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Octobre, novembre et début décembreOctobre a passé comme un coup de vent. Notre séjour au Québec durant ce mois s’est envolé… sur ce coup de vent. Nous avons consacré ces quelques semaines à la famille. Pour tous nos amis pour qui nous n’avons pas eu assez de temps, nous sommes vraiment désolés, ce n’est que partie remise. Début novembre, une longue journée de voyage avec ses trois escales, Miami, Caracas et Barcelona, nous a ramenés à notre marina de Bahia Redonda. Fort heureusement nous avions prévu demeurer dans un des condos de la marina pour notre semaine de retour; ainsi nous avons pu dormir à l’air climatisé pendant la semaine où le bateau était en cale sèche. Cette semaine a été très efficace en travail et l’Aquarel est de retour dans l’eau au bout de dix jours. Il nous reste quelques jours pour profiter des bienfaits de la vie dans une marina. Quelques brasses dans la piscine à tous les jours, rencontre sociale bien entendu à l’heure de l’apéro et le domino du dimanche qui rassemble facilement de 25 à 30 personnes à tous coups. Retour donc au quai de la marina Bahia Redonda et préparation des bagages pour le voyage au Pérou. Depuis quelques mois nous mijotions le projet d’aller prendre des cours d’espagnol au Pérou et le temps est venu de partir.
La date du départ vers Lima approche à grands pas. Les derniers jours à la marina nous permettent de préparer la fermeture du bateau pour un autre 27 jours, Cette fois nous laissons l’Aquarel à un quai, bien en sécurité à la marina de Bahia Redonda. Ainsi nous serons prêts à naviguer dès notre retour. Des amis de Ciao Bella veilleront sur lui, nous partons le l’esprit tranquille.
Carnet de voyage 2Le Pérou : 17 novembre au 13 décembre 2006
Nous avons bien fait notre baluchon en apportant cette fois polars et pantalons longs. De bon matin, avec nos sacs à dos, nous partons à l’aventure vers un pays qui nous est inconnu mais combien fascinant.
Notre parcours : 1ère partie : 17 nov. Vol de Barcelona ( Venezuela) à Caracas , Vol de Caracas à Lima 18 nov. Visite de Lima 19 nov. Vol de Lima à Cusco 20 nov. Début des cours d’espagnol à Amigos School, nous restons dans une famille 24 nov. Départ en autobus pour Urubamba, puis un autre bus pour, Ollantaytambo, suivi du train pour Aquas Calientes 25 nov. Visite du Macchu Picchu 26 nov. Retour en train sur Ollantaytambo puis un bus pour Cusco. 27 nov. Les cours reprennent 2e partie 02 déc. Autobus de Cusco à Puno ( Lac Titicaca ) 03 déc. Transport en bateau à moteur vers les Iles Uros et Taquile sur le lac Titicaca 04 déc. Promenade dans Puno 05 déc. Autobus de nuit de Puno à Aréquipa 06 déc. Arrivée à 4 hres du matin, oui, oui, oui, à l’hôtel Los Torres de Ugarte : dodo de 4 :30 à 8 h. Tour organisé de 4 heures en am. puis visite du musée Sanctuario Andinos 07 déc. Départ pour le Colca Canyon en autobus avec guide, coucher à Chivey 08 déc. Excursion à Cruz Condor et retour à Aréquipa 09 déc. Visite du Monastère de Santa Catalina . Bus de nuit vers Nasca 10 déc. Arrivée à Nasca à 9 heures. Visite avec guide du Mirador pour voir les lignes de Nasca, puis le musée de Maria Reiche. Bus vers Miraflores. 11 déc. Visite du centre ville de Miraflores 12 déc. Visite de Larcomar et du bord de mer au parc de l‘Amour, océan Pacifique 13 déc. Vol de Lima vers Caracas puis vol vers Barcelone et taxi sur Puerto LaCruz. Retour sur l’Aquarel.
1ère partie Le Pérou est un pays très particulier avec ses coutumes, ses traditions, son histoire, ses paysages fabuleux, sa population très distincte et par la diversité de ses villes. Nous avons très hâte de le découvrir. Barcelone, au Vénézuela, notre premier aéroport, déjà l’aventure nous y attend. Avior, notre vol intérieur vers Caracas, vient d’être changé pour une autre compagnie, Acerca, une heure plus tard. Bon nous n’allons pas s’en faire. À Caracas, ce qu’il y a de particulier, ce sont les deux aéroports côte à côte, un national et l’autre international; il ne reste qu’à marcher entre les deux. La compagnie Lan Peru, deuxième vol vers Lima, est impeccable. Lima. Bravo! Un représentant de notre hôtel nous y attend avec nos noms sur une affiche. C’est plutôt réconfortant. Nous essayons de faire ce voyage avec un budget modéré; ainsi il est possible de se loger dans les hôtels pour 20 à 25 $ U.S ( parfois moins ) pour une chambre double avec salle de bains privée. Ces hôtels sont généralement à distance de marche des grandes places. Déjà la sécurité est de mise, Lima est une grande ville, certains quartiers sont à déconseiller. Une grande journée s’annonce à déambuler sur la rue piétonnière « Jiron Union » qui relie la Plaza de Armas à la Plaza San Martin. Tout le long, des boutiques et des terrasses. La plus importante, Plaza de Armas, est entourée de bâtiments de style espagnol qui avec leurs balcons sculptés ont fière allure.
Cusco Dimanche départ pour Cusco. L’arrivée dans cette ville est spectaculaire. Nichée au creux des montagnes, Cusco apparaît gardienne de la légende des Incas.
Nelly, la dame de la maison où nous logerons pendant nos cours nous accueille avec son sourire et ses accolades. Notre chambre est grande et une murale de rangement nous permettra de vider nos sacs à dos pour un temps. Déjà le mal de l’altitude m’atteint. Je sens que ma respiration est plus difficile et Nelly nous apporte du thé au coca. Non, non ce n’est pas de la drogue, nous pouvons trouver ce breuvage sur toutes les tables de Cusco. Traditionnellement, remède très ancien, le coca aide pour le mal de l’altitude. Aussi disponibles dans les pharmacies, les comprimés « Sorojhi Pills » pour le mal de l’altitude et des bonbons au coca.
Lundi, premier cours d’espagnol. Nous sommes quatre élèves, la première semaine, une française, un londonien et nous. Les deux premières heures, nous avons Claudia comme professeur; après la pause, Ursula nous donne les deux autres heures. Ce sera comme ça pendant deux semaines. Elles sont formidables, intéressantes, enjouées, nous les aimons beaucoup. Nous repartons tous les jours avec nos devoirs et comme de bons étudiants nous allons souvent les faire dans un café de la place. Tous nos après-midi sont libres durant notre séjour à Cusco. Nous découvrons la Plaza de Armas avec sa cathédrale et nous nous attardons à admirer les architectures autour.
Nous faisons de longues promenades surtout dans le quartier de San Blas, quartier latin, où nous découvrons à travers un dédale de petites rues étroites et toutes très pentues, plein de boutiques et de bons restaurants.
À la Plaza de Armas et partout dans les rues de Cusco et les restaurants, nous sommes constamment interpellés pour acheter, tout est offert : chandails, foulards, tuques, ceintures, aquarelles, cartes postales, des verres fumés, des étuis de toutes sortes, un cirage de chaussures, des massages, des restaurants, des tours de villes, des bas, des flûtes, des tissages, des pierres du Pérou, des poupées, des marionnettes, des taxis et la permission d’une photo pour 1 sole… etc. Tout le voyage sera teinté de cette coutume particulièrement à Cusco. Ici, beaucoup de femmes portent le costume traditionnel. Plusieurs jupes longues superposées de couleurs variées, plusieurs chandails dont le dernier et souvent brodé aux couleurs contrastantes, un chapeau melon noir ou brun et un grand tissage porté dans le dos et attaché à l’avant qui sert à transporter un jeune enfant ou une charge.
Nous porterons toujours nos chandails dès que le soleil disparaît; il n’y a pas de chauffage dans les maisons. Nous avons vu jusqu’à 13 degrés dans notre chambre. L’eau chaude n’existe pas dans tous les hôtels. Et surtout il faut une provision de papier hygiénique dans nos poches car il se fait rare dans les toilettes en général. Il est très intéressant de s’attarder à l’histoire des Incas dont ces fameux murs de pierre construits à la perfection par eux dont le mystère existe encore. Aujourd’hui ils utilisent ces fondations pour construire de nouveaux édifices.
Chinchero Un après-midi, nous avons pris l’autobus local pour se rendre au village de Chinchero. Perdu dans un décor de montagnes, ce village respire la tranquillité, devant l’église les femmes du village étalent à même le sol leur artisanat tout en couleur. Oups! Un nuage noir et elles ont le temps de tout recouvrir avec des plastiques. Les femmes viennent vers nous, elles veulent vendre à leur tour. Plein d’enfants sont là, habillés de couleurs festives jouant avec les lamas. Ces gens semblent heureux et vivre mieux que plusieurs aux alentours de Cusco. Tout près, des ruines de l’époque des Incas, des terrasses que nous verrons à multiples reprises au cours du voyage.
Un autre jour, l’école nous propose un tour de ville non touristique. Nous découvrons comment sont faits les adobes, ces fameuses briques de terre fabriquées à la main qui servent dans la construction des maisons à la campagne et parfois à la ville. Ces hommes travaillent douze heures par jour pour 10 soles.
Il manque d’écoles à Cusco. Donc dans les mêmes locaux, les enfants du primaire iront de 8 à 13 heures et le secondaire de 13 à 18 heures. Plusieurs adolescents n’y vont pas car selon notre guide, dans la pensée des gens pauvres, l’école n’est pas importante. Nous verrons successivement la fabrication de la chichiria, breuvage prisé des Péruviens, faite à base de maïs. La maison de Gladis, exemple de la vie des gens démunis autour de Cusco qui par milliers se retrouvent dans ces maisons aux briques brunes qui se confondent avec le paysage, accessibles uniquement à pieds. C’est un environnement de terre, la maison dont l’unique pièce a son plancher de terre, pas de fenêtre, pas de sanitaire, pas de frigo bien sûr. Pour cinq personnes, deux lits, une table, deux chaises, une ampoule, quelques effets personnels. On se croirait sur une autre planète. Puis le Mercado San Pedro, le plus vieux marché de fruits, de légumes et d’artisanat de Cusco.
Et que dire de ces deux petites frimousses… et de cette maman et son enfant sur le parvis de la cathédrale.
Départ pour le Machu Picchu. Dès la fin des cours de vendredi, nous prenons l’autobus pour parcourir la campagne vers Urubamba; on s’enfonce dans le creux des montagnes qui parfois nous laissent entrevoir de petits villages reliés à la route principale par un long escalier en paliers. Court arrêt à Urubamba, le temps d’un transfert d’autobus pour se rendre à Ollantaytambo mais déjà une horde de chauffeurs de taxis communautaires nous assaillent pour nous offrir leurs services; il faut savoir refuser poliment mais un sourire fait souvent des merveilles. Arrivés au charmant village d’Ollantaytambo, nous prenons quelques heures pour profiter des lieux avant notre train en soirée pour Aquas Calientes.
Ollantaytambo comme plusieurs villes au Pérou possède sa place centrale, ses ruines Incas, son histoire et son marché. L’atmosphère est agréable, le village est animé étant l’arrêt inévitable des visiteurs du Machu Picchu. Ici aussi se cachent quelques coins tranquilles à l’agréable accueil.
Ce soir, nous serons dans le wagon des Back Packers, nouvelle aventure pour nous qui plus est, nous en sommes les aînés. Une autre section s’appelle le Viadôme, la plus coûteuse et il y a aussi la les wagons pour les locaux auxquels les touristes n’ont pas droit. L’arrivée à Aquas Calientes est un peu magique. À la sortie de la gare, une grande place et une seule route pour piétons, bordée de restaurants, hôtels et terrasses.
Machu Picchu Aquas Calientes est le point de départ des autobus qui sont seuls à utiliser la route en lacets qui conduit au Machu Picchu. Le prix de l’autobus : 12$ U.S et celui d’entrée : 40 $ U.S. par personne. Pas donné ! L’entrée sur le site est majestueuse. Il est inévitable de prendre quelques minutes pour contempler ces lieux mystiques si surprenants avant d’entreprendre la promenade. Malheureusement les nuages très bas réduisent la visibilité qui sera meilleure plus tard.
Des lamas s’occupent de la tonte de la verdure dans les espaces qui servaient aux cultures. Nous passerons des heures à nous promener en imaginant la vie de l’époque Inca tout en admirant leur ingéniosité. Ils arrivaient à être autonomes dans ces montagnes éloignées et vertigineuses; leurs cultures en étagements est un modèle fort ingénieux, l’irrigation contrôlée est tout aussi surprenante. Leur architecture si bien réalisée ne cesse de questionner les chercheurs. Comment ont-ils réussi à élever ces murs avec une telle précision faits de rochers si lourds dans des lieux si peu accessibles? Une feuille de papier ne passe pas dans les joints.
Les lieux sacrés, leurs croyances et l’organisation générale de leur société en font une civilisation fascinante. Les temples pour leurs divinités, les lieux sacrés pour les cérémonies et les rites sacrés, on ne peut qu’admirer et prendre le temps de contempler ce qui a été un temps de splendeur anéanti irrévocablement. Il faut se résoudre à rentrer malgré le magnétisme qui nous retient dans cet endroit paisible.
Dimanche, le réveil sonne à 4:45h., nous devons prendre notre train qui nous ramène à Cusco. Nous quittons à regrets ces lieux qui semblent hors du temps.
J’étais plus confortable dans ce voyage à plus basse altitude et à mesure que la journée avance, je suis plus oppressée à l’approche de Cusco. Mais cette ville fantastique en vaut la peine et il nous reste une semaine de cours d’espagnol. Devant un bon cappuccino et une pâtisserie, nous organisons la semaine à venir. Certains musées nous intéressent dont celui des Incas et nous devons acheter nos billets d’autobus pour notre départ vers Puno samedi prochain. Cusco est une fourmilière de taxis car toutes ces rues pentues essoufflent les marcheurs. Et pourquoi s’en passer, un trajet dans la ville coûte à peine 4 soles i.e. 1,50$ canadien pour nous deux. La ronde des sollicitations reprend de plus belle; il faut apprendre à négocier les prix tout en restant raisonnable. Cette semaine nous avons nos professeurs en privé et c’est toujours aussi agréable. Très dynamiques, elles savent soutenir notre intérêt et nos apprentissages. Un après-midi, nous allons visiter le musée des Incas et ces quelques heures nous ont plongés dans un univers qui rappelle toutes les traditions incas. Les parures, les vases, les sculptures, les accessoires vestimentaires démontrent tous, la recherche du détail et le souci du décorum. Cette visite a été très intéressante et fort instructive.
Nous avons l’agréable surprise de rencontrer par hasard à la Plaza de Armas un équipage canadien, Céline et Marcel, qui voyagent également au Pérou. Nous décidons de se rendre ensemble, jeudi, à Pisaq, petit village dans la vallée sacrée Inca. Pisaq Le paysage est encore une fois à couper le souffle. Un guide nous accompagne pour la visite des ruines. Au-delà de nos pas, notre regard plonge dans l’immensité de ces montagnes qui demeurent en fond de scène continuellement. Ces versants abrupts côtoyant des vallées verdoyantes donnent le vertige et en suivant la crête, c’est un nouveau piqué vers des profondeurs.
Où sont les garde-fous ?
Et oui je souffle encore !
Notre visite des ruines incas nous ramène au cœur du village dans l’immense marché. Encore une fois, c’est une symphonie de couleurs qui nous attend. Nous rentrons à Cusco après une journée bien remplie. Vendredi, dernier jour de classe, nous disons au revoir à nos professeures en les remerciant chaleureusement.
Au revoir Cusco et au revoir au lama rencontré sur le trottoir.
2e partie Nous sommes maintenant en vacances. Dès le lendemain avec notre petit bagage d’espagnol qui nous sera fort utile par la suite, nous prenons notre autobus touristique vers Puno. L’autobus voyageur demeure le meilleur moyen de transport dans ce pays. C’est sécuritaire et les différentes lignes offrent des itinéraires et des heures qui conviennent aux besoins des voyageurs. Nous avons pris la compagnie Ormeno, Royal Class. Le système est très bien organisé. Les autobus stationnent dans des terminus fermés avec de grandes clôtures. Les bagages sont consignés, nous avons des sièges attitrés, nous payons une taxe de voyageur au terminus, il y a une hôtesse à bord et un léger goûter est servi en route; le tout accompagné d’un bon confort qui peut être différent selon les bus. Nous utiliserons ce mode de transport pour le reste du voyage jusqu’à notre retour à Lima. Nous voilà en route pour Puno. La route est bien pavée et nos grandes fenêtres nous permettent de jouir des jolis paysages et des scènes de la vie campagnarde ainsi que des surprises de la route.
Avec un coup d’œil là-haut, il est possible d’apercevoir les neiges éternelles sur la cime des montagnes. Nous évoluons définitivement dans les hauteurs.
Les villages se succèdent en alternance avec d’immenses prairies où des maisons isolées se fondent dans le paysage. Ce sont les femmes qui sont aux champs en général. À Juliaca, nous commençons à voir des triporteurs, genre de bicyclettes qui peuvent transporter deux voyageurs et leurs bagages.
Lac Titicaca Dans un virage, le lac Titicaca apparaît en contrebas aux abords de la ville de Puno. Très grande ville, ses rues s’étirent sur les flancs de la montagne et le centre d’intérêt est la proximité du lac Titicaca qui est le lac navigable le plus haut en altitude au monde.
Le lendemain nous prenons un tour de bateau avec guide qui nous amène sur les îles Uros et Taquile. Le lac est très calme et une demi-heure plus tard, nous naviguons à travers des roseaux qui nous mènent aux îles Uros. C’est la découverte d’un monde inusité.
Les Îles Uros Uniques au monde, ces îles sont impressionnantes car elles sont faites de main d’hommes uniquement de roseaux. Une quarantaine d’îles en tout pouvant accueillir de trois à dix familles selon leur grandeur. Notre approche se fait en douceur et le bateau amarré, nous pouvons descendre. C’est une sensation spongieuse sous nos pas. Le ciel est d’un bleu pur tout autant que l’air que nous respirons. C’est très inusité. Ces gens pas compliqués vivent simplement et refusent la vie plus moderne des villes. Le roseau est leur matière première; ils en font leur île, leur maison, leurs meubles, leur bateau et c’est utilisé également pour leur artisanat. Ils vivent de pêche et du tourisme évidemment. Notre guide nous explique qu’il n’y a plus que les adultes et de très jeunes enfants qui vivent ici car les adolescents s’en vont à Puno et ne veulent plus revenir vivre dans les îles; dans quelques dizaines d’années, plus personne ne vivra sur ces îles de façon traditionnelle. Sur chaque île, il y a un belvédère fait de roseaux qui leur permet de s’envoyer des messages.
Puis nous sommes invités à monter à bord d’un de leur bateau pour une balade sur l’île voisine. Nous traversons à rames tout doucement. C’est une très belle expérience et déjà nous devons retourner à bord du bateau à moteur pour une traversée assez longue vers Taquile.
Taquile Taquile est une île pittoresque sans aucune route ni véhicule. Plutôt aride, elle est faite de rochers abrupts avec des terrasses aménagées pour la culture et les pâturages. Nous suivons le seul sentier qui traverse l’île.
Notre cardio est de nouveau mis à l’épreuve. Chaque espace est délimité avec des murets de pierres. Ce sont les femmes qui s’occupent de la culture et des animaux et elles filent la laine tout en marchant. Le tricot fait partie des activités des hommes. Étonnant!! Le costume traditionnel est un peu différent et comporte pour les femmes un voile noir avec des pompons aux extrémités; avec plusieurs couleurs, la femme est libre, avec quelques couleurs, elle est mariée. Les hommes portent le bonnet tricoté aux différentes couleurs marquant l’appartenance à leur village respectif.
Les maisons éparpillées obligent les gens à marcher beaucoup et tout est en montagne. Alors il semble que ce soit une vie très difficile pour ces gens, faite de silence et de travail. Toute leur énergie est sollicitée par leur quotidien d’efforts physiques.
Après un bon repas, nous finissons notre journée en descendant les 500 marches qui nous ramènent au port; elles sont en plus de hauteur différente, ce qui complique la descente, parole d’amirale. Et terminons avec les rares couleurs dans la nature de Tequile.
Puno De retour à Puno. Nous avons une journée pour se promener dans Puno. Ce matin, pas d’eau chaude pour la douche, c’est pénible, déjà qu’il n’y a pas de chauffage mais nous survivrons. Nous partons explorer la ville. Dans les rues, beaucoup d’activités, de marchands. La jolie Plaza de Armas fourmille de vie où jeunes et moins jeunes se côtoient suivant la tradition et les temps plus modernes.
Une balade en triporteur nous conduit au bord de l’eau mais le plus affolant est bien ce tour en triporteur car la traversée des carrefours relève du défi où triporteurs, taxis et mini autobus s’entrecroisent sans apparentes règles de circulation.
Ce soir nous prenons le bus de nuit pour se rendre à Aréquipa. Aréquipa Aréquipa est surnommée la ville blanche à cause de la couleur de ses édifices construits avec la pierre blanche des volcans environnants. Ici c’est bien joli et après quelques heures de sommeil, nous faisons un tour touristique avec un guide. La Plaza de Armas est une des plus belles du Pérou. L’environnement est une préoccupation pour la population locale et nous sentons le souci d’agrémenter les lieux publics de fleurs et d’arbres.
Nous visitons successivement Carmen Alto Vallée, Yanchuara Place, la tour d’observation Sachara, la maison du Fondateur, le Moulin et les terrasses de Paucarpata. Les points de vue sont époustouflants. L’histoire, l’architecture, le mode vie, l’environnement des volcans dont le célèbre Misti, nous avons la chance de sortir de la ville pour mieux en apprécier les abords.
La visite du musée Santuarios Andinos est fort impressionnante. En plus de conserver toute une panoplie d’artéfacts de la période inca, il y a la fameuse momie de Juanita trouvée en 1995 par des chercheurs. Elle est intacte complètement gelée depuis 500 ans. L’histoire raconte que lors de tremblements de terre ou d’éruptions volcaniques, une offrande était faite au volcan. Cette offrande prenait parfois le visage d’une jeune vierge, belle et noble, que l’on sacrifiait selon des rites bien précis pour en faire une déesse. Elle a donc été retrouvée dans ses riches vêtements, entourée d’accessoires de toutes sortes, en position agenouillée. On peut distinguer sa peau, ses cheveux, ses ongles. Le volcan voisin en entrant en ébullition a fait fondre les couches de neige juste assez pour que l’œil des chercheurs la repère. Elle est conservée dans les mêmes conditions et représente toute une page de l’histoire inca. Photo non permise après ce point.
Colca Canyon Nous partons en autobus avec un groupe de touristes pour le Colca Canyon. En sortant de la ville d’Aréquipa, nous passons très vite aux paysages désertiques. Après quelques villages épars, nous montons en altitude, la végétation se fait de plus en plus rare et l’air se raréfie aussi tiens, tiens ! La route est asphaltée et les montagnes autour se font très arides. Aréquipa se trouvait à 2335 mètres au-dessus du niveau de la mer et là nous nous retrouvons à 5300 mètres. Inutile de dire que je respire difficilement.
Parfois, le bus s’arrête pour nous permettre de descendre afin d’admirer des troupeaux d’alpacas qui vivent en ces lieux sans se soucier des autobus même si parfois ils sont carrément sur la route. Ils sont adaptés aux conditions climatiques.
Quelques paysans habitent à des kilomètres les uns des autres dans des conditions d’extrême dénuement. La route en lacets que nous suivons continue de s’élever entourée des plateaux de l’altiplano où la végétation se fait rare. L’autobus s’arrête à un point de vue spectaculaire; nous sommes au bout du monde où l’air se raréfie mais le spectacle est grandiose. Descendre de l’autobus, marcher lentement, notre guide nous met en garde, prendre son temps et se concentrer sur sa respiration. C’est aussi le lieu pour marquer notre passage; il faut empiler quelques pierres pour faire une tour qui se retrouvera parmi des centaines d’autres. Avec effort je dois m’asseoir et construire cette tour, comment me relever après ? Si vous venez à passer, vous verrez. Et cette altitude permet également à mon capitaine de porter son bonnet péruvien.
Nous reprenons notre route pour se rendre à Chivey pour la nuit. Chivey Un restaurant attend le groupe pour un délicieux repas genre buffet. Les enfants sont beaux et souriants; une fillette de la place au minois espiègle échange quelques mots en espagnol avec moi.
Chivey est un petit patelin au creux de la vallée. Il apparaît avec sa place centrale, son église et son marché qui est le cœur de la vie ici. Tous les achats passent par ce marché qui offrent tous les services rassemblés. Nous avons vu des cordonniers, des chapeliers, des bouchers, des marchands de tissu, de fruits et de légumes. Il faut dire qu’en ce jour se prépare une grande fête pour la Vierge qui est vénérée grandement à travers le Pérou.
Une heure plus tard, nous partons pour les bains thermaux dont l’eau est chauffée par un volcan à 38-40 degrés C. Je suis agréablement surprise des installations. De belles douches, de petites cabines pour se changer. Tout est très propre et il y a plusieurs piscines à ciel ouvert. Quel bonheur de se détendre dans cette eau chaude alors qu’il est si difficile d’en obtenir dans les hôtels ! En levant les yeux, nous sommes séduits par ces volcans autour de nous et nous pensons à nouveau que nous sommes dans un monde intemporel mais, ce qui est réel, c’est la magie de ce bain thermal sur moi.
Notre guide vient nous chercher de très bonne heure; nous avons une longue route à faire pour se rendre à la Croix des Condors. Avec de la chance, nous verrons le vol des condors, cet animal mythique de l’histoire. La route est de plus en plus cahoteuse; faite de gravier et de terre, chaque passage d’autobus en soulève la poussière. Une heure et demie plus tard, après avoir traversé un tunnel de 500 mètres, suivi le bord de plusieurs précipices, vu des panoramas exceptionnels, couru après mon souffle de plus en plus, nous voilà enfin au point culminant de notre voyage.
Des plates-formes d’observation tout près des pentes abruptes des volcans qui n’en finissent plus de plonger en profondeur et de remonter vers des cieux infinis, face à ces vertigineux pics, nous retenons notre souffle, les gens gardent silence, nous sommes en attente pour voir ce vol majestueux du condor qui se fait attendre.
Puis un léger bruissement attire l’attention et deux condors apparaissent dans toute leur splendeur venant de nulle part. Ils filent telles des flèches et s’amusent à nous survoler à bonne hauteur déployant l’envergure de leurs ailes avec grâce et force. Nous aurons la chance de voir trois condors évoluer dans ce territoire qui leur convient beaucoup plus qu’à moi. Mais nous repartons avec la satisfaction d’avoir atteint notre but.
Le retour vers Aréquipa se fait dans la même journée. Nous revenons avec des images plein la tête; la grandeur de ce canyon est inimaginable et la force silencieuse qui s’en dégage se vit pleinement sur place.
De retour à Aréquipa, notre samedi est consacré à la visite du Monastère de Santa Catalina édifié au XVIième siècle, l’un des attraits les plus importants de la ville. Semblable à une petite ville, il est unique en son genre. Une fois dans l’enceinte de ces murs, nous sommes coupés des bruits et de l’agitation de la ville par de hauts murs.
C’est un cloître dont une grande partie est ouverte au public depuis quelques dizaines d’années. Nous pouvons y découvrir des ruelles étroites portant des noms castillans, de petites cellules, des fontaines de pierre volcanique blanche, des jardins et un temple imposant.
Mémoire de ces temps, les longs murs mitoyens sont aujourd’hui enjolivés de couleurs et de fleurs. Sous les arcades des fresques originales directement sur le ciment qui ont survécu au fil du temps.
Un peu plus loin, leur système d’eau pour la lessive; de grandes urnes disposées de part et d’autre d’une canalisation et chacun obtient son bassin de lessive. Ingénieux tout de même ! Plusieurs fours en ciment, à ciel ouvert, et autres accessoires rudimentaires sont les témoins de la simplicité de la cuisine de ce temps.
À cette époque, des jeunes filles de bonne famille s’y réfugiaient en grand nombre et aujourd’hui encore, il en reste une trentaine vivant dans certaines sections à l’abri des regards. Décédée en 1686, Sœur Ana a vécu dans ce couvent et a été béatifiée par le pape Jean Paul II en 1985. Différents miracles lui sont attribués. Ses effets personnels dans sa cellule démontrent la vie simple qu’elle a vécue dans la prière et le recueillement. Nous refermons les portes du cloître pour reprendre notre route.
Nous prenons un autobus de la compagnie Ormeno, classe Royale, à 22 heures.
Nasca Nous passerons la nuit à voyager; la route est longue d’Aréquipa à Nasca, neuf heures. L’arrêt à Nasca sera très court. Nous choisissons de se rendre en taxi au mercador pour observer les fameuses lignes de Nasca. Nous pouvons distinguer la main, l’arbre et le reptile.
Dans ce désert entouré de montagnes arides de minerais, on se retrouve dans un univers énigmatique. Creusés de 10 centimètres, ces sillons gardent précieusement leurs secrets car nul n’a résolu le problème de leur provenance. Il ne pleut jamais à Nasca. Certains voyageurs prendront un petit avion pour les survoler. Découvertes par une allemande, Maria Reiche, elle y consacra plusieurs années de sa vie en recherche sur le terrain et en mise en plans à l’échelle. Un petit musée existe en son honneur qui explique ses recherches et de nombreux plans y sont accrochés naïvement au mur.
Le mystère demeurera encore longtemps. A la una y media, tenemos que tomar otro autobus para Miraflores. Viege va a durar seis horas. Le voyage vers Miraflores se fait dans le désert; une longue route interminable qui se découpe dans un paysage de sable et de roches. Parfois nous entreprenons une longue ascension pour redescendre plus loin. Le paysage est monotone, des kilomètres sans voir âme qui vive. Au détour apparaît un petit village misérable dans cette sécheresse et cette aridité. La route s’approche parfois de l’océan Pacifique mais s’en éloigne tout aussi vite. Soudain apparaissent des plantations de coton, de pommes de terre et d’orangers qui survivent grâce à des nappes d’eau souterraines. À proximité, le petit village se découvre, sorti de nulle part tel qu’une oasis de verdure.
Nous roulons toujours, le soir tombe, nous approchons de Miraflores. Nous sommes accueillis au terminal par un représentant de notre hôtel, c’est toujours fort apprécié. L’hôtel Bellavista est très sympathique. Nous y passerons deux jours avant notre retour au Venezuela. Miraflores Banlieue d’affaires de Lima, Miraflores est très sécuritaire. Cette ville moderne pétille de vie. Devant la cathédrale, sa grande place est fleurie à souhaits. Pas de doute, cette ville porte bien son nom. Nous sommes le 11 décembre, Noël se prépare ici aussi.
Nous flânons dans les rues de Miraflores. Après ces derniers jours dans l’atmosphère désertique, que c’est bon de retrouver la verdure et l’animation des gens autour de nous ! Les nombreux restaurants avec terrasses sont très invitants. Nous faisons un saut au marché artisanal et nous profitons de cette belle journée pour marcher jusqu’au bord du Pacifique, revoir la mer en se souvenant de nos navigations. Nous visitons le parc de L’Amour avec ses murets remplis de poèmes d’amour, très romantique ! Un petit saut au centre Larcomar, ensemble de boutiques et de restaurants très modernes construits sur plusieurs paliers au bord de la mer.
Ce matin, au déjeuner, nous avons rencontré France et Stan, des québécois, qui sont en route pour un an. Partis du Québec, en voiture, ils ont comme objectif de descendre jusqu’à la Terre de Feu sur un chemin de découvertes puis de remonter au Québec. C’est un magnifique défi qu’ils relèvent fièrement. Quelle rencontre agréable ! Voilà la plus grande richesse des voyages ! Ce soir, c’est notre dernier souper au Pérou. Nous sommes installés sur une des nombreuses terrasses près du parc Kennedy. Entourés de lumières de Noël, d’une musique douce, parmi la diversité des gens autour de nous, l’atmosphère est agréable et chaleureuse. Nous savourons un délicieux repas en se remémorant tous ces endroits fascinants visités dans ce pays. Il y a tant de choses à voir, nous aurions eu besoin encore de plusieurs semaines mais le souvenir que nous garderons de notre passage sera un épisode de jours excitants et fantastiques. Nous quittons Miraflores avec une envie de revenir mais d’autres aventures nous attendent.
P.S À l’aéroport de Lima, au comptoir de Lan Peru, on nous a demandé si nous avions notre vaccin contre la fièvre jaune. Heureusement nos carnets de santé le certifiaient. C’est la première fois qu’on nous fait une telle demande. Nous en avons conclu que c’était relié à notre destination Caracas avec comme point de départ Lima, donc intercontinental. |