Introduction
Fiche Technique
Journal de Bord
Album Photo
Itinéraire
Contactez-nous
Livre d'or

Début mars, St Martin

 

La navigation St Barth à St Martin se fait très bien; 13 milles seulement les séparent.  Nous arrivons à Simpson’s Bay du côté hollandais de l’île.  Le mouillage est rouleur et il y a beaucoup de bateaux.   C’est dimanche et nous ancrons en tentant d’être le plus protégé possible par une pointe de terre mais nous réalisons que la nuit sera difficile.  Les douanes sont fermées.  Nous savons que le pont ouvrira à cinq heures trente pour ceux qui veulent entrer dans le lagon.  Pourquoi pas ?  Nous décidons d’entrer dans la danse d’une vingtaine de bateaux qui s’enlignent en attente de cette ouverture.  Bonne décision car une fois à l’intérieur, c’est le calme plat.   Nous apprendrons par des bateaux québécois qui nous accueillent qu’il faut s’ancrer de préférence du côté français dans le lagon.  Il faut savoir qu’il y a deux ponts, un du côté hollandais et un du côté français.  Nous pouvons entrer ou sortir du lagon par les deux ponts sans frais mais l’ancrage dans le lagon du côté hollandais ainsi que le mouillage dans Simpson’s Bay encourent des frais d’environ 10 $U.S. par semaine; les autorités du port y veillent. 

Bon nous voilà donc bien ancrés du côté français dans le lagon avec la promesse de belles nuits calmes.  Bien entendu, il faut oublier l’eau turquoise et les baignades autour du bateau mais vivre à bord d’un bateau est un monde de compromis.  Comme consolation, nous pouvons aisément se rendre à la plage en dinghy. 

Il y a un temps pour rêver, il y a un temps pour naviguer et il y a un temps pour travailler.  Nous sommes à la période de …« travailler ».  

Il faut profiter de notre passage à St Martin pour effectuer certains travaux en attente :  l’anémomètre ne fonctionne pas,  la robinetterie de l’évier de la cuisine laisse filtrer l’eau; il faut penser aussi au changement du chargeur des batteries principales et de l’alternateur pour améliorer notre ampérage.  Nous en profitons pour acheter 135 pieds de chaîne à ajouter à notre mouillage principal.   Pourquoi à St Martin ?  Parce que St Martin est hors taxe, que les pièces sont plus faciles à trouver et que leurs prix sont compétitifs.  Plusieurs navigateurs y font un long séjour pour régler différents problèmes sur leur bateau.  Nous passerons ainsi deux semaines en compagnie de Belle Lurette, de Graffiti, de Cumulus et de Calbodine.   En dehors des heures de travail, nous échangerons informations, livres, DVD, recettes, apéros et bonne compagnie. 

Mon capitaine passera du haut du mât au fond des coffres, en usant de toute sa débrouillardise, pour réparer, remplacer, brancher,  fignoler,  les ajouts au bateau. 

 

 

Les premiers jours à St Martin sont aussi marqués par un événement annuel, les  régates Heinekein.  Plusieurs catégories de bateaux y sont inscrites.  Le départ se fait de la baie de Simpson et la course dure trois jours.  Le jour du départ,  la fébrilité est dans l’air.  Les capitaines font des choix de voilure, surveillent la ligne imaginaire de départ, négocient les petits vents présents et sont impatients du départ, en attente du coup d’envoi.   

Plusieurs capitaines laissent leur dinghy en garderie pour s’alléger.  Ce qui donne ces images cocasses à plusieurs endroits dans la baie

 

 

Nous retrouverons aussi avec grand plaisir Laurie et Dawn de Cat Tales qui nous initieront au jeu de domino.  Vraiment intéressant!

Aujourd’hui, nous prenons l’autobus, 1$ le passage, pour une balade à Philipsburg qui nous fait découvrir une petite ville charmante aux maisons colorées, aux multiples boutiques et restaurants.  Un peu à l’écart du centre, on retrouve des magasins d’électronique et d’équipements de bureaux.  Tout pour combler le moindre besoin.

Il fait une journée splendide; un paquebot est à l’ancrage.  C’est vraiment intéressant pour les touristes de se retrouver dans cet ancrage.  Ils sont accueillis sur un magnifique débarcadère;  une plage de sable blanc, sur tout le littoral de la ville, invite avec ses restaurants, sa promenade en bord de mer, ses facilités de parasols et de chaises longues; le marché plein air débordant de souvenirs, attire par ses couleurs et son atmosphère festive;  les excursions toutes plus attirantes les unes que les autres sont l’affaire de taxis ou de mini bus.  En prime, à deux pas de la plage, deux casinos ouvrent leurs portes à ceux qui sont lassés de la chaleur.   

 

 

Ce séjour nous a permis aussi d’expérimenter le logiciel Skype qui nous permet de téléphoner, avec un branchement internet, à peu de frais.  Exemple :  pour 14 euros, j’ai obtenu 10 heures de communication.  Nous sommes très heureux de cette découverte et nous en profiterons amplement surtout lorsque nous trouverons le WIFI gratuit. 

C’est le temps aussi de prévoir le matériel pour le prochain carénage car si nous réalisons nos projets, nous serons au Venezuela pour le carénage et le matériel s’y fait rare.  Donc, prévoir, prévoir, prévoir, c’est le mot d’ordre.

Nous consacrons tout de même quelques heures par jour à la détente et c’est comme cela que nos apéros sont pimentés par le décollage de gros porteurs de l’aéroport Princes Juliana.  Ils passent si bas parfois au-dessus de nos têtes que le train d’atterrissage est visible et le bruit assourdissant.

Nos réservoirs d’eau à sec, nous sommes sortis une journée du lagon pour mettre en marche le désalinisateur car dans le lagon, nous préférons ne pas le faire fonctionner. 

Chaque jour est consacré aux travaux sur le bateau tout en étant en attente d’une belle fenêtre météo qui nous permettra de traverser sur Tortola.  Nous avons un rendez-vous familial de quelques jours.  C’est une entorse à notre plan de cet hiver mais cela en vaut la peine.    

 

                                       ………………………………………………

 

Les lumières de St Martin ont disparues alors que la lune vient de se lever.  C’est le début de mon quart. 

Bonne nuit St Martin… bonjour Tortola.  Cette nuit de navigation est très tranquille, trop tranquille en fait puisque nous manquons de vents et ce sont nos voiles de fer qui nous font avancer.  C’est tout de même une belle traversée qui nous permet de relaxer après ces semaines de travail.  Au petit matin, les îles Vierges sont en vue;  notre but, Road Harbour, d’abord pour les douanes puis nous verrons si nous passons les trois jours suivants en attente de notre visiteur dans cette baie qui est plutôt rouleuse mais qui  offrent des services à proximité.

Premier jour, en face des douanes, nous subissons les vagues des navettes mais la nuit est assez calme; deuxième nuit, à l’entrée du lagon, près des paquebots, là, peu importe les vents, c’est rouleur; troisième nuit, au quai de la compagnie Moorings dans le lagon pour une nuit réparatrice.  Cet arrêt à un quai nous permet la mise en place de la nouvelle chaîne et un grand nettoyage du pont et cockpit avec de l’eau douce à profusion, luxe appréciable. 

Le lendemain matin, trois bateaux de la marine canadienne font leur entrée dans la baie et accostent au quai des paquebots pour trois jours.  C’est sur un de ces bateaux que nous devons récupérer notre invité.  Nous approchons en dinghy avec notre drapeau canadien en main pour s’identifier et finalement  il sera facile de le faire demander.

 

 

Nicolas sera à bord de l’Aquarel pour trois jours.  Ce rendez-vous est exceptionnel car il vit à Victoria, base de la marine canadienne et nous naviguons dans les Antilles.  Et voilà que cette flottille fait escale à Tortola.  Un saut de St Martin pour nous et les retrouvailles furent possibles pour notre plus grand plaisir. 

Un beau matin, les trois bateaux de la marine canadienne sont repartis comme ils étaient venus et les paquebots les ont remplacés.  Ainsi va la vie !!

Nous voilà à nouveau sous le charme des Vierges.  Nous décidons d’aller à Jost Van Dyke rencontrer le bateau Balaë, Martine et Robert que nous avions rencontré à Ponce, Porto Rico en avril 2004.  Deux ans plus tard, le hasard les remet sur notre chemin.  Depuis ils se sont baladés au Guatemala, Honduras et Bélize et ils partageront leurs connaissances et leurs aventures avec nous. 

Je profite de notre passage aux Iles Vierges Britanniques pour raconter la légende rattachée à l’amiral Nelson.  Nous trouvons ici le fameux Pusser’s Rhum, rhum attitré de la British Navy.  Sur les petites bouteilles est inscrit « Nelson’s Blood »; tout pour attiser la curiosité.  L’amiral Nelson était un homme admiré et très respecté dans la marine britannique.  En 1805, à la bataille de Trafaldar, il a capturé et coulé 19 navires ennemis,  français et espagnols, sans perdre aucun de ses propres navires.  Toutefois, il a été blessé  gravement et est décédé trois heures après la fin de la bataille.  Et là, la légende raconte qu’ils ont rapatrié son corps en Angleterre en le mettant dans un caisson rempli de rhum pour le conserver.  En cours de route, les marins ont percé un petit trou à la base du caisson et ils ont bu tout le rhum.  D’où l’expression « Nelson’s Blood ».  Et traditionnellement sur les navires de la marine, des toasts sont portés avec le Nelson’s Blood.