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Septembre et octobreBonaire La navigation sur Bonaire s’est fait par une belle journée de voile. Naviguer vers l’ouest a ses avantages, nous sommes au portant. Mais notre génois a peine à tenir et comme nous n’avons pas de tangon cette voile faseille constamment car la houle berce l’Aquarel allègrement. Après plusieurs heures d’ajustement sans résultat valable, nous décidons de remplacer le génois par notre DRS, erreur car aussitôt lancé, il s’enroule autour de notre enrouleur de génois. Quel dommage de voir notre voile malmenée par le vent jusqu’à notre arrivée à Bonaire! En approche du mouillage, nous tentons un ultime effort pour la dégager en faisant pirouetter l’Aquarel sur elle-même. Nous avons réussi à la dégager de la base de l’enrouleur mais le vent en a fait un immense drapeau taqué en haut du grand mât. Et c’est ainsi que nous avons fait une entrée remarquée à Bonaire. À Kralendijk, tous les bateaux doivent s’accrocher à des bouées en face de la ville. Il y a deux lignes de bouées intercalées. La manœuvre est délicate car c’est difficile d’attraper les flotteurs où se rattachent les bouts. Puis il a fallu s’occuper du fameux DRS toujours flottant à tous vents. Mais heureusement nous avons eu de l’aide et au bout d’une heure et de multiples efforts, le DRS s’est enfin retrouvé sur le pont. Après cette longue journée de navigation, nous avons pu alors se détendre et apprécier les lieux. Nous retrouvons la civilisation après deux mois et demi d’îles désertes. Toute la côte ouest de l’île de Bonaire est un parc marin et pour cause. Depuis longtemps les gens d’ici se soucient de la qualité de l’eau, qui est cristalline et vraiment d’une pureté remarquable, ainsi que des coraux qui attirent tant de plongeurs à Bonaire . Juste sous l’Aquarel, nous pouvons faire de l’apnée et retrouver de nombreux poissons aux couleurs diverses. Comme nous sommes sur la deuxième ligne de bouées, à l’avant nous avons trois mètres d’eau et à l’arrière on se retrouve sur le tombant; c’est vertigineux et tout à la fois impressionnant. Il est facile de prendre l’annexe, de s’arrêter à un restaurant sur la jetée et de marcher à la découverte de Kralendijk. Tout est joli avec des rues piétonnières, des restaurants, des terrasses invitantes voisinant diverses boutiques. Nous sommes dans une île hollandaise très colorée. La location d’une voiture nous a permis de s’aventurer un peu plus loin dans l’île. Nous avons remarqué alors que cette île est très désertique. Le climat très sec, ne favorise pas beaucoup plus que la pousse des cactus. Plusieurs clôtures sont aussi faite de cactus.
Au sud de l’île, s’élèvent en différents points, quatre obélisques de couleurs différentes visibles du large. À l’époque, elles permettaient aux bateaux de se diriger vers leurs lieux d’embarquement de sel suivant ce code de couleurs. Ces grands marais salins existent encore où il y a longtemps les esclaves y travaillaient de longues heures. On peut y voir encore les maisons typiques des esclaves si basses et si petites portant la couleur de l’obélisque attitrée. On a peine à imaginer que quatre à six personnes pouvaient y dormir à même le plancher.
Notre tour nous mène à l’est de l’île, très désertique et affrontant les vents constants dominants. Plus au nord nous entrons dans le parc national Washington Slagbaai. Bien balisé, avec des routes sablonneuses à sens unique, nous découvrons la sécheresse encore plus évidente dans cette partie. Quelques points d’intérêts méritent le détour tels que ces endroits où la mer s’engouffrent dans les rochers avec un bruit infernal et le spectacle est surprenant.
Des centaines de lézards prennent d’assaut les routes du parc, ils sont curieux et très hardis; à côté d’eux les iguanes paraissent craintives et insouciantes.
De retour à Kralendijk, nous flânons sur l’allée piétonnière qui borde l’eau. Il fait très chaud à terre et nous espérons retrouver la douce brise quotidienne sur le bateau. Nous restons cinq jours à Bonaire et la météo nous permet alors de repartir vers Curaçao. ______________________________________________________________CuraçaoAprès notre arrêt à Bonaire, nous voilà à Curaçao. Déjà en approche, nous pouvons discerner des maisons à l’architecture hollandaise aux couleurs vives des îles. Nous pointons notre étrave vers l’entrée de Spanish Water qui est un mouillage à l’abri de la mer puisque nous devons suivre un couloir en serpentin pour enfin se retrouver dans cette baie. Les bateaux sont regroupés dans différents secteurs et doivent laisser l’espace central pour les activités des écoles de voile. Nous avons choisi de se rendre près de la marina Sarifundy. Dès notre arrivée, des équipages connus sont venus nous souhaiter la bienvenue. Il y a beaucoup d’animation dans ce mouillage, des facilités de transport et une vie sociale fort agréable, temps privilégié pour partager de multiples informations. Comme pour nous, Curaçao est une escale pour de nombreux bateaux, dans leur navigation vers l’ouest. Certains retournent vers les Antilles mais la majorité continue vers l’ouest. Voici quelques vues du mouillage :
Dès les premiers jours, nous contactons la voilerie et les gens pour la réfrigération; nous trouvons la référence pour le remplissage du propane, nous expérimentons les autobus pour se rendre dans les marchés et au centre ville sans oublier le magasin « Budget Marine » bien sûr. J’ai le plaisir d’acheter un nouvel appareil photo et je me régale avec mes essais sur place. Comme l'ancien appareil photo avait rendu l'âme à Tortuga, j'en profite en ce moment pour remercier tous les équipages qui nous ont partagé leurs photos des Roques, des Aves et de Bonaire. Le centre ville est très animé et un pont piétonnier relie les deux parties de la ville Willemstad, Punda et Otrobanda. Ce pont ouvre à chaque fois qu’un cargo, un paquebot ou un voilier désirent entrer dans le port. Des navettes prennent la relève immédiatement. Au centre ville, il y a un tas de jolies boutiques, des terrasses agréables, le marché flottant vénézuélien et des musées, Le papiamentu est la langue courante; on entend aussi le hollandais, l’espagnol et l’anglais.
Nous avons passé une soirée mémorable sur le voilier Mackay avec Jessy et Kenny. Quelques couples réunis dans son carré pour partager un apéro assis autour de sa table alors que Jessy, au piano, jouait des airs connus accompagnés de son capitaine à l’harmonica. Nous avons loué une voiture plusieurs jours, ce qui nous a permis de faire un tour de l’île, de se rendre dans des magasins à grande surface étonnamment bien équipés, de visiter des endroits charmants et intéressants tout en prenant le pouls de la population locale. Les gens sont souriants et accueillants. Nos excursions nous ont menés dans une ferme d’élevage d’autruches. L’endroit est charmant avec son restaurant style africain à l’entrée. Une balade motorisée avec guide nous conduit dans les enclos où les autruches curieuses se dirigent vers le véhicule. Tous leurs espaces sont bien clôturés car ces autruches sont très rapides et souvent agressives. Le guide nous a fait rigoler car il nous expliquait que ces animaux étaient ma foi stupides; leur cerveau est si petit qu’elles ne réalisent pas que même si leur tête passe dans un trou, le reste du corps ne suivra pas. Elles restent coincées et ce sont les guides qui leur apportent secours dans leurs mésaventures. Elles mangent aussi tout ce qu’elles trouvent y compris leurs œufs dans leur quête de calcium. Alors les gens de la ferme doivent enlever les œufs et ils en déposent de faux; les vrais œufs sont placés en couveuse. Quand le bébé autruche est prêt, il prendra vingt-quatre heures à sortir de son œuf. Le guide nous en présente un en éclosion, déjà très curieux. Il grandira ensuite d’un centimètre par jour.
Notre deuxième halte est une plantation d’Aloa Vera. Des champs de plants enlignés comme dans un potager, pourraient ressembler, à première vue, à des cactus. À maturité, ces longues feuilles sont cueillies, nettoyées et leur sève est transformée en multiples produits : savon, crème, shampoing, crème réparatrice pour de légères blessures à la peau, potions à boire, anti-moustiques etc. Intéressante visite!
En pleine nature, au détour de la route, une étendue d’eau protégée devient un havre de paix pour les flamants roses. Pourquoi les flamants roses sont-ils roses? On raconte que cette couleur leur vient du fait qu’ils bouffent des tonnes de crevettes. Grimpés sur leurs longues pattes, ils flânent et picorent dans l’eau continuellement avec leur gros bec crochu. Il est même difficile de les photographier car on doit surveiller leur mouvement si on veut avoir leur tête sur la photo. Ils sont gracieux et fascinants dans leur milieu naturel. Voilà un bruit et le signal est donné, ils s’envolent en bande.
Un autre arrêt intéressant est une ancienne plantation dont la maison principale est de toute beauté bien conservée depuis des centaines d’années. Les dépendances de cette plantation sise sur un très beau terrain ont été aménagées pour offrir un lieu d’apprentissage à des handicapés physiques et mentaux. Les différents ateliers sont chapeautés par des moniteurs et c’est dans ce cadre magnifique que l’on peut les côtoyer alors qu’ils fabriquent des poupées, travaillent le rotin, tannent le cuir, s’occupent des animaux, sculptent le bois ou entretiennent les parterres.
Une visite purement touristique au magasin des liqueurs Curaçao où nous pouvons déguster différentes saveurs; la boutique est agréable, ils peuvent accueillir plusieurs groupes de gens en même temps. Nous ne voulions pas manquer la visite du musée des esclaves. Ce musée est très intéressant et la présentation des différents pavillons est ingénieuse et éloquente. C’est historique et révoltant tout à la fois, tellement difficile d’imaginer que des gens ont été traités de la sorte pendant des siècles. Ce musée fait partie du village historique Kura Hulanda dont les bâtiments coquets servent à l’hôtel pour la réception, leur restaurant, les chambres, les boutiques, le centre de santé et autres; les ruelles piétonnières qui les relient sont entourés de terrasses, d’arbres magnifiques, de jardins, de la piscine à deux niveaux, qui semble née d’une cascade naturelle. Le tout est protégé par l’UNESCO.
Curaçao est une île bien développée avec des raffineries, un port actif, de nombreux hôtels et de très belles plages. Après un séjour d’un mois, nous devions partir vers Aruba pour respecter notre itinéraire. Avec regrets, il a fallu quitter les amis mais comme beaucoup d’entre eux se retrouveront à Carthagène, ce n’est qu’un au revoir. Nous partons avec le bateau Drumbeat, Marlène et Mike. Notre première escale est un peu plus au nord de l’île, dans la baie de Santa Kruz. C’est un mouillage très calme mais il faut avoir demander un permis d’ancrage pour deux ou trois jours après avoir fait nos papiers de sortie aux douanes et à l’immigration. Chaque pays a ses particularités aux sujets des douanes. Hé oui, il ne faut pas oublier que même en bateau nous devons faire nos papiers d’entrée et de sortie dans chaque pays, passer aux douanes et à l’immigration et souvent les lois sont différentes pour l’équipage et le bateau. Les permis de séjour dans leur pays sont différents les uns des autres.
Après deux jours de détente dans cette baie, nous levons les voiles vers Aruba. Aruba n’est pour nous qu’une halte. Au mouillage d’Oranjestad, nous avons jeté l’ancre pour une nuit tout près de la piste d’atterrissage de l’aéroport. Nous ne sommes pas descendus à terre mais cette île a bien voulu nous laisser un lumineux souvenir en nous offrant en soirée, un magnifique feu d’artifices à la hauteur de sa réputation d’île onéreuse.
La côte de la Colombie. Six heures trente du matin, c’est un départ vers le prochain mouillage, île de Monjes del Sur. En route nous avons reçu des mises à jour de notre météo qui nous annoncent des vents d’ouest pour la fin de semaine. Nous décidons en accord avec Drumbeat de ne pas arrêter à Monjes et de continuer notre route sur les côtes de la Colombie afin de se rendre dans un mouillage mieux abrité pour ces vents. Vingt-quatre heures plus tard, nous sommes sur le continent de la Colombie. Le premier arrêt, Cabo de la Vela. Nous avons ralenti notre allure au petit matin afin d’ancrer après le lever du jour. C’est sur une mer d’huile que nous contemplons un majestueux lever de soleil. Au mouillage juste à l’abri de la houle, c’est un cap que nous voyons à notre bâbord, montagne désertique sans âme qui vive. Nous profitons de ces quelques heures de repos pour refaire le plein d’énergie car la prochaine étape sera longue. Le lendemain midi, nous repartons en navigation en direction des Five Bays, 122 milles nautiques à avaler le long de la côte colombienne. Les trois premières heures, Éole nous délaisse complètement; un nuage de minuscules insectes s’abat sur l’Aquarel et surtout sur nous puis le vent se lève un peu et plus rien n’y paraît. Nous avançons patiemment sous un petit vent qui nous oblige encore à voyager à voile et moteur. Ce périple entre Aruba et Carthagène demande une bonne réserve de diesel. En début de soirée, alors que nous surveillons des grains sur le radar, ils se font de plus en plus nombreux à gauche et à droite, se dirigeant vers nous. Nous espérons passer entre deux mais ils se liguent contre nous et se rassemblant, ils obstruent complètement le passage. Et là nous avons droit pendant une heure et demie à des orages successifs; en cette nuit sans lune, les éclairs zèbrent le ciel éclairant la mer momentanément comme dans un décor de film imaginaire. Le tonnerre se charge des effets sonores dignes des meilleurs plateaux de tournage. Nous espérons que la foudre ne touchera pas l’Aquarel car dès lors, tout l’électricité du bateau peut sauter et foutre en l’air tout l’électronique. Pas drôle!! Finalement, nous avons été chanceux et nous sortons de cette zone indemne. J’en profite pour dormir quelques heures alors que mon capitaine fait son quart. Mais deux heures plus tard, je suis réveillée en sursaut car on a besoin de moi à la barre. Un cargo tente de nous appeler, nos amis de Drumbeat ont viré de 180 degrés, le temps de comprendre la position de ce bateau. Robert ne peut laisser en marche notre pilote et je prends la barre. Essayer d’imaginer la scène, vous venez de vous réveiller, vous montez sur le pont après avoir mis votre harnais, il fait noir, vous prenez la barre mais vous n’avez pas le temps de comprendre ce qui se passe, votre capitaine descend répondre au cargo qui appelle, vous voyez des lumières d’un cargo ma foi pas très loin et vous chercher l’autre voilier, vous suivez la route sur votre GPS. Mais votre capitaine a oublié de vous dire qu’il avait tourner de 180 degrés comme l’autre voilier. Alors qu’arrive-t-il? Votre capitaine termine sa conversation avec le cargo et j’entends nos amis à la VHF qui nous disent : « Vous allez dans la mauvaise direction! » Ça alors, l’Aquarel revenait religieusement sur ses pas. Tout cela en quelques minutes. Au petit matin, les vents du SSW forcissent et la mer se gonfle. Notre avancée ralentit mais en voilier cela fait partie de l’aventure. Ces moments sont adoucis par la présence d’une bande de dauphins qui jouent autour de notre étrave un bon moment. Depuis ce matin, nous voyons la côte colombienne, à l’approche de Five Bays, le paysage est magnifique, une chaîne de montagnes qui s’étire et se jette directement dans la mer. Je prends mon café du matin assise dans le cockpit en contemplant le neige sur les sommets de Santa Martha, le seul endroit où c’est possible dans les Antilles. Regardons bien dans le haut de la montagne!
L’arrivée à Guayraca se fait en douceur, cette baie profonde au creux des montagnes nous offre un abri bienfaiteur. On se croirait dans les fjords de Norvège, entourés de ces montagnes verdoyantes qui font partie du parc national Tayrona. Ici il faut reculer nos montres d’une heure, nous venons de changer de fuseau horaire. Près de la plage, il y a seulement quelques maisons qui se transforment en restaurants sur demande. La seule contrainte est de prendre le souper à quatre heures car il n’ont pas d’électricité. Renaldo, un sympathique colombien, vient nous accueillir tout sourire. Il aime parler avec les navigateurs, nous invite dans sa maison et se fait une joie de nous montrer les souvenirs laissés par les navigateurs. Il aime rendre service, peut même aller chercher du diesel à la ville si nécessaire.
Nous restons deux jours dans ce havre de paix. À remarquer que nous avons souvent des nuages sur la tête mais c’est la saison des pluies et nous sommes sur le continent, c’est normal.
Un nouveau départ, une quinzaine de kilomètres et nous suivons toujours la côte montagneuse de la Colombie.
Nous voilà à Rodadero. Nous changeons complètement d’atmosphère. C’est un endroit de villégiature pour les colombiens.
Des tours de condos, des hôtels, des restaurants, des glissades d’eau, des kayaks, des pédalos, la plage avec ses palmiers, rien ne manque. Justement un pédalo s’avance vers l’Aquarel dès notre mouillage. C’est Hernaldo, qui nous invite à son restaurant. Il nous assure que les annexes seront en sécurité; à n’en pas douter puisqu’à notre arrivée il vient vers nous et nous remontons l’annexe sur la plage à quelques mètres de notre table. Nous dégustons un repas savoureux fait de langoustines servi avec du riz au lait de coco, de la salade, du plantain et des frites. Un vrai régal!
Il nous accompagne avec plaisir dans les rues de la ville pour nous guider vers les banques et le supermarché. Il est charmant et nous conversons mi anglais ni espagnol. Le coucher de soleil donne des couleurs cuivrées impressionnants à cette plage en fin de journée. C’est le temps d’un repos car nous repartons à deux heures du matin pour une autre navigation.
La prochaine escale, Punta Hermoso. Soixante milles, 12 heures de navigation, ce qui représente toujours des départs aux alentours de cinq heures le matin. Mais exceptionnellement aujourd’hui nous avons levé l’ancre à deux heures trente du matin car quarante milles plus loin, donc dans huit heures, nous aurons à traverser une zone qui se trouve à l’embouchure de la rivière Magdalena. Nous devrons être très vigilants car des déchets de toutes sortes peuvent venir à notre rencontre dans cette zone. Sur dix milles, il faut surveiller surtout les troncs d’arbres et les pâtés d’algues qui peuvent obstruer notre hélice. L’arrivée dans cette zone est évidente par la démarcation entre les eaux vertes et soudainement brunes. Wouach!! Mais tout se passe bien, la mer étant calme, il est facile de repérer les débris et de les contourner. On se croise les doigts pour que rien entre deux eaux ne nous touche. C’est pas toujours les vacances ici tout de même.
Puis l’eau s’éclaircit et nous suivons minutieusement nos points GPS qui nous conduisent sur la route vers Punta Hermoso. L’arrivée se fait en contournant une langue de sable et nous entrons dans une baie très silencieuse. Autour de nous des montagnes basses et cette langue de sable, quelques maisons dans la montagne. Les trois voiliers laissent tomber l’ancre au beau milieu de la baie dans 3 mètres d’eau. On remarque que sur la berge s’alignent une série de toits de chaume qui jouent le rôle de parasol car les fins de semaine, la place prend vie avec la présence de familles colombiennes qui viennent s’y détendre.
Nous décidons de prendre une journée de repos ici. Les longues heures de navigation commencent à se ressentir. Nous profitons de cette journée pour faire une longue marche sur la plage mais en après-midi les vents d’ouest sont montés et dans ce mouillage, il est même difficile d’enlever le moteur de l’annexe ainsi que de monter l’annexe car les vagues font bouger énormément le bateau. En fin de journée, nous avons dû nous résoudre à faire la manœuvre mais dans un temps record choisissant un moment d’accalmie. Le matin suivant, dans la noirceur encore de ces heures matinales, 5 heures, nous levons l’ancre pour notre dernière étape. Aujourd’hui nous arriverons à Carthagène. Le ciel est nuageux, il pleut mais il n’y a pas d’orage en vue. Nous ferons voile et moteur comme c’était le cas la majorité du temps sur cette route. Si le vent se lève du sud ouest, la navigation devient très difficile, alors nous acceptons le mode voile et moteur ces jours-ci, car la mer est calme. Il faut avoir en mémoire que nous naviguons dans un des cinq points les plus dangereux au monde si les vents se déchaînent. Alors je n’émet aucune objection de continuer à moteur sur cette mer calme. Mais malheureusement nous ferons ces cinquante milles entièrement sous la pluie. Espérant toujours que cinq ou peut-être 10 milles plus loin, les nuages disparaîtraient, hélas, ils sont restés accrochés à notre bord tout le long du trajet. |