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Mai 2007 OUF!! Que de fatigue accumulée durant ce voyage sur terre à Mérida et dans les Llanos! J’aurai bien besoin d’un long repos. Se remettre à jour dans les courriels, préparer le carnet de voyage à intégrer dans le journal de bord, refaire les provisions et toute la routine de bord reprend son cours. Nous rencontrons des amis, nous partageons des apéros autour de la piscine et un jour, chacun reprend son itinéraire; pour certains, des navigations, pour d’autres des visites au pays. Encore une fois, des départs et des au revoir; la seule façon de combattre la nostalgie de ces moments, c’est de repartir en mer vers de nouveaux mouillages. Par une belle journée toute douce, nous laissons la marina pour se rendre aux Iles Arapos. On nous en dit le plus grand bien. Le soleil nous accompagne et l’Aquarel glisse doucement vers le point GPS; c’est une petit navigation de 21 milles nautiques qui nous permet de rêvasser. Nous avons tout notre temps et à l’approche de ces trois îles nous observons rigoureusement le plan d’eau pour y repérer des têtes de corail bien inscrites sur notre carte. Nous jetons l’ancre dans un beau sable et nous partons en apnée afin de profiter de ses fonds si jolis. Une seule nuit aux Iles Arapos car le mouillage est rouleur. Le lendemain, en route vers El Oculto, mouillage tout près des îles Caracas qui elles, à ne pas se méprendre, sont très loin de Caracas. 11 milles nautiques, c’est une balade de deux heures, juste le temps de dégourdir l’Aquarel. Le panorama est magnifique car nous naviguons entre des îles toutes aussi tranquilles les unes que les autres. Le Vénézuela est tellement riche en îles que nous pourrions changer de mouillage tous les soirs mais malheureusement, pour notre sécurité et celle de l’Aquarel, on s’abstient car plusieurs ont mauvaise réputation au point que même les vénézuéliens n’y passent pas la nuit eux non plus. Il est vrai que les divers événements se sont passés sur plusieurs années mais comme il est impossible de savoir exactement les raisons de ces attaques, on joue de prudence; on ne s’arrête qu’aux endroits qui nous sont recommandés par des navigateurs. Je dois même ajouter qu’il se peut que ces endroits soient sécures cette année et ne le soient pas plus tard. Il faut suivre notre instinct tout en ayant l’œil ouvert et l’oreille à l’écoute. Il ne faut pas rester dans un mouillage si on ne s’y sent pas confortable. Plusieurs bateaux ne restent pas dans un mouillage s’ils sont seuls. Il est vrai que nous avons navigué la majorité du temps avec un autre voilier; ainsi nos mouillages en solitaire ont été très rares. Cette attitude a porté fruit et nous en sommes heureux.
El Oculto, petit enclave dans les eaux d’Ensenada Tigrillo, juste à côté du parc Mochima, nous offrira quelques jours de bonheur et de calme inespéré. Complètement protégée de la mer, cette baie nous offrira des nuits parfaites; l’environnement sauvage nous apportera le silence et la météo de ces jours ne bousculera en rien notre Aquarel bien ancré aux côtés du voilier Tropic Bird qui voyage avec nous pour quelques temps. On peut sentir le calme et laisser tout à loisir vagabonder notre imagination.
Devant nous, ce rocher aux apparences bien ordinaires qui cache précieusement une bordure de corail habitée par de jolis poissons tropicaux qui sauront nous enchanter à nouveau.
Le soleil est ardent, l’eau rafraîchissante et nous découvrons ces coraux surnommés « Arbres de Noël » car ces boules de ouate aux couleurs douces sont parsemées sur des coraux qui ressemblent à du cèdre. Un effet magique consiste à bouger l’eau autour d’elles, sans les toucher bien sûr, et elles se referment en jolies rosaces.
Pour les prochains jours, de forts vents sont annoncés qui feront grossir la mer. Nous décidons ce matin de rentrer à la marina de Cumana. Nous y resterons à l’abri pendant une semaine. Comme le Vénézuela est plein de contradictions , il faut noter qu’à Cumana nous pouvons obtenir du diesel à la pompe sans problème alors qu’à la marina de Bahia Redonda, Puerto La Cruz, il est très difficile d’en obtenir. Certains navigateurs ont fait l’exercice; il faut aller chercher une autorisation, payer à la banque et obtenir du diesel, s’il y en a, à des prix à la hausse quand il s’agit de navigateurs. Conclusion, les navigateurs ne comptent pas sur Bahia Redonda pour les pleins. Aujourd’hui, une longue journée de navigation prometteuse avec des vents de quinze nœuds nous permmettra de voiler vers l’est, destination, Ile Coche. Les premières heures, le temps est splendide et nous avançons bien. À deux heures de notre arrivée, les vents ont forci jusqu’à 25 nœuds avec des pointes à 30, les vagues ont gonflé et les voiliers ont trimé avec un vent dans le nez. Notre vitesse a diminué et l’île en face de nous n’en finissait plus de se rapprocher. Nous avons décidé de se rendre au mouillage d’El Saco au sud de Coche. L’approche est plus compliquée mais nous y serons plus rapidement; les bancs de sable débordent largement de la côte mais avec un contact visuel et l’observation du profondimètre tout en tenant compte de notre position GPS marquée sur la carte électronique, nous sommes entrés dans la baie à l’abri des vagues totalement et nous avons jeté l’ancre dans 15 pieds d’eau.
Le lendemain nous nous sommes rendus au mouillage de l’ouest de l’île devant les hôtels. Et pour s’amuser…
Cete photo intrigante nous rappelle quelque chose. Qu’est-ce?
En fait nous avons trouvé sur la plage ces couleurs échouées sur le sable et bientôt, nous les avons revues dans le ciel.
Ils s’amusaient fermes ces surfeurs avec le vent et la mer sur cette langue de sable. Il faut dire que protégés des vagues, ils avaient les vents parfaits pour pratiquer ce sport. Comme cela semble facile! Mais aux dires des débutants, il faut de longues heures de pratique avant de maîtriser ces voiles. Nous passerons une douce soirée à Coche et ce coucher de soleil ferme le rideau sur une autre journée chaude.
Puis nous avons la surprise d’apprendre que nous aurons la visite éclair de mon frère Jean-François. Nous tenterons de lui offrir un intermède de repos et de détente.
Le mouillage de Porlamar est bien achalandé, pas moins d’une soixantaine de bateaux et comme il peut être très rouleur, nous replacerons notre patte d’oie qui nous permet de rester face à la houle plutôt qu’au vent. Par contre ainsi placé, il y a moins de vent à l’intérieur; c’est pourquoi nous installons notre capteur de vent.
Avec Jean-François, nous retournons à Coche pour une nuit, question de lui offrir une grande randonnée pieds nus sur le sable. Il profite aussi de l’observatoire du banc des dauphins sur l’Aquarel mais nos tentatives pour les trouver sont vaines; ils demeurent invisibles, dommage!! Il repartira vers les destinations de son voyage d’affaires avec une dose de soleil, de mer et de détente. Cela n’aura duré qu’un intermède, le temps d’un clin d’œil en se promettant de se reprendre le plus tôt possible. Le mois s’achève déjà! Juin pointe son nez et nous devrons préparer notre départ du Vénézuela. |