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 Juin

 

Ste Lucie nous accueille en ce mois de juin.  Nous avons fait une journée de voile fort agréable.  Les alizés de l’est nous ont portés sur une mer tranquille avec une houle de 1 à 2 mètres.  Nous retrouvions la magie de la voile quand le bateau glisse sans peine et sans bruit sur la grande bleue.  Dans le passage entre les deux îles, là où l’Atlantique pointe son nez, nous avons croisé par chance, une bande de dauphins qui nous ont gratifiés de jolies pirouettes; leurs bonds hors de l’eau parfois en solitaire ou en duo nous éblouissent à chaque fois. 

 Nous sommes ancrés dans le lagon de Rodney Bay, bien à l’abri des vagues.  Sloopy et Le Large  nous ont rejoint depuis.  Les trois drapeaux canadiens volettent en accord.  Notre petite visite aux douanes complétée, nous voilà à la recherche des produits qu’on ne retrouve que dans les îles anglaises tels le fromage à la crème Philadelphia, la crème sûre…

L’heure de l’apéro nous réunit à nouveau et parfois se prolonge en un souper sous les étoiles dans le cockpit des bateaux.  Les rencontres avec tous ces gens, avec chacun leurs histoires et leurs projets, les conversations ne tarissent jamais.  C’est une des richesses de notre voyage.

 Nous sommes invités par le bateau Tara Vana à se rendre avec eux au Royal Hôtel pour écouter un Steel Band.  Amy, jouant elle-même du steel pan, jouera un morceau avec eux.  Cet environnement est tout simplement fabuleux; c’est un hôtel avec plusieurs étoiles à n’en pas douter.  Après avoir traversé le grand hall d’entrée dont le marbre donne le vertige,  nous approchons de la piscine par les sentiers sinuant entre les arbustes et les palmiers.  Illuminée en douceur, cette piscine, toutes en courbes, est l’élément central du jardin. Un bar invitant est carrément dans la piscine; on peut s’asseoir sur les tabourets attenants submergés.  Plus loin, un petit pont relie les deux côtés de la piscine alors qu’à l’autre bout, un îlot de verdure illuminé émerge tout en beauté.  Les parasols, rose bonbon, donnent une note charmante à l’ensemble.  Ce soir-là, les gens prennent leur repas les pieds à des tables montées dans le sable au bord de la mer.  Les cuisiniers les y attendent au buffet et au BBQ.  Sous ce ciel étoilé, la musique crée parfaitement l’ambiance de vacances.  Nous avons passé un super moment.

 Aujourd’hui nos deux bateaux amis quittent Ste Lucie;  un vers le nord, retour en Martinique et l’autre vers le sud, destination Béquia.  Ces départs sont toujours un peu tristes.  Quitter les amis sans savoir quand nous les reverrons.   Toutes ces amitiés qui voguent et que par chance, un jour on retrouvera.  On se promet de s’écrire, on repart avec un lot de souvenirs, on se donne des recettes à inscrire dans nos menus.  On se souvient ainsi de la salade de Tara Vana, du gâteau de Soliton, de la mayonnaise de Graffiti et combien d’autres.  Cela fait partie de notre vie à bord.  Chaque petite attention prend une valeur inestimable, un mot sur une feuille volante, le prêt d’un film ou d’un livre, une offre d’aide, un truc de cuisine, un partage d’informations ou une séance de fou rire sur nos habitudes de navigateurs.  Le tout nourrit notre quotidien. 

 Nous nous intéressons au système WiFi.  Nous pourrions installer sur le bateau une antenne avec le filage et les accessoires donnant accès à un branchement internet directement du bateau à condition d’être à proximité des réseaux serveurs.  Quelquefois, le branchement n’est pas barré et nous y aurions accès;  à plusieurs endroits comme dans le lagon de St Martin ou dans le lagon de Rodney Bay Ste Lucie, il est possible d’acheter du temps d’antenne à l’heure, à la journée, à la semaine ou au mois.  On n’arrête pas le progrès et notre quotidien en est facilité.

 Nous nous rendons à l’île Pigeon à l’entrée de Rodney Bay.  C’est l’endroit où j’ai vu le plus de flambloyants rassemblés tout en fleurs. 

 

 Le bar-restaurant Jambe de Bois a pignon sur mer dans la zone du parc.  Nous pouvons y échanger des livres, acheter des toiles des îles ou prendre un apéro tout en écoutant certains soirs un concert de jazz.  De là nous sommes montés au fort de Rodney tout en haut de la montagne.  En plus du retour dans l’histoire,  nous avons droit à une vue panoramique côté mer et côté mouillage où l’Aquarel nous attend patiemment.

 Une onde tropicale nous a rejoints et les grains se suivent apportant pluie et coups de vent.  Pendant trois jours nous jouons à cache-cache avec eux;  on ouvre et ferme les hublots en constant combat entre la pluie ou la ventilation à l’intérieur pendant que le baromètre s’obstine à me montrer un soleil pour plus tard.  

 C’est un nouveau départ.  Nous suivons d’abord la côte de Ste Lucie ; nous passons devant les ancrages de Marigot, de la Souffrière et des Deux Pitons sans nous arrêter.   

Vu la belle météo et la mer calme, nous décidons de faire le passage entre Ste Lucie et St Vincent, renommé pour être assez sportif mais aujourd’hui c’est facile et agréable.  Ce soir nous nous arrêtons dans un nouveau mouillage, Petit Byahaut.  Tout à fait au sud de St Vincent, ce mouillage est assez calme, quelques bateaux seulement peuvent s’y ancrer.  Au creux de la montagne, un petit hôtel se niche sans aucun voisin.  La plongée en apnée est

très agréable sur les deux côtés de la baie.

 Le lendemain, nous arrivons à Béquia, la porte des Grenadines.  Nous y voilà à nouveau dans ces îles enchanteresses.  Pendant quelques jours, nous laissons passer une onde tropicale qui nous apporte un ciel gris très couvert, des pluies intermittentes et des nuages sablonneux et gonflés de pluie, qui n’en finissent plus.  On a l’impression que le soleil nous boude à jamais mais un bon matin, il se pointe le bout du nez.  La météo nous permet de remettre les voiles vers Union.  C’est une belle journée de voile qui nous fait oublier ces derniers jours ombrageux.

 Nous attendons nos invités à Union tout en bichonnant l’Aquarel.  Ils arrivent enfin et nous sommes très heureux de les recevoir à bord.  C’est un petit avion de ligne des Antilles qui les a amenés de Barbade à Union.  Le temps de s’installer à bord, dès le lendemain c’est une première sortie en mer vers Petit St Vincent où nous allons prendre le cocktail de l’apéro au Resort Petit St Vincent.  Toute l’île de 113 acres appartient au Resort.   Cette île est un monde romantique de paix et de nature.  22 pavillons privés sont installés face à l’Atlantique avec toute l’intimité préservée.  Des petites voiturettes de golf sont mises à la disposition des invités de l’hôtel.  Luxe et confort sont visibles partout, rien n’y manque :  s’ajoutent la bonne bouffe, l’exotisme

des lieux, des plages de sable blanc et la présence de cinq labradors blonds qui ne demandent qu’à être caressés.  Dans le temps des Fêtes, les coûts pour une occupation double s’élèvent à 910$ US par jour qui donnent droit à trois repas par jour pour deux personnes, le service de thé en p.m. et toutes les facilités et les sports nautiques disponibles au Resort.

 

Nous repartons vers les Tobago Cays, le paradis des Grenadines.  L’ancrage est facile devant la barrière de corail, lieu privilégié pour la plongée, nous en profitons pleinement.   Comme à chaque fois,  nous sommes éblouis par les lieux et nous avons la chance de nager avec des tortues.  Tout près de l’île de Baladel, une douzaine de tortues vivent dans huit pieds d’eau et se laissent observer par les plongeurs.  C’est un réel plaisir de pouvoir les voir manger, remonter gracieusement à la surface et nager tout près de nous.  Nous avons amplement le temps de les admirer dans leur élément naturel en se gardant bien de les déranger.  C’est un cadeau que la nature nous offre gratuitement. 

 

 

                      

Le mois de juin se termine sur des balades à la voile dans les Grenadines.  À Mayreau nous passons un bon moment à plonger avec palmes et tuba dans le récif à l’entrée.  Il y a toujours du nouveau à découvrir même si l’ancrage est connu.

 Les invités repartent avec un bagage de souvenirs de vacances et une énergie nouvelle.

 Nous sommes repartis un bon matin vers Grenade.  Cette île  tient une place spéciale dans notre cœur.  Nous sommes en alerte car nous y avons vécu l’ouragan Yvan en septembre 2004 mais cette île offre à nouveau son accueil.  Nous constatons à chaque nouvelle visite que Grenade depuis se refait une beauté au fil des mois.  C’était notre point de chute la première année du voyage et nous y revenons en attente cette fois d’une belle fenêtre météo pour une traversée sur Los Testigos.   Dans le ciel de la Grenade, l’Aquarel arbore leur drapeau fièrement en attente de notre nouvelle destination.