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Carthagène

Les derniers milles avant notre arrivée, nous longeons la côte d’assez près pour voir à l’approche de Carthagène, des tours s’élever dans le ciel, puis la partie coloniale de la ville ainsi que toute l’infrastructure d’un port bien organisé. 

Et c’est sous la pluie que nous faisons notre entrée dans la baie de Carthagène en passant un mur sous l’eau qui donne, entre deux bouées, une profondeur de 3 mètres et demi.  Comme nous avons la quille la plus courte; Drumbeat et Aquarius nous demandent de passer en premier en indiquant les lectures de profondeur.   Finalement les trois bateaux se sont enfilés facilement dans la brèche bien identifiée puis nous sommes passés à côté du monument de la vierge et l’enfant qui accueille les marins.

 

Puis c’est le mouillage devant la marina du club Nautico.  Il y a de nombreux bateaux et c’est avec bonheur qu’on jette l’ancre, notre périple vers Carthagène bien accompli.  Il y avait longtemps que nous pensions à cette étape et voilà c’est fait.

Le temps de reconnaître les lieux, trouver nos repères et c’est le temps de faire nos formulaires d’entrée  en Colombie.  Ici nous passons obligatoirement par un agent, David; pour 60$ US, il s’occupe des démarches aux douanes, à l’immigration et auprès des autorités du port. 

Nous avons la chance de capter le WIFI à bord, ce qui nous donne accès à internet et dès le lendemain nous recherchons des billets d’avion pour se rendre au Québec.  En effet, nous irons passer à peu près deux semaines au pays.  À chaque année nous faisons un séjour plus ou moins long au pays.  Ce projet nous tient occupé pendant plusieurs jours car nous devons aussi trouver un endroit sécuritaire pour y laisser l’Aquarel; nous ne voulons pas laisser le bateau au mouillage.  Nous explorons les possibilités auprès de deux marinas et auprès de deux chantiers.  Ils sont tous très occupés en cette saison.  Finalement à la marina Club Pesca, un quai se libère et on nous offre la place.  C’est en fait un club privé où de nombreux colombiens y laissent leur très chic bateau de pêche.  C’est une marina qui a su s’intégrer dans le décor d’une muraille ancienne.  L’endroit est grand, moderne et très sécuritaire.  Aussitôt l’Aquarel au quai, nous sommes accueillis chaleureusement.

               

Et je ne sais ce qui me pousse à frotter mais quand approche la date d’un départ, madame « Blancheville » se réveille et décide que tout doit briller en son absence.  Pourquoi donc puisque personne en jouit ?  Mais c’est plus fort que moi, je passe mon excitation à frotter, bichonner, astiquer, ranger et à préparer notre séjour au Québec.  Résultat :  je pars épuisée mais contente.  

Heureusement que nous avons eu le temps de prendre une journée de visite dans la vieille ville de Carthagène.  C’est en effet magnifique.  Ville fortifiée, on y pénètre en passant sous des arches dans ses murs pour y découvrir des rues étroites, son architecture typiquement espagnole, des balcons fleuris, des terrasses animées, des gens sympathiques, des restaurants tous genres, des boutiques nombreuses, des sculptures, des places, des pigeons, un dôme de cathédrale imposant.  Quelques images illustrent bien toute cette animation.

                

                                              

                

 

Finalement le jour du départ vers le Québec arrive.  Nous partons très tôt vers l’aéroport, nous ferons escale à Miami et nous arriverons très tard à Montréal.  Qu’à cela ne tienne, on nous attend et c’est avec plaisir que nous retrouverons amis et famille pendant notre séjour.  Nous voulons être présent pour tous et chacun et pour ceux dont nous avons manqué de temps, ce n’est que partie remise.

Ce voyage se faisait spécialement dans le but d’être près de mon papa qui fêtait son 90e anniversaire.  Je suis très heureuse d’avoir pu être là pour lui apporter affection et amour, c’est tout de même une étape respectable.  Je l’admire pour tout son courage, « Le plus fort, c’est mon père… » comme dit Linda Lemay dans sa chanson.   Mon papa, mes sœurs et mes frères  ( je suis au milieu pour ceux qui ne me connaissent pas)

 

                            

Ce séjour a été comme d’habitude mouvementé.  Faire les achats, voir à certaines réparations d’articles bateau, parcourir le courrier, consacrer quelques heures à de nouveaux passeports,  rencontrer le conseiller financier,  un coup d’œil sur les préparatifs pour les rapports d’impôts, régler le côté médical,  m’offrir un moment de détente chez l’esthéticienne, voir aux assurances, vérifier le compte de banque, et finalement quelques visites à l’entrepôt où se retrouvent notre garde-robe et nos effets personnels ainsi que les souvenirs que nous rapportons à chacun de nos voyages.  Mais le plus agréable est encore toutes nos belles rencontres familiales et amicales où le plaisir des retrouvailles est immense et partagé.

L’heure du retour a déjà sonné.  Impressionnant, tous nos achats ont trouvé place dans nos sacs; la magie est d’enlever tous les emballages possibles.  Nous repartons bien sûr avec plus de bagages qu’à l’arrivée et nous souhaitons à chaque fois que tous ces bagages arriveront à bon port en même temps que nous.  Trois heures du matin, ma sœur Lise et Jean sont debout pour nous dire au revoir et notre petite voiture nous attend pour nous ramener à l’aéroport.  Bien heureuse que cette voiture ait des sièges chauffants car il y a du frimas ce matin-là, il est temps de retourner dans le sud. 

L’aéroport est bien tranquille, quelques voyageurs seulement sirotent leur café avant un départ.  Les formalités achevés, les bagages pesés sans problème ouf!, nous voilà soulagés de ce poids et prêts pour ce voyage qui nous ramènera de Montréal à Carthagène avec une escale à Miami. 

Vers seize heures, l’atterrissage à Carthagène sans retard même si à Montréal  nous avons attendu une heure afin de déglacer les ailes de l’avion brrrrr…

Tout a été facile, les bagages apparaissent sur le tapis roulant, les douaniers sont rapides, les bagages se retrouvent dans le taxi et hop vers la marina où nous sommes accueillis chaleureusement.   Je me demande si je rêve, il fait chaud, je déambule comme un fantôme tant la fatigue me tenaille;  un léger souper et je tombe dans les bras de Morphée pour une dizaine d’heures.  Cela me prendra trois jours à sortir de ma torpeur, le temps de refaire le plein d’énergie, de défaire tranquillement les bagages, de trouver une place à chaque chose.  Nous avons droit à de chaudes accolades de tous nos amis, chacun s’informe de mon papa et c’est avec plaisir que je leur parle de lui en toute quiétude. 

La vie reprend son cours à bord.  Les gens du Club Pesca sont toujours aussi gentils avec nous.  On se gâte un peu trop avec les facilités d’une marina, nous devrons couper ces amarres au plus vite sinon ce sera de plus en plus difficile. 

 

   

C’est à nouveau le temps de l’approvisionnement pour un long terme.  Carthagène nous offre plein de possibilités à cet effet.  Les îles des San Blas n’assureront quant à elles, que les aliments de base.  Alors tous les coins du carré recèleront des trésors cachés pour agrémenter les navigations et la vie à bord dans les mouillages contemplatifs qui seront notre lot pour les prochains mois. 

Les colombiens que nous avons rencontrés dans les marinas, en ville, dans les épiceries,  dans les magasins sont des gens très serviables et très accueillants.

Nous sommes agréablement surpris de se sentir tout à fait à l’aise dans l’environnement de Carthagène.   Ces gens aiment s’amuser.  Nous entendons de la musique rythmée ou douce selon les soirs.  Ce soir il y a un mariage au restaurant à deux pas de la marina Pesca;  ce restaurant en partie à ciel ouvert attend sûrement beaucoup d’invités car une barge est amarrée à ses côtés et déjà de jolies tables aux nappes blanches y sont montées.  Jolie façon d’agrandir un restaurant.  L’atmosphère est à son meilleur en cette fin d’après-midi.  

 

               

Lors d’une autre visite dans la vieille ville, nous avons visité deux musée celui de l’or et celui de la navigation qui nous a particulièrement intéressé car ce musée relate toute l’histoire des guerres à la conquête de Carthagène.  Nous y avons trouvé alors l’explication du fameux mur à l’entrée du Bocagrande et comment il a été construit.  Carthagène a été le cadre de nombreuses batailles navales;  plusieurs forts la protégeaient dont seul le fort Felipe a pu résister et protéger la ville mais leurs ennemis ont pillé et détruit énormément avant de quitter les lieux.  L’histoire de l’Amérique du Sud se répète de pays en pays.

L’histoire raconte que le canal a d’abord été fermé accidentellement par le naufrage de trois navires portugais 1640.  Un siècle plus tard, ils ont ouvert un passage pour les bateaux à rames, ce qui a changé l’équilibre des sables et le canal s’est ouvert à nouveau laissant la possibilité de passage à des frégates ennemies de 24 canons.   Une décision a été prise à cette époque donc de créer un mur pour fermer définitivement cette entrée;  l’ingénieur Antonio de Arévalo a imaginé le plan et les travaux ont commencé en 1772.  Entre quatre rangées de poteaux parallèles bien plantés, du sable et des coraux ont été empilés.  Avec le temps le tout s’est solidifié avec la création de nouveaux coraux.  Quelques kilomètres plus loin, l’entrée de Boca Chica permet quand même aux gros bateaux de se rendre au port. Beaucoup plus tard ils ont aménagé une brèche de 3 mètres de profondeur dans ce mur marquée par une bouée rouge et une verte qui  permet de nos jours le passage de voiliers et de petits bateaux à moteur.

L’histoire est très intéressante et les quelques brides que nous en découvrons nous fascinent.

Nous constatons qu’il y a beaucoup d’ambiance ces jours-ci au club.  Il y a aura bientôt quatre jours de festivités; au programme des régates et des concours de pêche, des cours de cuisine et des concours de cuisine.  Malheureusement nous manquerons cette fête car nous devons partir pour les îles Rosario et Bernado, sur la route vers l’ouest.   Nous avons rendez-vous au jour de l’An dans les San Blas.  Avant de partir …

                          Carthagène, la vieille ville, en images

                                                 Ville fortifiée

 

                                                

                                                Architecture espagnole

 

 

Place Bolivar

 

 

Balcons en fleurs

 

 

                                                  Place de la Aduana

 

      

Les jardins

       

 

Les sculptures

 

La cathédrale

 

Le plaisir aussi

 

 

Et des balcons encore

 

 

La tour de l’horloge