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Septembre

 

Nous avons atteint le Venezuela enfin et en ce mois de septembre, nous arrivons sur Puerto La Cruz à la marina de Bahia Redonda.  Cette marina est une des marinas du complexe touristique El Morro.  

C’est un luxe de vivre en marina mais à Puerto La Cruz aucun bateau ne s’ancre car c’est rouleur et plus sécuritaire en marina.  Mais qui se plaindrait de vivre en marina avec tous les avantages que cela procure : plus de problème d’énergie, eau douce à profusion, accès aux magasins rapidement, la piscine tout à côté, le petit dépanneur au bout du quai, la vie facile quoi!

 

Tout autour, il y a plusieurs marinas et c’est le rendez-vous des navigateurs sur le continent du Venezuela.  Plusieurs choses étonnent dans ce pays qui s’affiche comme le pays des contrastes.

Il est important de s’informer, d’observer et d’écouter pour apprendre à connaître ce pays.  Tant de choses sont différentes, tout se négocie même l’échange de l’argent.

Les automobilistes roulent à toute vitesse avec de belles voitures modernes qui côtoient sur les routes de vieux tacots qui tombent de toute évidence en ruine.

Les paysages passent des côtes de la mer vers des plateaux et des zones de sécheresse. 

Ils ont des îles aux plages magnifiques parfois désertiques et des montagnes luxuriantes. 

Il y a la pauvreté et la richesse avec une classe moyenne peu nombreuse. 

Il y a des maisons somptueuses aux terrasses paysagées et les petites maisons faites de divers matériaux récupérés, entassées les unes sur les autres. 

Il y a ces villes telle Caracas qui bouillonnent de monde et ces grands espaces inhabités faits de silence et de nature paisible.

Il y a cette jovialité, cet accueil chaleureux de la population et pourtant des règles de sécurité sont impératives dans nos interactions avec eux.

Le coût de la vie est bas pour nous qui venons des autres pays mais pour eux, c’est difficile, 40 % de la population ne mange qu’un repas par jour. 

 Dans les marinas, des agents de sécurité sont présents vingt-quatre heures par jour; les consignes de sécurité sont simples, on se promène au Venezuela sans bijou de valeur, sans liasse d’argent dans un portefeuille et sans attirer l’attention.  Pour aller faire les emplettes, nous prenons un taxi à la marina;  ce qui est assez amusant ces chauffeurs ne travaillent qu’avec les navigateurs.  Ils sont sympathiques, parlent espagnol et anglais, ils nous conduisent et nous accompagnent dans les commerces, servent d’interprètes, négocient à l’occasion les prix pour nous et nous raccompagnent à la marina en toute sécurité.  Ils travaillent sur rendez-vous et connaissent tous les endroits pour rendre service aux navigateurs.  C’est une aide précieuse surtout pour les débutants en langue espagnole comme nous. 

Arriver au Venezuela laisse entrevoir de bonnes bouffes de filet mignon car ici on peut les acheter à bon prix.  Une petite visite dans une boucherie moderne nous permet de découvrir comment cela se passe.  Autour des tables de travail, des tabourets nous permettent de s’asseoir afin d’observer le boucher à l’œuvre.  Nous achetons le filet mignon en entier et devant nous il l’apprête selon nos goûts en filet, en cubes, en rôti ou haché.  C’est un vrai régal qui nous attend.

 Des agences nous offrent diverses escapades à l’intérieur du pays et nous avons choisi une excursion avec guide d’une durée de quatre jours aux Angel Falls.  Le bateau est en sécurité au quai de la marina et nous partons. 

 À partir de ce mois des carnets de voyage vont s’intégrer à l’occasion dans le journal de bord;  ils seront le récit de petits voyages sur terre de durées diverses, question de découvrir un peu le pays de l’intérieur.

 

Carnet de voyage 1

Nous partons pour quatre jours sur le sol du Venezuela.  Nous nous rendons aux Angel Falls, les chutes les plus hautes au monde.  Le voyage est organisé par une agence à la marina.  Des guides nous prennent en main dès notre départ.  Nous sommes quatre à partir ensemble pour le moment.  Sacs à dos, souliers de marche,  chapeau et anti-moustiques, il est huit heures du matin, nous partons à l’aventure et je ne savais pas encore à quel point le mot aventure prendrait tout son sens.  Un taxi nous attend à l’entrée de la marina et nous amène au terminus d’autobus de Puerto La Cruz.  Le chauffeur est chargé de nous faire monter dans le bon autobus fort heureusement car il y a foule à ce terminus et comme notre espagnol n’est pas très fort encore… Nous voilà installés dans un autobus voyageur très confortable.  Trois heures trente de trajet et nous arrivons à notre premier point de repère, Ciudad  Bolivar.  Vladimir, notre guide, nous y attend et rapidement il nous conduit à notre hôtel.  Une gentille dame sera notre guide pour tout l’après-midi dans la découverte de la ville de Bolivar.  Remplie d’histoires et de légendes, cette ville côtoie l’Orénoque, ce fleuve immense qui naît dans les terres profondément.  Une de ces légendes, fort jolie, raconte la naissance de l’Orénoque comme suit:  il était une fois une jeune princesse indienne qui était tombée amoureuse d’un guerrier qui mourût dans une bataille, inconsolable elle pleura tant sa perte que ses larmes donnèrent naissance à l’Orénoque.  Cette légende est illustrée sur l’emblème de la ville.

La Place Bolivar se retrouve dans toutes les villes du Venezuela; sise juste à côté de la cathédrale, elle rappelle l’histoire de l’indépendance.  Les rues pentues débordent de maisons aux façades colorées. 

         

 L’architecture est hautement d’influence espagnole avec les cours intérieures et le fer forgé aux fenêtres.  Autour de la ville, des montagnes se dressent au loin et les nombreux cours d’eau sillonnent les vallées. 

Mardi matin, Vladimir nous récupère à l’hôtel à 7:30h, une longue journée nous attend.

Nous allons d’abord à l’aéroport, un déjeuner copieux nous y attend.  Puis nous montons dans un Cessna, 8 places, pas le temps de poser des questions, le pilote est pressé de partir.  Nous survolons les terres et les montagnes pendant 1 heure 15 minutes.  C’est un paysage à couper le souffle  et nous atterrissons à l’aéroport de Canaïma, seul accès au camp de base WEITEPUI.

 Jose, notre guide nous y attend et il nous explique que nous avons une heure pour se changer et préparer notre bagage car l’horaire du lendemain devient celui d’aujourd’hui.  Dès ce moment, nous sommes rejoints par 6 autres personnes et ce groupe restera soudé pour les prochaines 48 heures.  Nous embarquons à bord d’une pirogue avec nos bagages à l’arrière, notre guide Jose et deux autres guides qui barreront la pirogue équipée fort heureusement d’un gros moteur car nous remontons les rivières Karrao et Churum à contre courant pendant quatre heures à toute vitesse.  Les premières heures sont excitantes; nous sommes en pleine nature sauvage;  chaque détour nous fait découvrir de nouvelles montagnes aux contours abruptes et aux sommets plats typiques de la région.  Plus on avance, plus la rivière  devient capricieuse;  les rapides se multiplient, ce qui oblige le guide à freiner la pirogue, à changer de direction en embarquant à tous coups des vagues d’eau qui nous éclaboussent généreusement, que dis-je, qui nous détrempent.  Mais les paysages compensent cet inconfort, nos sens sont en éveil et notre émerveillement est sauf. 

 La dernière heure s’est avérée plus éprouvante pour tous.  La pluie s’est mise à tomber en grossissant les rapides et le guide a dû multiplier les efforts pour bien faire et arriver au camp avant la noirceur.  

Premier objectif, s’habiller de vêtements secs et profiter de cette fin de journée pour explorer les lieux.  Pendant ce temps nos guides montent les hamacs recouverts de filet pour chacun, voilà où nous dormirons ce soir en pleine forêt tropicale face à cette rivière et à l’arrière la vision au loin des chutes que les nuages nous laissent entrevoir à certains moments. 

 

La nuit noire tombe autour de nous et c’est à la chandelle que nous prenons notre souper assis à des tables de pique-nique avec cette impression d’être au bout du monde dans une nature magnifique. 

 Le lendemain c’est une longue excursion à pieds qui nous rapproche de ces chutes majestueuses mais quelle excursion!  Il aura fallu grimper plus d’une heure entre les arbres, suivre les courbes de rochers, choisir les espaces sûres entre les racines avant de poser les pieds, pour enfin arriver à ce lieu d’observation.  L’effort en valait la peine car le spectacle de ces chutes hautes de 3200 pieds, est impressionnant;  cette force de la nature inspire le respect et nous sommes envoûtés par la beauté de ce panorama.

 

 Une autre petite avancée nous mène au pied des chutes pour un bain dans cette eau fraîche qui nous redonne de l’énergie.

 Une colonie de papillons verts salue notre retour au camp et nous permet un moment de repos avant de reprendre notre descente en pirogue vers le camp de base. 

 

 Comme pour l’aller, nous refaisons ce voyage  en se faisant asperger allègrement d’eau dans les passages de rapides.  Ce soir, nous dormons dans de vraies chambres d’un sommeil profond et récupérateur. 

 Le dernier jour est attendu pour une balade en pirogue dans le lagon de Canaïma à cinq minutes de marches du camp et ce lagon reçoit les eaux des chutes Sapo et Sapito Falls.  La pirogue longe doucement ces chutes spectaculaires et nous mettons pied à terre sur une berge.  De là nous escaladons encore un peu, question de ne pas perdre l’habitude et nous passons sous les chutes pour se retrouver de l’autre côté en ayant l’impression d’avoir surmonter une épreuve d’endurance.  Ce passage est fort heureusement bien protégé grâce à des câblots à portée de mains.  Cette marche sur des roches mouillées, aux aspérités diverses, ce bruit infernal qui gronde à mesure de notre avancée et ce passage au plus fort de la chute où nos pas disparaissent dans l’eau, ouf!  Il faut croire en notre bonne étoile et avoir confiance que tout se passera bien. 

Peut-on croire qu’en la saison sèche, ces chutes se tarissent?

 

 Retour au camp de base, une heure de liberté pour reprendre la route avec nos sacs à dos vers l’aéroport, reprendre le Cessna vers Bolivar et refaire 4 heures de route vers Puerto La Cruz pour arriver à la noirceur chez nous, des images plein la tête, des émotions plein le coeur et des muscles plein d’acide lactique.  Nous sommes de retour et nous sommes fiers de l’avoir fait, c’est unique au monde et c’est une expérience extraordinaire.  Nous garderons en souvenirs des images splendides de ce voyage.

 

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La vie reprend à la marina.  Nous avons besoin de repos mais le quotidien nous rattrape.  Comme à chaque année, nous nous réservons un temps pour le carénage et les réparations d’usage, cela arrive bientôt.  C’est fou comme les listes demeurent longues : il faudra refaire les coutures du dodger dont les fils sont brûlés par le soleil, galvaniser l’ancre pour la protéger de la rouille, refaire le vernis de la table du carré,  penser au polissage de la coque et à ces millions de petites choses qui nourrissent sans relâche la liste d’entretien du bateau. 

 Le temps est venu de sortir l’Aquarel de l’eau; en chantier, il sera au repos  pour quelque temps.   Nous passerons le mois d’octobre au pays; revoir la famille et les amis nous fait toujours grand bien.   Reprendre le rythme des gens du Nord avec la vie à l’agenda dans la circulation, quel défi !!

 Nous reviendrons en novembre pour reprendre le récit du voyage.