énergie. Voilà bien une journée de navigateur « dit en vacances ». Hahaha!! Ce mouillage n’est qu’une halte de repos à l’entrée des Roques qui s’étend sur 14 par 25 milles nautiques; zone de navigation privilégiée avec ses eaux d’un bleu profond qui passe du turquoise au jade selon les profondeurs. C’est une navigation qui demande une grande observation afin de contourner à temps les plaques de corail et les hauts fonds de sable qui chacun d’eux sont reconnaissables à leurs reflets de couleurs dans l’eau. Cayo Pirata, deuxième mouillage. Nous avons la chance de monter le génois et d’avoir un vent de travers pour parcourir les premiers cinq milles. C’est du pur bonheur d’avancer doucement sous voile, à l’abri des vagues de la mer, ayant comme simple consigne de suivre la coulée de sable blond à notre bâbord. Pour les derniers cinq milles, nous devons y aller à moteur car le parcours se fait à l’occasion entre les coraux par un petit tournant à droite ou à gauche selon les directives de la vigie. C’est avec précaution que nous guidons l’Aquarel dans cette couleur turquoise foncé dessinée comme au crayon de couleurs. Nous jetons l’ancre dans 9 mètres d’eau en laissant tomber beaucoup de chaîne car les abords de l’île derrière nous, sont colorés de bronze, signe de la présence de corail qui pointe à marée basse quelques pics. C’est vraiment un paradis pour la plongée en apnée. Il y a quelques abris pour les pêcheurs à cet endroit et un lot impressionnant de pélicans. La végétation est basse et devant nous une plage, grande bande de sable qui laisse voir de l’autre côté, un bateau canadien au mouillage. Nous prenons quelques heures en après-midi pour aller découvrir cette plage et prendre plaisir à se baigner avec les pélicans; en fait on les dérange car on se promène dans l’espace peu profond où ils plongent pour se rassasier de poissons. Il faut voir les mouettes des mers qui harcèlent constamment ces pélicans pour leur voler leur pitance, en leur picotant la tête, espérant que le pélican laissera échapper sa proie. Beaucoup trop de bateaux à moteur utilisés par les pêcheurs dans cette petite baie nous font fuir le lendemain vers un mouillage plus désert. Nordisqui est notre choix à une heure à peine de navigation. Les instructions du guide nous disent bien de suivre la langue de sable, de bien contourner la pointe puis de suivre la passage dans les eaux foncées comme si on suivait un corridor entre deux murs de sable et prendre son temps pour jeter la pioche à bonne distance des coraux. Dit comme cela, tout semble facile mais notre sens d’observation est mis à l’épreuve et comme un voilier ne tourne pas sur un trente sous... les conséquences peuvent s’avérer catastrophiques. Donc, il faut être en forme, bien réveillés et s’aventurer obligatoirement sous la bonne lumière. Finalement on se retrouve dans un mouillage désert avec la proue face à la barrière de récifs. C’est d’un calme incroyable. Nous décidons de faire un tour en annexe afin de profiter de ses visions d’eau turquoise, de repérer des sites de plongée et de choisir notre piscine du jour. L’eau est si cristalline que notre plongée en masque et tuba donne l’image d’un aquarium. Juste à côté des coraux, nous pouvons être debout dans un mètre d’eau. Les poissons indifférents à notre présence continuent leurs activités tout en nous laissant le plaisir de les admirer à notre aise. Francisqui, bien abrité, ce mouillage est très prisé avec ses longues plages, ses hauts fonds sablonneux et la beauté de l’environnement, c’est à faire rêver. Plusieurs touristes y viennent en bateau pour la journée. Les parasols poussent sur ces plages au quotidien et le soir tout se replie. Tout ce monde tombe sous le charme des lieux, engourdis de soleil, loin de tout stress, c’est le moment de la détente à peine assaisonnée de quelques brasses dans la mer éblouissante. Nous aurons la chance d’y faire la plus magnifique des plongées tuba; nous sommes dans un « aquarium » et les poissons tropicaux plus gros qu’habituellement nagent côte à côte avec nous et à tous les niveaux d’eau, nous passerons près de milliers de petits néons turquoises à de plus solitaires poissons à queue jaune, aux perroquets éblouissants de couleurs, aux anges somptueux, aux papillons si rigolos, aux girelles à tête bleue et aux bandes de chirurgiens bleus si calmes, il y a bien aussi les capitaines plus discrets et je parle bien de poissons. Près de cela il y a forcément ces coraux qui majestueusement servent de repères, de grottes, de possadas à tous ces merveilleux poissons. Il est facile de distinguer le Cerveau de Neptune, le corail Corne de Cerf, le corail de Feu, le corail Corne d’Élan parmi tant d’autres. Chaque plongée réserve des surprises de beautés. 1er août El Gran Roque, la plus grande des îles avec sa piste d’atterrissage et son petit village colorée, est essentiellement touristique. Ici, pas de voiture, trois rues sur le sable où s’enlignent les possadas avec leurs terrasses, les restaurants et les boutiques.
Il y a bien quelques habitations où les enfants sont libres comme l’air, une petite chapelle, une école à la dimension du village, un café internet, un bureau de médecin et quelques épiceries approvisionner une fois semaine. On dirait un village de poupées où chacune des maisons rivalise de beauté par ses couleurs et sa décoration. Quelques bougainvilliers offrent des coins d’ombre. Le flâneur se laisse porter par l’atmosphère de vacances qui se dégage tout autour. Au bord de l’eau, des bateaux à moteur ou des catamarans peuvent transporter les gens sur différentes îles autour puisque les distances sont négligeables. Personne ne se presse et de midi à trois heures les commerces sont fermés, c’est l’heure de la sieste. Une longue promenade nous conduit en haut de la colline d’où la vue spectaculaire des eaux et des îles environnantes laissent bouche bée tout promeneur. Crasqui, le lendemain, est un mouillage devant une île déserte encore une fois! Qui s’en plaindrait? La plage de sable fin laisse amplement de possibilités pour que les quelques navigateurs présents puissent s’y trouver un coin esseulé. Les journées passent en plongée, en longue marche sur la plage et en baignade, le tout entrecoupé par la routine quotidienne. Nous prenons le temps de prendre son temps. Les fins d’après-midi, après la douche, nous sortons le jeu de Scrabble et notre apéro accompagne les couchers de soleil. Noronsqui, notre prochain mouillage nous demande une grande attention car son entrée se fait encore une fois en sillonnant entre les coraux. Nous sommes maintenant plus à l’aise avec cette navigation car la couleur des eaux et une vigie à l’avant nous permettent d’entrer dans les mouillages avec de plus en plus d’assurance. Toutes ces îles des Los Roques se ressemblent; elles offrent toutes plage, plongée dans les coraux et le calme des îles désertes. Nous passons de l’une à l’autre en quelques milles nautiques et nous continuons d’observer les pélicans, les mouettes rieuses et les couchers de soleil avec le même plaisir. Les poissons sont nombreux mais les oiseaux font aussi partie de notre décor et même de très près je dirais. Crasqui, Sarqui, Isla Carenero, tous de jolis mouillages qui nous enchanteront tout autant. Il faut aimé la tranquillité, le silence des îles désertes et la vie simple que procure ces lieux si loin de l’agitation. Dos Mosquises sera une halte très agréable où nous aurons le loisir d’aller observer un petit élevage de tortues. Dans différents bassins, elles se retrouvent par groupe d’âges. Le guide nous explique qu’une tortue prend trente ans pour atteindre sa maturité et commencer à se reproduire. C’est une espèce qu’il faut protéger; ce centre de recherche accueillent des bébés tortues, les soignent et les libèrent à l’âge de 9 mois dans l’espoir d’aider la survie de cette espèce. Cayo Agua, sera un de mes mouillages préférés. Tous les jours j’y ramasse des coquillages. Il y a une immense plage de sable blond qui ressemble à celle-ci. De plus au bout de l’île, il a un passage à gué au fond de sable qui permet de rejoindre l’autre partie de l’île. C’est assez amusant de s’y promener alors qu’on a l’impression de marcher en pleine mer, recevant des vagues des deux côtés. C’est de cette île que nous avons surveillé l’ouragan Dean. Nos météos nous l’annonçaient depuis quelques jours et nous suivions sa trajectoire. Nous étions à l’abri mais c’était impressionnant de voir passer l’amas de nuages noirs percevables à 180 milles de nous. Nous n’avons eu que des vents de 25 nœuds. Si par hasard, cet ouragan avait pointé vers le sud, nous avions un plan B : se rendre sur le continent Vénézuélien.Béquéve, dernier mouillage des Roques avant les Aves. En pensant à ce long séjour dans ces îles désertes, je réalise avoir vécu des moments extraordinaires de calme et de méditation face à une nature qui ne cesse de nous émouvoir. C’est un plaisir renouvelé au quotidien.
Los Aves qui veut dire les oiseaux. Les Aves sont séparées en deux archipels, les Aves de Barlovento et les Aves de Sotavento. Elles portent très bien leur nom car ici on retrouve de nombreux oiseaux dont une très grande colonie de fous à pattes rouges dans les Aves de Barlovento. Une forêt de palétuviers sert de gîte à ces oiseaux. Dès notre arrivée, nous avons pu observer ces oiseaux qui venaient voler autour de nous pour simplement nous accueillir, enfin j’imagine! Peu farouches, il volait au-dessus de nos têtes et tournaient la tête pour bien nous voir. C’était rigolo! Ils ont tous des pattes palmées rouges et un bec bleu; leur plumage peut être blanc crème, anthracite ou brun. Nous pouvons pu en observer des centaines et des centaines en vol ou dans les arbres. Ces oiseaux sont spécifiques à la région et au mouillage, leur piaillement est caractéristique. Nous avons fait une excursion en annexe dans les mangroves afin de voir tous ces oiseaux dans leur milieu naturel, dont certains venaient voler au-dessus de nous en reconnaissance mais la plupart restaient immobiles en nous observant de leurs nids.
La météo est propice pour se rendre dans les Aves de Sotavento. Quelques heures de voile et le tour est joué. C’est le dernier mouillage avant la traversée vers Bonaire. En jetant l’ancre dans un coin de sable en évitant quelques coraux, nous remarquons l’eau autour de l’Aquarel qui est d’une limpidité à donner le vertige. Nous y passons quelques jours en regrettant déjà de quitter bientôt les îles désertes pour la civilisation mais tout en apportant avec nous des souvenirs inoubliables.
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