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Juin 2009

Jamaïque

Quitter Cuba, prendre la mer pour 24 heures.  Quand nous faisons les papiers de sortie du pays à Santiago, nous devons partir rapidement sous l’œil vigilant des autorités. 

Nous partons avec regret de Cuba car nous y avons rencontré des gens très sympathiques et très généreux.  Ce séjour restera un merveilleux souvenir.

La traversée se passe très bien.  Nous n’aurons jamais été si près du Québec que durant ce séjour à Cuba.  Mais là c’est à nouveau la descente vers le Sud.

En Jamaïque, nous nous arrêtons à Port Antonio;  petit mouillage agréable, très protégé qui offre les services d’une jolie marina.  Dans cette alcôve, nous passerons quelques jours agrémentés de visites au centre ville facile d’accès en marchant.  Tout autour de la baie, il y a une promenade piétonnière qui mène à une crèmerie que nous visiterons avec plaisir.  La musique jamaïcaine remplit notre quotidien jour après jour, c’est qu’ils sont fêtards ces jamaïcains!

                                                                         

Nous devons quitter la Jamaïque sous peu.  Bien sûr nous n’aurons pas visité cette île de couleurs comme il se doit, ce n’est qu’une escale pour nous.  Nous voulons retourner à Bocas del Toro le plus rapidement possible  car la saison des ouragans est débutée et un autre grand projet nous y attend.    

Sur la grande carte de la mer des Caraïbes, 6 ans plus tard, nous venons de compléter notre périple qui boucle notre départ des Bahamas en passant par la République Dominicaine, Porto Rico, les îles Vierges, les Antilles dont St-Martin, St-Kitts, Montserrat, Antigua, Barbuda, Guadeloupe, Marie-Galante, les Saintes, la Dominique, la Martinique, Ste-Lucie, St-Vincent, les Grenadines, Union, Béquia, Grenade, Tobago, Trinidad, puis le Vénézuela avec ses magnifiques îles de Blanquilla, Tortuga, les Roques et les Aves, Bonaire, Curaçao, Aruba, la Colombie, le Panama, San Andrès et Providencia, Guanaja, Roatan et Utila les îles du Honduras, le Bélize, Cozumel et finalement Cuba et la Jamaïque.

 

Notre plus longue navigation depuis le début de ce voyage, la route entre la Jamaïque et San Andrès 530 milles nautiques sans escale.  Belle façon de boucler une boucle qui nous permettra de faire corps avec cette mer qui déjà nous a secoués mais qui peut aussi être complice et enveloppante.  La mer des Caraïbes, cette grande mer qui nous attend pour partager avec elle seule, plusieurs jours et nuits. 

Après une attente de notre fenêtre météo difficile à choisir pour un si long voyage, cette fois les prévisions ont été conformes à ce qu’on nous annonçait. 

Départ : La Jamaïque

Distance à parcourir :  530 milles

Cap à suivre: Sud Ouest

Vents : 10 à 15 nœuds , direction : Est

Houle : de l’Est de 2 à 3 mètres

Presque pleine lune

Peu de nuages

Pas de grain

Derniers 24 heures : peu de vent mais assez pour utiliser le DRS et finir les dernières heures avec notre voile de fer.

Arrivée : San Andrès de nuit mais avec une trace sur notre carte électronique de nos derniers passages, donc entrée entre les bouées et mouillage facile

Navigation totale : 85 heures.

Avons vu quatre cargos en 4 jours

Quelques dauphins à l’étrave  un matin.

 

Comment s’organise la vie à bord durant ces jours?

Elle se résume à manger, dormir, faire le point sur les cartes et surveiller la navigation surtout avec des conditions si stables car nous n’avons eu à faire aucune manœuvre sinon de mettre en place le DRS quelques heures le dernier jour par manque de vent.  Ha!  Mais si, j’oubliais, au changement de cap à l’Est de la Jamaïque, le génois a montré une faiblesse, une  petite déchirure près d’une couture.  Nous avons aussitôt décidé de changer notre grand génois pour celui en mylar que nous avions en réserve.  Heureusement que mon capitaine a remarqué cette déchirure car si le vent avait forci nous aurions été en problème.  Puis nous avons repris notre route.

Le pilote heure après heure fait son travail jour et nuit.  Infatigable, l’Aquarel glisse sur l’eau et s’amuse à surfer sur les vagues quand l’occasion se présente.

De jour, nous prenons le temps de lire, de somnoler, de rêver en contemplant cette mer avec son ventre bleu qui ces jours-ci se fait câline.  Nous faisons le point de notre position  et nous passons de la latitude 16 degrés au 15 et au 14.  Là nous sentons que graduellement les journées sont plus chaudes et plus humides.   

La nuit nous faisons nos quarts à tour de rôle et le petit café du matin est le bienvenu. 

Puis San Andrès apparaît à l’horizon.  Le temps d’un repos, de la réparation du génois, de se réapprovisionner en frais et nous voilà repartis vers cette fois, Bocas Del Toro.  Nous décidons de jeter l’ancre à Starfish Bay en passant par l’entrée de Boca Del Drago. 

Nous jetons l’ancre dans cette baie pour se reposer quelques jours avant de faire notre entrée officielle au pays;  nous sommes à deux heures du mouillage de Bocas del Toro où sont les douanes.   

Nous passerons plusieurs mois à Bocas Del Toro.  Une réservation  nous attend à la marina de Carenero où nous laisserons le bateau en juillet durant notre voyage au Québec.  Au retour ce sera le temps de sortir la petite liste des travaux à faire, incontournable tâche qui se répète saison après saison. 

Nous retrouvons plusieurs équipages connus.  C’est un accueil très chaleureux malgré une pluie persistante, c’est bien la saison des pluies mais de belles journées de soleil se pointent aussi.  Nous nous intégrons à plusieurs activités sociales : parties de domino, le dîner hebdomadaire des dames, les apéros sur le quai et à l’occasion le repas communautaire à la marina.  Entrecoupés d’escapades terrestres,  le travail avance et bientôt nous pourrons quitter la marina. 

Il y a aussi la préparation d’un voyage afin de visiter nos jeunes à San Diego et Victoria.  Cela fait partie de notre planification de l’automne. 

Puis nous pourrons repartir en navigation.  Nous avons choisi de retourner dans les San Blas car ces îles offrent le charme des plages de sable blanc dans une mer aux couleurs chatoyantes, ces images de cartes postales qui avaient fait germer l’idée de ce voyage. 

Ce fût une belle saison de découvertes du côté Ouest des Caraïbes.  Nous avons beaucoup apprécié ce parcours.  Nous faisons le point de toutes ces années à bord de l’Aquarel et c’est très positif mais de nouveaux projets nous poussent à aller de l’avant et l’année qui vient sera probablement notre dernière année à bord de l’Aquarel. 

Les dernières lignes de ce journal de bord s’écriront durant les prochains mois et viendront clôturer ce merveilleux rêve rêvé pendant de longues années et vécu depuis six ans déjà.  

La richesse de ce voyage se comptabilisera en termes de contact humain, de découvertes au fil des jours d’une nature généreuse en merveilles ainsi que de moments de pur bonheur, de calme, de tranquillité et de contemplation.  Cette vie à bord de notre voilier nous a comblés de bienfaits, nous a permis de découvrir un autre monde, un autre mode de vie.  Cette expérience nous permet de mieux apprécier l’essentiel de la vie.

Nous avons essayé de vous faire partager notre vie à bord de l’Aquarel avec ses hauts et ses bas.  Nous avons toujours pensé qu’un rêve peut se réaliser avec la détermination  tout en se donnant les moyens;  nous avons vu beaucoup de gens y croire et le réaliser.  C’est ce que nous souhaitons à chacun de vous, choisissez le vôtre et foncez.